La distribution de carburants s’est améliorée jeudi en Egypte après plusieurs jours de ruée sur les stations-service qui a provoqué, selon la presse, un mort et plusieurs blessés dans des altercations.
De nombreuses stations du Caire, à court d’essence et de diesel depuis dimanche, ont recommencé à accueillir les clients, et les files d’attente qui s’étaient multipliées ces derniers jours sont se sont résorbées, selon un correspondant de l’AFP sur place.
La presse se faisait également l’écho d’une embellie partielle entamée mercredi, à la suite d’engagements des autorités à faire en sorte que la situation revienne à la normale.
« Amélioration limitée dans la crise de l’essence et du gaz domestique au Caire, mais elle se poursuit en province », titrait le journal gouvernemental Al-Akhbar.
Le quotidien relevait notamment que les qualités d’essence les moins chères (indice d’octane 80 et 90) restaient introuvables dans certains endroits, comme le gouvernorat de Qalioubiya, au nord du Caire.
Le quotidien indépendant Al-Masri al-Yom a rapporté que sept personnes ont été blessées dans des bagarres devant les stations d’essence à Daqahliya, dans le delta du Nil.
Le journal Al-Chourouq faisait état de son côté d’une personne tuée par balle près de Helwane, au sud du Caire, dans des tirs entre le personnel d’une station et des chauffeurs de taxi excédés.
Des professionnels du secteur contactés par l’AFP ont confirmé une reprise des livraisons et de la distribution, tout en soulignant qu’elles étaient irrégulières suivant les régions et les types de carburants, et en restant prudents pour les jours qui viennent.
La ruée sur les stations a été provoquée par une crainte de hausse des prix des carburants, maintenus très bas grâce à des subventions d’Etat qui pèsent lourdement sur le budget de l’Egypte.
Le gouvernement a mis ces tensions sur le compte de « rumeurs » infondées de pénurie structurelle et de hausse des prix, et a accusé des spéculateurs de provoquer la crise pour revendre du carburant au marché noir.
Les pouvoirs publics ont aussi accusé des trafiquants de détourner du carburant pour le revendre plus cher à l’étranger.
L’Egypte, en proie à une grave crise économique depuis le renversement du président Hosni Moubarak en février 2011, a vu ses réserves en devises fondre tandis que son déficit budgétaire s’envolait.
Cette situation provoque de nombreuses interrogations sur le maintien de son coûteux système de subventions aux carburants, dont une partie est en outre importée avec des conditions de paiement rendues de plus en plus difficiles par ces difficultés de trésorerie.
Le Caire est en cours de négociation avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 3,2 milliards de dollars destiné à l’aider à faire face à cette crise.
Le FMI a affirmé mercredi dans un communiqué avoir eu un « début de discussion fructueux avec les autorités » sur ce prêt.
Selon le chef de la mission du Fonds, Massoud Ahmed, dont les propos ont été rapportés par la presse égyptienne, les problèmes de l’Egypte résident notamment dans « les subventions sur l’énergie et les irrégularités fiscales ».
Selon Fayza Aboul Naga, ministre du Plan et de la Coopération internationale, l’aide du FMI viendrait appuyer la mise en place d’un programme de réformes.
LE CAIRE, 19 jan 2012 (AFP)
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