« Je vis très confortablement » : Jean-Luc Mélenchon jouit d’une belle retraite par capitalisation dont il ne veut pas pour les Français.
« Faites ce que je dis, pas ce que je fais »
Dans le long entretien qu’il a accordé au journaliste économique de TF1 François Lenglet, Jean-Luc Mélenchon a admis « vivre très confortablement » grâce à une retraite par capitalisation issue de ses mandats. Or dans son programme, le candidat insoumis défend tout l’inverse, c’est-à-dire un système reposant à 100 % sur un financement par répartition. Allez comprendre…
Jean-Luc Mélenchon n’est pas à un paradoxe près, c’est à cela qu’on le reconnaît, mais celui qu’il vient d’oser, sur le sujet urticant des retraites, vaut son pesant de cacahuètes. Invité par l’économiste François Lenglet sur TF1, le leader de La France insoumise a admis être le bénéficiaire d’un système financier avantageux qu’il combat pourtant politiquement. Lucide sur sa chance, l’ancien parlementaire assume un confort matériel issu des mécanismes de ses anciennes fonctions. « Ma vie matérielle a été simplifiée et maintenant que je suis à la retraite du point de vue professionnel, je vis très confortablement, je ne peux pas dire autre chose », a-t-il concédé lors de cet entretien de 2 h 30.
« Je vis très confortablement »
Le fondateur de LFI a lui-même souligné ce décalage entre ses convictions pour les autres et sa situation personnelle : « D’une manière assez paradoxale, je suis un partisan de la retraite par répartition et je vis de pensions de retraite que les assemblées acquièrent par des fonds de pensions ». Bien qu’il précise qu’il ne se » [plaint] certainement pas pour ce qui [le] concerne », le quadruple candidat à l’élection présidentielle a affirmé qu’il « ne recommande pas à la société » un tel fonctionnement.
Pour justifier son refus de généraliser ce modèle au reste de la population, le leader insoumis identifie deux faiblesses majeures : le risque d’inégalité sociale et l’instabilité économique. Devant des étudiants de l’ESSEC mardi 27 octobre dernier, Jean-Luc Mélenchon a mis en garde sur le risque de fracture lié à la solution par capitalisation, avec « à la fin, la retraite pour les pauvres et ceux qui peuvent se payer la leur ». Il alerte également sur la vulnérabilité face aux marchés financiers : « À la première crise financière : Couic ! Vous n’avez plus un rond », a-t-il averti, citant en exemple l’impact de la crise de 2008 sur les caisses américaines.
À l’inverse de personnalités comme Édouard Philippe, Bruno Retailleau ou David Lisnard qui préconisent d’introduire une part de capitalisation pour équilibrer le régime sur le long terme, le programme de La France insoumise prône un départ à 60 ans. Financé par une hausse progressive des cotisations vieillesse et une fiscalité accrue sur les dividendes, ce projet s’appuie sur le maintien de la seule répartition, jugée viable par Jean-Luc Mélenchon grâce aux gains de productivité compensant le déséquilibre démographique.
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