L’histoire retiendra sans doute que l’UMP aura fait l’apprentissage de la démocratie dans la douleur.

Après un mois de crise, des heures et des heures de négociations, les rivaux Jean-François Copé et François Fillon sont enfin arrivés à conclure une entente lundi soir.Selon cet accord de sept points, une nouvelle élection pour la présidence du parti aura lieu au plus tard avant la reprise de la session parlementaire ordinaire d’octobre 2013.

D’ici là, Jean-François Copé restera le président du parti même s’il sera flanqué d’une équipe dirigeante pluraliste dont feront partie les fillonistes Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse.

Lundi soir, il est 18 h 20 quand Jean-François Copé pénètre dans le bureau de François Fillon à l’Assemblée nationale.

Chacun est venu avec la trame du document de sortie de crise préparé par le sénateur Jean-Pierre Raffarin qui a fait office de médiateur entre les deux rivaux.

Pendant trente minutes, Copé et Fillon pèsent chaque mot du document et discutent sur les points qui posent encore problème.

Ainsi, suite à la demande de Copé, le député de Paris renonce à réclamer la convocation d’un conseil national de l’UMP pour acter cet accord, ce qui devait être selon lui une condition préalable pour la dissolution du R-UMP, le groupe filloniste autonome à l’Assemblée nationale.

Finalement, le point 6 de l’accord affirme que c’est la formation de l’équipe dirigeante de l’UMP dans la première quinzaine de janvier qui entraînera de facto la réunification des deux groupes au Palais-Bourbon.

Quant au patron proclamé de l’UMP, il accepte à contrecoeur que son ancienne amie Valérie Pécresse – qu’il accuse de traîtrise depuis qu’elle a rallié Fillon en juillet – figure dans l’équipe dirigeante.

« Il n’y a pas de veto possible là-dessus, Jean-François. Valérie faisait partie de mon ticket pour le poste de secrétaire générale », lui a répliqué François Fillon.

« Ni vainqueur, ni vaincu »

Une fois ces difficultés écartées, les deux rivaux se séparent à 18 h 50.

Puis, peu après 20 heures, ils se téléphonent pour valider définitivement le communiqué de presse commun qui doit annoncer l’accord de sortie de crise.

À 20 h 42, François Fillon est le premier à annoncer l’armistice, suivi de Jean-François Copé quelques minutes plus tard.

Le document de sortie de crise sera soumis au bureau politique statutaire du parti – une quarantaine de membres de droit – qui doit se réunir mardi après-midi à 16 h 15 à l’Assemblée nationale.

Dans les deux camps, l’heure est à l’autocongratulation.

« C’est un accord clair, sans ambiguïté, qui fait grandir l’UMP », a réagi le député Jérôme Chartier, porte-parole de François Fillon.

Côté filloniste, on se réjouit tout de même d’avoir réussi à empêcher Jean-François Copé – ce « squatteur, ce forcené qui s’était bunkerisé à l’UMP » – de garder les manettes du parti pendant les trois prochaines années (au départ, une nouvelle élection interne était prévue en 2015).

Grâce à l’accord conclu lundi soir, un comité pluraliste sera prochainement mis en place pour rédiger les règles relatives à l’organisation de la primaire de 2016 lors de laquelle sera choisi le candidat de l’UMP à la présidentielle.

Dans les rangs copéistes, on affirme qu’il « n’y a ni vainqueur, ni vaincu ». Mais on rappelle avec malice que Jean-François Copé est bien le président du parti.

« Enfin, pour la première fois, François Fillon reconnaît que Jean-François Copé a été élu le 18 novembre.

Le reste n’est que de l’emballage », souffle-t-on dans l’entourage de Copé.

Vers un nouveau duel Copé-Fillon ?

Après un mois de guerre entre Copé et Fillon, les plaies seront longues à cicatriser.

Les rivaux devraient éviter un nouveau duel lors de l’élection interne de septembre 2013 en favorisant l’émergence d’autres candidats.

L’un comme l’autre se sont déjà prononcés pour abaisser le nombre de parrainages d’adhérents nécessaires à une candidature à la présidence du parti, histoire de favoriser l’émergence d’un « troisième homme » comme Bruno Le Maire ou Nathalie Kosciusko-Morizet.

Jean-François Copé et François Fillon seront-ils eux-mêmes candidats ?

Aujourd’hui, leur image est tant abîmée qu’ils réservent leur réponse.

En privé, certains ont déjà leur petite idée.

« Copé, son credo et son créneau, c’est la droite décomplexée. Il n’a pas de concurrent sur ce terrain », glisse un proche, laissant entendre que Copé ne renoncera pas à ses ambitions.

Quant à François Fillon, il a affirmé dernièrement qu’il ne serait « probablement » pas candidat si un nouveau scrutin avait lieu.

Mais il pourrait bien décider de repartir au charbon.

« Si Fillon veut être candidat à la primaire, il doit être candidat au prochain scrutin interne.

Sinon, il se fera doubler par un François Baroin ou un Laurent Wauquiez », prévient un proche.

Le député de Paris songe aussi à se présenter aux municipales à Paris, histoire de redorer son image auprès de l’opinion et de prouver qu’il a l’âme d’un chef.

La guerre Copé-Fillon est loin d’être finie.

Ségolène de Larquier/ Le Point.fr Article original

TAGS : UMP Elections Présidence France Politique Fillon Copé

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Armand Maruani

Guignolesque ! Ils appellent çà de la politique . Ils se foutent du monde et surtout de leurs électeurs . Et ces gens veulent nous gouverner .