INTERVIEW – Dans un essai personnel et percutant, l’ancienne secrétaire d’Etat de Nicolas Sarkozy s’inquiète de la montée de l’islamisme et de la frilosité des politiques à défendre la laïcité.
Que vous inspire aujourd’hui son successeur, le président Mohamed Morsi?
Jeannette Bougrab. – L’horreur. Quand je vois la mainmise des islamistes en Egypte, je suis totalement effondrée.
Je pensais que la démocratie était possible, que l’application d’un certain nombre de principes universels comme l’égalité entre les hommes et les femmes, la liberté de penser, la liberté de conscience, y compris l’apostasie qui est interdite en droit musulman, étaient possibles.
Mais les Frères musulmans et le mouvement salafiste al-Nour se sont approprié une révolution à laquelle ils n’ont pas pris part.
Non. Je ne vois pas au nom de quoi notre république peut s’abaisser à dérouler le tapis rouge à un dirigeant qui s’apprête à instaurer un Etat islamiste. Je fais bien la distinction entre l’islam et l’islamisme.
C’est pour cela que je ne crains pas de dire que l’islamisme est une sorte de fascisme et de totalitarisme. Je ne peux comprendre que la France reçoive ces tyrans. Cela me choque. Je ne me sens pas obligée de faire des compromis avec des gens qui sont l’incarnation de la négation de l’Etat de droit.
Le problème, ce n’est pas la naïveté de la France, c’est le sentiment de culpabilité de ses dirigeants.
Pendant des années, la France a soutenu des autocrates, des tyrans qui auraient voulu être des despotes éclairés.
Aujourd’hui, en raison de cette culpabilité, elle verse dans une sorte de surenchère à l’égard de ces nouveaux gouvernements islamistes.
Le 17 juillet 2012, c’est en grande pompe que le président tunisien Moncef Marzouki était reçu par le chef de l’Etat et le président de l’Assemblée sans, bien évidemment, que les questions qui fâchent ne soient abordées. Je ne peux que le regretter.
Personnellement, je ne soutiendrai jamais un parti islamiste.
Contrairement à Alain Juppé qui se persuade qu’il faut accompagner ces partis et félicite les dirigeants d’Ennahdha en Tunisie, je refuse d’être de connivence avec des gouvernements qui portent des valeurs iniques.
La diplomatie ne sert pas toujours la démocratie. Laurent Fabius ne fait guère mieux aujourd’hui.
Il poursuit la même politique. Les ministres changent mais la lâcheté demeure.
Je trouve pour le moins maladroit que le Président se soit précipité au Mali pour savourer la victoire des militaires français.
Il faut certes saluer le professionnalisme de nos armées et notamment celui du 2e REP, mais il convient aussi de se garder de tout triomphalisme en matière militaire. Les colonnes de blindés ne suffiront pas à mettre un terme à cette guerre contre le terrorisme islamiste.
L’Algérie en sait quelque chose, qui paie encore un lourd tribut à la guerre qu’elle mène depuis le début des années 90 à l’islamisme. Cette guerre contre le terrorisme est d’une nature nouvelle. C’est une guerre à fragmentation.
C’est simple. Trois jours après l’intervention de la France au Mali, le conflit s’était déporté en Algérie. Tant qu’on n’aura pas asséché les sources de financement de ces mouvements terroristes, ils seront partout à travers le monde. Nous vivons dans un monde globalisé.
Le djihad se délocalise, s’exporte, s’importe. Un jour l’Afghanistan, puis le Mali, demain, l’Algérie, la France et l’Europe.
Le combat doit avoir lieu également en France contre l’intégrisme et le fondamentalisme. Il faut arrêter de céder à la première revendication communautaire ou anticiper des revendications qui ne sont même pas demandées.

On ne peut tolérer dans notre pays qu’un dessinateur soit protégé par cinq officiers de sécurité pour avoir caricaturé le prophète, qu’un philosophe comme Robert Redeker vive caché sans pouvoir enseigner parce que des fondamentalistes en veulent à sa vie, qu’un petit commerçant d’origine égyptienne se fasse tabasser à Marseille pendant le ramadan.
En ne réaffirmant pas avec force nos principes, nous allons de défaite en défaite. Quand le communautarisme triomphe, la république régresse. Nous devons nous montrer intransigeants.
A cet égard, je trouve dommage que Jean-François Copé soit allé présenter ses excuses au CFCM (ndlr: après la polémique déclenchée par ses propos sur les «pains au chocolat»).
Je n’attends rien du CFCM. Quand on est laïc, on n’a pas à s’immiscer dans l’organisation d’une religion.
Pour appliquer le principe de laïcité, il ne faut pas compter sur une organisation plus ou moins représentative des mosquées de France.
Je suis très hostile à ces organisations qui viennent nous expliquer comment interpréter l’islam.
Le politique n’est pas là pour interpréter l’islam, mais pour appliquer le principe de laïcité. Le principe de laïcité est un principe constitutionnel, pas un principe religieux.
La France se meurt de ne plus affirmer ses principes.
Voyez ce qui se passe aux Pays-Bas, pays que l’on érige en modèle de société communautariste.
Le réalisateur Theo van Gogh est mort assassiné par un islamiste.
La députée Ayaan Hirsi Ali a été contrainte à l’exil.
Ils sont même parvenus à construire un hôpital «charia compatible» où les hommes sont soignés par les hommes et les femmes par les femmes.
Je ne veux pas de ce modèle pour la France.
Il existe malheureusement déjà partiellement.

Certains territoires de la république sont déjà perdus.
Il faut les regagner en n’acceptant plus les revendications communautaires.
Lorsque j’ai présidé la Halde, j’ai constaté les ravages du communautarisme et du différentialisme dans l’esprit de gens pétris par une culpabilité postcoloniale. Il faut que cela cesse.
La gauche est la première responsable.
Elle a été la première à abdiquer. Quand en 1989 Lionel Jospin, alors ministre de l’Education nationale, demande l’avis du Conseil d’Etat, dans le cadre des premières affaires de voile à Creil, il fuit sa responsabilité politique.
Je me souviens qu’à l’époque Elisabeth Badinter avait dénoncé l’attitude de Lionel Jospin. On l’avait accusée de faire le jeu du FN. Idem pour Gisèle Halimi, qui avait rendu sa carte de SOS Racisme.
Aujourd’hui encore, lorsque vous défendez la laïcité, on vous accuse de faire le jeu de Marine Le Pen. C’est dramatique. La laïcité est un principe constitutionnel. Je n’accepte pas qu’en demandant l’application de la Constitution, on puisse nous accuser de faire le jeu du FN.
De mon père. Je suis une fille de harki. Mon père s’est battu pour la France en Algérie.
Cette histoire particulière fait que chez les Bougrab, la perspective du retour est impossible.
Encore aujourd’hui, mon père, même entre quatre planches, ne peut retourner en Algérie. A la maison, on parlait français.
On ne faisait pas le ramadan. Cet homme a toujours voué une dévotion à la république. Il incarne plus que n’importe qui d’autre la république.
Tout ce que je fais, c’est pour atteindre cet idéal républicain qui n’a probablement jamais existé qu’à travers mon père.
Peut-elle s’exonérer d’un devoir d’inventaire?
Je refuse le droit d’inventaire. Quand on se reconstruit, on regarde devant, pas dans le rétroviseur.
J’ai souvent été convoquée à Matignon lorsque j’étais ministre pour m’être exprimée à contretemps.
Mais lorsque l’on a des choses à dire, on n’attend pas de ne plus être en responsabilité et d’avoir quitté le pouvoir pour les dire.
Nicolas Sarkozy. J’ai une dette à son égard.
Raphael Stainville/ Le Figaro.fr Article original
TAGS : France République laïcité Jeanette Bougrab Harki Sarkozy
Jihad Ali Ayan Hiirsi Robert Redeker Communautarisme Theo van Gogh
![]() |
![]() |






































Voilà qui est fort cartésien je vous dis du coup mille remerciements. Cédric du portail [robots de trading->http://www.robotstrading.net]
FRANCIA ed Islamismo. La Repubblica laica sta morendo.
Intervista ad autrice libro LA MIA REPUBBLICA STA MORENDO ex segretario di stato di Sarkozy.
OSPEDALI pubblici SHARIATICI IN OLANDA!
Da https://www.jforum.fr/spip.php?page=forum&id_article=18163 Traduzione Marcus Prometheus
Francia e Islam:
Jeannette Bougrab, parla senza mezzi termini
INTERVISTA – In un saggio personale e potente, l’ex segretaria di stato Nicolas Sarkozy è preoccupata per l’ascesa dell’islamismo e la riluttanza dei politici a difendere la laicità.
Le Figaro Magazine. – Nel gennaio 2011, l’allora Segretario di Stato per la gioventù del governo Fillon, è stato il primo a chiedere la partenza di Mubarak.
Che cosa ti ispira oggi il suo successore, il presidente Mohamed Morsi?
Jeannette Bougrab. – L’orrore. Quando vedo lo strangolamnto islamista dell’Egitto, io sono totalmente distrutta.
Avevo pensato che la democrazia fosse possibile, che l’applicazione di una serie di principi universali quali la parità tra uomini e donne, la libertà di pensiero, libertà di coscienza (tra cui l’apostasia è vietata legge islamica) fossero possibili.
Ma i Fratelli Musulmani e al-Nour movimento salafita si sono appropriati di una rivoluzione cui non hanno partecipato.
Devono essere ricevuti [in pompa magna] come sta preparandosi a fare François Hollande?
No. Io non vedo nulla in nome della nostra repubblica che possa essere ridotto allo stendere un tappeto rosso per ricevere un leader che si prepara a stabilire uno stato islamista. Faccio bene la distinzione tra Islam e islamismo.
È per questo che non ho paura di dire che l’Islam è una sorta di nazismo e di totalitarismo. Non posso capire che la Francia riceva questi tiranni. Cio’ mi scuote. Non mi sento in dovere di scendere a compromessi con le persone che sono l’incarnazione della negazione dello Stato di diritto.
In Egitto, come in Tunisia e Libia, la primavera araba non ha dato i frutti che ti aspettavi. Le rivoluzioni arabe hanno portato al potere dei partiti islamici. La Francia, ha dato prova di ingenuita’?
Il problema non è l’ingenuità della Francia, è il senso di colpa dei suoi dirigenti.
Per anni, la Francia ha sostenuto autocrati, tiranni che avrebbero voluto essere despoti illuminati.
Oggi, a causa di questo senso di colpa, fa una sorta di una esagerazione, una sopra licitazione nei confronti di questi nuovi governi islamici.
Il 17 luglio 2012, è con gran pompa che il presidente tunisino Moncef Marzouki è stato ricevuto dal Capo dello Stato e Presidente dell’Assemblea, senza, naturalmente, che gli siano state rivolte domande difficili. Posso solo rammaricarmi.
Personalmente, non sosterro’ mai un partito islamista.
A differenza di Alain Juppé che si convince che bisogna accompagnarsi a questi partiti e si congratula con i dirigenti di Ennahdha in Tunisia, io mi rifiuto di entrare in collusione con dei governi che sono portatori di valori iniqui.
La diplomazia non sempre aiuta la democrazia. Laurent Fabius non fa meglio oggi.
Ha continuato la stessa politica. I Ministri cambiano, ma la vigliaccheria rimane.
Lei si e’ espressa a favore di un intervento in Mali. L’intervento francese e’ un successo da mettere a credito di François Hollande?
Trovo piuttosto imbarazzante che il Presidente si sia precipitato in Mali per assaporare la vittoria dei militari francesi.
Naturalmente dobbiamo riconoscere la professionalità delle nostre forze armate, tra cui il REP 2 °, ma si dovrebbe anche essere cauti ed evitare ogni trionfaliamo in questioni militari. Le colonne corazzate non bastano per porre fine alla guerra contro il terrorismo islamico.
L’Algeria ne sa qualcosa, dato che sta ancora pagando un prezzo molto alto per la sua guerra dei primi anni ’90 all’Islam. La guerra contro il terrorismo è di un nuovo tipo. Si tratta di guerra « a frammentazione ».
Vale a dire?
E ‘semplice. Tre giorni dopo l’intervento della Francia in Mali, il conflitto è stato esportato verso l’Algeria. Fino a che non saranno prosciugate le fonti di finanziamento per questi movimenti terroristici, questi saranno in tutto il mondo. Viviamo in un mondo globalizzato.
La Jihad, si delocalizza, viene esportata, viene importata. Un giorno e’ in Afghanistan, e nel Mali, domani, in Algeria, in Francia ed in Europa.
È per questo che è necessario battersi in Francia sul terreno della laicità?
La lotta deve avvenire anche in Francia contro il fondamentalismo e l’integralismo. Si dovrebbe smettere di cedere alla prima rivendicazione comunitarista o addirittura di anticipare delle rivendicazioni che non sono nemmeno state avanzate.
Non può essere tollerato nel nostro paese che un vignettista debba essere protetto da cinque agenti di sicurezza per aver disegnato una caricatura del Profeta, ne’ che un filosofo come Robert Redeker debba vivere di nascosto senza poter insegnare perché i fondamentalisti cercano di togliergli la vita, ne’ che un piccolo commerciante egiziano sia pestato a Marsiglia durante il Ramadan.
Se non riaffermiamo con forza i nostri principi, noi continuiamo ad andare di sconfitta in sconfitta. Quando trionfa il comunitarismo, regredisce la repubblica. Dobbiamo essere intransigenti.
A questo proposito, è un peccato che Jean-Francois Cope sia andato a chiedere scusa al CFCM Consiglio Francese del Culto Mussulmano (nota: dopo la polemica innescata da sue osservazioni in merito ai « pains au chocolat »).
Il Consiglio francese del culto musulmano [CFCM] non ha un ruolo?
Non mi aspetto nulla dal CFCM. Quando si e’ laici, non ci si deve immischiare con l’organizzazione di una religione.
Per applicare il principio di laicità, non si dovrebbe fare affidamento su una organizzazione più o meno rappresentativa delle moschee in Francia.
Sono molto ostile a queste organizzazioni che vengono a spiegarci come interpretare l’Islam.
La politica non ha la funzione istituzionale di interpretare l’Islam, ma di applicare il principio di laicità.
Il principio di laicità è un principio costituzionale, non un principio religioso.
Di che cosa sta morendo repubblica, secondo Lei?
La Francia muore perche’ non è più capace di affermare i suoi principi.
Si veda cosa succede nei Paesi Bassi, un paese che è stato eretto a modello di società comunitarista.
Il regista Theo van Gogh è stato assassinato da un islamista.
La parlamentare Ayaan Hirsi Ali è stata costretta all’esilio.
Sono anche riusciti a costruire un ospedale « conforme alla sharia islamica » in cui gli uomini vengono trattati da uomini e donne curate solo da parte di donne.
Non voglio questo modello per la Francia.
Purtroppo, c’e’ già in parte.
Alcune aree della repubblica sono già perse.
Bisogna riconquistarle non accettando piu’ le rivendicazioni comunitariste.
Quando ho presieduto la HALDE, ho visto le devastazioni del comunitarismo e del differenzialismo nella mente delle persone impietrite in un senso di colpa post-coloniale. Cio’ deve cessare.
Di chi è la colpa?
La sinistra è la prima responsabile.
Lei è stata la prima ad abdicare alle sue responsabilita’. Quando Lionel Jospin nel 1989, allora ministro della Educazione Nazionale (Pubblica Istruzione), chiese il parere del Consiglio di Stato, nell’ambito dei primi casi di velo a Creil , si tratto’ di una fuga dalla sua responsabilità politica.
Mi ricordo che al momento Elisabeth Badinter aveva denunciato l’atteggiamento di Lionel Jospin. Era stato accusato di fare il gioco del FN. Idem per Gisèle Halimi, che aveva reso la sua tessera di SOS Razzismo.
Oggi, quando si difendere il secolarismo, si viene accusati di fare il gioco di Marine Le Pen. E ‘drammatico. La laicità è un principio costituzionale. Io non sono d’accordo che richiedendo l’applicazione della Costituzione, si possa essere accusati di fare il gioco del FN.
Da dove proviene, questo amore disperato per la Francia?
Da mio padre. Io sono una figlia di harki. [ Harchis = Combattenti per la Francia nella guerra d’Algeria] .
Mio padre ha combattuto per la Francia in Algeria.
Questa storia particolare fa si’ che presso la mia famiglia, i Bougrab, la prospettiva di ritorno [in Algeria] è impossibile.
Ancora oggi, mio padre, non può tornare in Algeria, e nemmeno in una bara. A casa si parlava francese.
Non si digiunava ne’ festeggiava il Ramadan. Questo uomo ha sempre professato una devozione alla repubblica. Per me egli incarna più di chiunque altro la repubblica.
Tutto quello che faccio è io e’ per raggiungere questo ideale repubblicano che probabilmente non e’ mai esistito se non tramite mio padre.
L’UMP (partito di Sarkozy e della intervistata) è stata al potere durante dieci anni.
Può essere esonerata da un dovere di prendersi responsabilita’ per come sono andate le cose?
Non sono d’accordo: Quando si vuole ricostruire, dobbiamo guardare avanti, non allo specchio retrovisore.
Sono stata spesso chiamata a Matignon (residenza del primo ministro francese) quando ero Ministro ed ho espresso la mia contrarieta’ .
Ma quando si ha qualcosa da dire, non si deve aspettare di non avere piu’ la responsabilità di una funzione di potere rimandando le cose da dire a quando si sia deposta la funzione pubblica.
Lei non ha preso posizione per nessuno dei candidati durante la campagna elettorale per la presidenza della UMP. Ed ancora oggi, Lei si e’ ritirata dalla politica attiva. Che cosa potrebbe farla tornare?
Nicolas Sarkozy. Sono in debito con lui.
* La mia Repubblica sta morendo, Jeannette Bougrab Grasset, 216 p., 18 €.
Raphael Stainville / La Figaro.fr
TAGS: Republic Francia la laicità Jeanette Bougrab Harki Sarkozy
Jihad Ali Ayan Hiirsi Robert Redeker comunitarismo Theo van Gogh
Cordiali saluti a tutti i liberi e laici
Marcus Prometheus.
Penso che tutte le grandi religioni del mondo: …
… cristianesimo, islamismo e comunismo,
siano, a un tempo false e dannose. Bertrand Russell
Accogliere solo i profughi laici dall’Islamismo Espellere tutti gli islamisti.
Combattere il masochismo antioccidentale, che mina liberta’ e democrazia.
Dame fort courageuse, elle n’hesite pas a se mettre en marge de peuples du meme bord (hors politique).