Un activiste politique jordanien du mouvement des jeunes a été déféré jeudi devant un tribunal militaire pour « atteinte à la dignité du roi » après avoir brûlé un portrait d’Abdallah II, a-t-on appris de source judiciaire.
La Cour de sûreté de l’Etat, un tribunal militaire, a ordonné la détention pour 15 jours renouvelables d’Oudaï Abou Issa, 18 ans, accusé « d’actes portant atteinte à la dignité du roi », a indiqué la source à l’AFP, soulignant qu’il encourait trois années de prison.
Selon cette source, M. Abou Issa a « avoué avoir brûlé le portrait du roi », accroché devant la mairie de Madaba (33 km au sud d’Amman), « pour protester contre l’immolation par le feu de Ahmad al-Matarneh », un Jordanien de 52 ans décédé mardi après s’être immolé pour des raisons économiques.
Employé à la mairie d’Amman pendant 22 ans, M. Matarneh avait été mis en retraite anticipée en juin et ne parvenait pas à subvenir aux besoins des 15 personnes à sa charge, selon sa famille, citée par des médias jordaniens.
Par ailleurs, l’ancien maire d’Amman Omar Maani, accusé de « fraude et de corruption », a été libéré jeudi contre une caution de 100.000 dinars jordaniens (141.000 dollars) après un mois de détention, a-t-on appris de source judiciaire.
Le procureur avait refusé plusieurs demandes de libération sous caution de M. Maani, maire de la capitale de 2006 à 2011, depuis son arrestation le 13 décembre.
La Jordanie a lancé une campagne de lutte contre la corruption visant d’anciens responsables et d’influents hommes d’affaires jadis considérés comme « intouchables », accueillie avec scepticisme par l’opposition qui réclame de vastes réformes.
AMMAN, 12 jan 2012 (AFP)
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