Les autorités chypriotes ont laissé partir mercredi un navire transportant des tonnes de munitions et devant initialement se rendre en Syrie, après avoir reçu des assurances de ses propriétaires qu’il allait changer de destination.

Le navire, le « Chariot », avait mouillé mardi dans le port de Limassol (sud) pour faire le plein de carburant en raison du mauvais temps, a indiqué le porte-parole du gouvernement Stefanos Stefanou.

Lors du contrôle des documents du navire, il a été déterminé qu’il « transportait une cargaison dangereuse destinée à la Syrie et la Turquie », et il lui a été interdit de quitter le port, a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, précisant que le navire battait pavillon de Saint-Vincent.

Le ministère a dit qu’il n’avait pas pu vérifier les quatre containers en raison d’un manque de place pour manoeuvrer, mais qu’après consultations avec ses propriétaires russes, qui ont assuré qu’il ne se rendrait pas en Syrie, le navire avait été autorisé à partir.

Il n’a pas révélé vers quel pays il se dirigeait.

Lorsque des responsables ont fouillé le navire, ils ont découvert à bord des tonnes de munitions et d’explosifs, ont rapporté de leur côté des médias locaux.

Le navire, qui transportait selon eux entre 35 et 60 tonnes de munitions et de matériel explosif, devait faire route vers Lattaquié, un port de Syrie, où une révolte contre le régime est réprimée dans le sang.

« Les règles et décisions (…) de l’Union européenne (…) au sujet de la situation en Syrie ont été prises en compte. Il a été vérifié qu’aucune mesure de l’UE n’a été violée », selon le ministère.

Cet incident intervient exactement six mois après l’explosion d’un stock de munitions iraniennes saisies par Chypre à bord d’un navire, qui avait fait treize morts et détruit la principale centrale électrique de l’île.

Cette cargaison d’armes avait été saisie à la demande de l’ONU et stockée sur une base navale.

Outre les pénuries d’électricité, cette tragédie avait provoqué une crise politique dans le pays, où des manifestations régulières réclamaient la démission du président Demetris Christofias.

NICOSIE, 11 jan 2012 (AFP)

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