Le pape a demandé lundi l’ouverture d' »un dialogue fructueux entre acteurs politiques » de Syrie, « favorisé par la présence d’observateurs indépendants », et demandé aux responsables des révolutions arabes de voir au-delà des « échéances électorales ».
Benoît XVI, dans son traditionnel discours annuel devant 160 diplomates dont 115 chefs de missions accrédités au Saint-Siège, a renouvelé son appel de Noël pour une « rapide fin des effusions de sang » en Syrie.
Le pape a replacé les événements de Syrie dans le contexte plus vaste du « printemps arabe »: « J’invite la communauté internationale à dialoguer avec les acteurs des processus en cours, dans le respect des peuples et en étant consciente que la construction de sociétés stables et réconciliées, opposées à toute discrimination injuste, en particulier d’ordre religieux, constitue un horizon plus vaste et plus lointain que celui des échéances électorales ».
« J’éprouve une grande préoccupation pour les populations des pays dans lesquels se poursuivent tensions et violences », a-t-il ajouté sans citer directement d’autres pays que la Syrie.
« Il est difficile actuellement de tracer un bilan définitif des récents événements et d’en comprendre pleinement les conséquences pour les équilibres de la région. L’optimisme initial a cédé le pas à la reconnaissance des difficultés de ce moment de transition et de changement », a-t-il remarqué.
« Le respect de la personne, a-t-il ajouté, doit être au centre des institutions et des lois, il doit conduire à la fin de toute violence et prévenir le risque que l’attention due aux demandes des citoyens et la nécessaire solidarité sociale se transforment en simples instruments pour garder ou conquérir le pouvoir ».
Le Vatican est préoccupé par la situation des minorités chrétiennes d’Orient, qui sont tentées de fuir les pays où elles étaient implantées depuis toujours en raison des menaces des mouvements islamistes radicaux.
« Dans de nombreux pays », les chrétiens sont « privés des droits fondamentaux et mis en marge de la vie publique », a dit Benoît XVI, rappelant la figure de l’ancien ministre pakistanais des minorités, le catholique Shahbaz Bhatti, assassiné en mars de l’an dernier, dans un attentat attribué aux islamistes.
En Terre Sainte, le pape a appelé responsables palestiniens et israéliens à « adopter des décisions courageuses et clairvoyantes en faveur de la paix », se félicitant que, « suite à une initiative du Royaume de Jordanie, le dialogue (ait) repris ».
CITE DU VATICAN, 9 jan 2012 (AFP)
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