Mouammar Kadhafi n’a pu se maintenir à la tête de l’Union Africaine (UA), les dirigeants du continent africain lui ayant préféré Bingu wa Mutharika, chef de l’Etat du Malawi, lors de l’ouverture du sommet à Addis-Abeba (Ethiopie, capitale de l’organisation qui regroupe 53 états). Le Malawi est un des cinq états africains qui avait voté contre la résolution assimilant le sionisme au racisme à l’ONU en 1975.

L’élection de l’Etat du Malawi, à la tête de l’Union Africaine (UA), est une victoire symbolique pour les nombreux pays amis d’Israël sur le continent. À l’heure où Israël assure le grand retour sur le continent (plus de quarante pays africains entretiennent des liens diplomatiques avec l’État hébreu) la victoire du Malawi est de nature à redonner du souffle aux relations politiques et économiques entre l’Union Africaine (UA) et l’Etat juif.

L’Afrique, qui est confrontée à d’énormes défis qui ont noms pénuries alimentaires et famines, maladies, changements climatiques, disparité entre les sexes et capacités limitées, a besoin aujourd’hui de s’inspirer du modèle israélien du développent pour garantir une gestion efficace de ses ressources afin qu’elles soient mieux utilisées pour stimuler la production agricole en Afrique.

Par centaines, des experts israéliens apportent ces nations en voie de développement la compétence qu’ils avaient acquise au cours de leurs premières années d’existence de pionniers : chercheurs, médecins, techniciens, ingénieurs, agronomes, spécialistes des problèmes d’irrigation sont mobilisés.

Ce plan d’aide va se poursuivre avec le MASHAV, le Centre de Coopération Internationale du ministère des Affaires étrangères israélien. Les relations étroites qu’entretint Jérusalem avec le Malawi peuvent aussi aider à intensifier cette relation privilégiée.

La présence du Malawi à tête de l’Union Africaine (UA) est d’autant plus saluée parce que ce pays (pourtant pauvre par rapport à la Libye riche en hydrocarbure) est un pays démocratique et un modèle qui incarne les aspirations des peuples africains dans la liberté et la bonne gouvernance.

Une comparaison rapide entre l’Etat du Malawi (une démocratie amie d’Israël) et la Libye (un régime absolu et ennemi d’Israël) nous montre déjà la différence entre ces deux pays africains.

Contrairement à la Libye qui est une dictature 100 % arabe de confession musulmane (toutes les autres religions autres que l’Islam sont interdites) le Malawi est pays multiconfessionnel. Les Malawiens sont majoritairement de religion chrétienne (protestants, 55 %; catholiques, 20 %), puis musulmane (20 %), animiste ou adepte des traditions indigènes ancestrales (3 %), ou encore d’autres religions (2 %). L’anglais est la langue officielle de l’administration.

Contrairement à la Libye qui impose l’arabe comme unique langue unique et obligatoire (dans les écoles, l’administration et l’enseignement) l’Etat du Malawi est un pays qui respecte la diversité languistique. L’article 55 de la constitution permet l’usage d’une autre langue que l’anglais dans les tribunaux et l’administration. Le chewa demeure omniprésent dans les communications orales parmi des dizaines des langues locales. L’usage des langues locales est même autorisé aux députés et à tous les Malawiens qui veulent participer plus facilement aux travaux parlementaires (le chewa et le tumbuka).

Le pays de Kadhafi est une aussi, au niveau politique, une dictature absolue : ni parlement, ni parti politique, ni médias indépendants…ni même des élections truquées. La Loi 71 interdit toute activité politique indépendante et les contrevenants sont passibles de « la peine de mort ».Le Malawi est par contre une démocratie parlementaire. Avec les premières élections pluripartites de 1994, un mouvement de libéralisation est apparu. Les habitants du Malawi votent aujourd’hui en faveur d’un régime démocratique pluraliste.

Les premières élections libres le 17 mai 1994 voient la victoire à l’United Democratic Front (UDF) de Bakili Muluzi (1) .En 1995, Muluzi reçut de la Lincoln University du Missouri le titre de docteur honoris causa. Il rédige une nouvelle constitution et le peuple Malawi devient libre. La Constitution prévoit un système judiciaire indépendant, basé sur le modèle anglais. En mai 2004, Bingu wa Mutharika gagne les secondes élections libres du pays. Bingu wa Mutharika est réélu à la tête du Malawi 19 mai 2009.

Par contre en Libye, et depuis plus de 40 ans, une dictature arabe et socialiste, sur le modèle de l’Égypte dirigée par Gamal Abdel Nasser, s’est imposée par la force. Porté au pouvoir par un coup d’État militaire en 1969, le colonel Kadhafi fait de la « Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste » une dictature anti-occidentale. Depuis son arrivée au pouvoir à l’âge de 27 ans, le colonel Kadhafi a tenté à plusieurs reprises d’unir la Libye avec d’autres pays arabes ou africains :

* 1972 : création de l’Union des Républiques arabes regroupant l’Égypte, la Libye et la Syrie (dissoute en 1977);

* 1974 : Union tuniso-libyenne (restée sans lendemain);

* 1981 : fusion entre la Libye et le Tchad (restée sans lendemain);

* 1984 : union entre la Libye et le Maroc (dissoute en 1986).

Depuis 1997 (12 juillet) le pouvoir libyen a décidé de s’investir dans une « politique africaine offensive ». En utilisant la manne pétrolière, Kadhafi veut mette la main sur toute l’Afrique en brandissant, comme d’habitude, des slogans unionistes, anti-occidentaux, anti-juifs …. Kadhafi déclare désormais qu’il entend jouer un rôle majeur pour établir ce qu’il appelle les « Etats-unis d’Afrique » (malgré les échecs successifs de toutes les formes d’associations) alors qu’il veut exporter le panarabisme sur le reste du continent de façon à le rendre hostile à Israël et au monde occidental.

Kadhafi tente de convaincre les dirigeants des autres pays de créer des « États unis d’Afrique ». Il considère en effet que c’est le meilleur moyen de développement pour le continent africain. En 2007, il s’est ainsi rendu à Bamako, Abidjan ou encore Accra, pour présenter son projet d’un gouvernement unique pour l’Afrique, un État fédéral. Le projet a échoué.

Le 2 février 2009, il est élu président de l’Union Africaine (UA) lors du sommet d’Addis-Abeba, en Éthiopie. Durant son mandat, il a essayé de convaincre l’ensemble des dirigeants à adhérer à son projet. Il a encore échoué pour la seconde fois.

Exit, le colonel libyen a échoué le 31 janvier dernier, au quatorzième sommet de l’Union Africaine, dans ses tentatives pour rester un an de plus à la présidence de l’Union africaine (UA), à laquelle les dirigeants du continent ont choisi que lui succéderait le chef de l’Etat du Malawi.

L’échec de Kadhafi de succéder à lui-même à la tête de l’Union Africaine (UA) durant le sommet à Addis-Abeba est une victoire pour les nombreux pays amis d’Israël sur ce continent.

L’ancien terroriste n’a pas manqué au cours d’un sommet spécial de l’Union africaine, le 31 août 2009, de s’en prendre à l’Etat d’Israël. Mouammar Kadhafi, a fait ressortir un bon vieux « Protocoles des Sages de Sion » de son armoire ou il a trouvé une idée géniale: « dire que les juifs sont derrière les problèmes du monde entier ».

Le colonel Kadhafi avait déclaré durant son mandat que, « les ambassades d’Israël en Afrique sont des gangs qui cherchent des alliances avec des minorités pour perturber notre continent ».

Les africains savent très bien que les Kadhafi (père et fils) sont les vrais gangsters qui pillent les richesses du contient, qui financent les dictatures locales, achètent les intellectuels avec les pétrodollars et pratiquent la rançon avec un art consommé, digne des plus grands pirates barbaresques, mais sans honneur.

Le dictateur bouffon Mouammar Kadhafi en personne était une malédiction pour l’Afrique. Le « carnage » de nègres a toujours été applaudi, plutôt que déploré par le leader libyen qui a toujours soutenu les monstruosités que ce soit au Soudan ou en Mauritanie. Se gardant bien de parler du sort des noirs maintenus en esclavage par les Maures et toujours victimes de discrimination raciale dans son propre pays, l’ancien président de l’Union africaine ( UA) a viré des centaines de milliers de travailleurs africains , emprisonné des milliers et torturé le reste.

Le Guide qui a prétendu un jour vouloir créer les Etats unis d’Afrique pour libérer ce continent de la « tutelle internationale », à lui-même placé ce continent sous une tutelle « arabo-intégriste » qui nie les droits élémentaires des peuples indigènes du continent. Le dictateur, soutenu par l’Organisation de la Conférence Islamique, a voulu effacer les identités ethniques non musulmanes sur le continent. « La Grande Jamahiriya Kabyle et juive. Ce pays est un prison à ciel ouvert dans lequel toute les minorités non arabe et non musulmane étaient expulsées ou éradiquées. arabe libyenne populaire et socialiste » est elle-même un pays nettoyé de sa population

Ce vieux dictateur, qui a pris des accents prophétiques au cours des années, est très détesté sur le continent. Une raison pour laquelle les membres de l’Union , présents lors du sommet annuel à Addis Abeba, ont élu Bingu wa Mutharika, du Malawi, en remplacement de Kadhafi. Cet homme a enflammé le continent en soutenant financièrement ses collègues sanguinaires à Khartoum et en alimentant les conflits armés du Tchad. Il a même défendu les pirates somaliens au large du Corne africain ainsi que la pratique des rançons contre les navires noms musulmans.

Ce tyran qui maltraite son peuple depuis son arrivée au pouvoir, il y’a plus de 40 ans, est directement responsable d’autant de morts que l’effondrements de régimes démocratiques en Afrique. Avec ses pétrodollars il a déjà acheté une dizaine de chefs de d’états et membres de l’Union dans les régions africaines.

Comme le soulignait l’ancien député européen Fodé Sylla, ancien président d’SOS racisme, membre du Conseil économique et social, dans son allocution le 1er mars 2009 à la rencontre organisée par Africa International : « Il y a non assistance à continent en danger. Il faut refuser le califat libyen sur l’ensemble de l’Afrique. Le racisme vis à vis des populations noires et les émigrants noirs en Libye est sans commune mesure, insultés, tués, déportés dans des bus au milieu du désert où on les abandonne et on les laisse mourir de faim. »

Les dirigeants du continent africain ont semble-t-il commencé à comprendre que Kadhafi (le plus ancien dictateur raciste, encore en vie) est une véritable malédiction pour leur contient. C’est pour cela qu’ils ont préférés Bingu wa Mutharika, chef de l’Etat du Malawi, un homme élu démocratiquement dans son pays ,un pays ouvert sur le monde .

Plus jamais Kadhafi. Les « États unis d’Afrique » est un projet anti-israélien qui veut imposer un apartheid africain contre la seule démocratie au Proche Orient. Les relations entre l’État hébreu et le continent sont aujourd’hui florissantes comme au milieu du XXe siècle.

Le début des relations entre Israël et l’Afrique date du milieu du XXe siècle. De 1957 pour être exact, avec l’ouverture d’une représentation diplomatique au Ghana. En réalité, on pourrait dire qu’elles sont nées il y a trois mille ans, quand la reine de Saba a rendu visite au roi Salomon. Il est vrai qu’elles ont connu des hauts et des bas et elles étaient florissantes dans les années 1950 et 1960.

L’Etat hébreu doit certes se félicité de la victoire du Malawi, un pays ami, mais aussi il doit utiliser toute son influence pour empêcher que le contient bascule dans le camp anti-israélien.

Ftouh Souhail, Tunis

Note : Le Malawi est un pays d’Afrique de l’Est enclavé entre la Tanzanie au nord-est, le Mozambique à l’est et au sud, et la Zambie à l’ouest. Le pays a pour capitale Lilongwe depuis 1975, mais cette ville reste moins importante que l’ancienne capitale, Blantyre, qui forme avec Limbé une agglomération de quelque 400 000 habitants, le centre commercial et industriel du pays. Le Malawi se divise en trois régions administratives et 30 districts.

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