Il faut juger les hommes à leur bilan, à la cohérence de leurs actions et aux bénéfices que le pays tout entier en a tirés.
Sur ces trois critères essentiels, la stabilité des gouvernements de Netanyahou a permis un essor considérable d’Israël, au point de le hisser au rang de puissance régionale majeure.
Malgré les positions fermes de Netanyahou face à l’administration américaine, Israël demeure un partenaire à part entière des États-Unis, au point que les deux pays mènent ensemble des opérations militaires de grande envergure, dans une coopération totale, voire une parfaite synchronisation.
Pourtant, les désaccords ont été nombreux. Tout le monde se souvient des réticences et des refus américains à différentes phases de la guerre de Gaza, notamment lorsqu’il a fallu entrer à Rafah ou dans la ville de Gaza, poursuivre l’offensive au Sud-Liban ou encore envisager une attaque contre l’Iran.
Cette dernière confrontation, appelée « guerre des Douze Jours » ou « guerre Iran-Israël de 2025 », s’est déroulée du 13 au 24 juin 2025. Elle a opposé Israël, puis les États-Unis, à l’Iran.
Mais il y a eu aussi les massacres du 7 octobre 2023, que personne ne peut passer sous silence. Ces massacres ont constitué un point de bascule dans la stratégie israélienne, remettant en cause une doctrine héritée de la création de l’État d’Israël.
Cette stratégie, mise en place sous David Ben Gourion, subordonnait largement l’action israélienne aux exigences américaines. Washington, soucieux de préserver les équilibres régionaux, refusait, selon cette lecture, une défaite politique totale des pays arabes, leur permettant ainsi de transformer leurs défaites militaires en victoires diplomatiques.
Cette politique, sans doute adaptée aux capacités et à la puissance d’Israël à l’époque, a progressivement été remise en cause. L’un des précurseurs de cette émancipation stratégique fut Menahem Begin, notamment avec l’attaque du réacteur nucléaire irakien d’Osirak, connue sous le nom d’« opération Opéra » ou « opération Babylon », menée le 7 juin 1981 malgré l’opposition américaine.
Le 7 octobre 2023 a profondément transformé la situation régionale. Netanyahou s’est inspiré de son maître à penser Zeev Jabotinsky pour l’adapter à la situation actuelle. Ainsi, Le Hamas et le Hezbollah, qui constituaient des menaces existentielles aux portes d’Israël, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, et la décision a été d’aller au maximum dans leur destruction au point que Gaza est devenu un champ de ruine.
L’Iran, plongé dans une profonde détresse économique et ayant perdu une partie considérable de ses installations militaires, hésite désormais à s’engager dans une nouvelle confrontation directe avec Israël. De son côté, l’État hébreu dispose aujourd’hui de capacités défensives supérieures à celles qu’il possédait avant la guerre.
Face à Netanyahou, une opposition aux alliances contre nature
Face à Netanyahou se dresse une coalition de politiciens dont l’envergure et la cohérence idéologique suscitent les plus grandes interrogations.
Un attelage hétéroclite réunissant des partis arabes, une extrême gauche hostile à la politique israélienne, des partis centristes et des formations qui se prétendent encore de droite, mais qui seraient prêtes à s’allier avec des mouvements proches des Frères musulmans.
Il faut n’avoir aucun scrupule moral pour envisager une telle alliance, dont le seul objectif commun serait d’abattre politiquement un homme : Benyamin Netanyahou. Chercher une quelconque cohérence morale dans cette entreprise paraît vain.
Un Yaïr Golan, qui multiplie les attaques contre la religion et ses représentants, apparaît comme un allié tout désigné de formations arabes dont certaines positions idéologiques sont profondément incompatibles avec les fondements de l’État juif.
Après le catastrophique accord d’Oslo et le retrait de Gaza, on voudrait encore nous faire miroiter une coexistence pacifique avec des organisations terroristes dont l’idéologie et les ramifications constituent également une menace pour l’Europe et l’Occident.
Confier le pouvoir à une telle union, dont le seul véritable moteur semble être la haine viscérale envers Netanyahou, relèverait de la pure folie politique.
Un bilan économique qu’il faut également regarder dans son ensemble
Nous avons également dressé le bilan économique d’Israël au cours des dix dernières années.
Certains préfèrent voir le verre au quart vide. Pour notre part, nous choisissons de regarder les trois quarts pleins.
Car juger un dirigeant exige de considérer l’ensemble de son œuvre, ses succès comme ses échecs, mais surtout la situation dans laquelle il laisse son pays et les perspectives qu’il lui ouvre.
Et sur ce terrain, malgré les épreuves, les guerres et les crises, Israël a démontré une capacité de résistance, de développement et d’innovation qui mérite d’être pleinement prise en compte.
L’Economie israélienne
- PIB : Le Produit Intérieur Brut est passé d’environ 550 milliards de dollars en 2016 pour atteindre environ 747 milliards de dollars en 2025–2026, plaçant Israël parmi les 25 premières économies mondiales.
- Croissance annuelle : Estimée autour de 3,3 % en 2026 et projetée à 5,6 % en 2027, après les turbulences et la contraction temporaire liées aux efforts militaires en 2026 (avec une forte reprise trimestrielle enregistrée).
- Inflation : Maîtrisée et attendue à 2,3 % en 2026 et 2,1 % en 2027.
- La High-Tech et l’innovation : Israël consacre environ 4,3 % de son PIB à la R&D civile (l’un des taux les plus élevés au monde), abritant près de 7 000 start-ups et de nombreux centres de R&D. Les exportations de services technologiques et de cybersécurité/défense représentent une part prépondérante des échanges.
- Gaz naturel : L’exploitation des gisements en Méditerranée a considérablement réduit la dépendance énergétique et généré des recettes fiscales substantielles (plus de 32 milliards de shekels depuis 2015).
- Démographie dynamique : Une population jeune (plus d’un quart a moins de 14 ans) et un taux de fécondité élevé soutiennent l’offre de travail et la consommation.
- Dette publique : Longtemps contenue autour de 60 % du PIB, elle a augmenté pour dépasser les 68 % à 69 % du PIB en raison des dépenses militaires et du coût des conflits récents.
- Comparaison : Cet endettement reste proportionnellement inférieur à celui de nombreux pays européens (comme la France au-delà de 118 % du PIB).
- Investissements et capitaux : Le pays continue d’attirer des investissements étrangers directs importants et conserve un excédent de balance courante structurel, appuyé par des capitaux issus des rachats d’entreprises (exits).
- Inégalités et intégration : L’OCDE et les analystes soulignent la nécessité d’accroître la productivité et l’emploi au sein des populations sous-représentées (notamment les communautés ultra-orthodoxes et arabes).
- Coût de la vie et logement : Malgré la hausse des salaires moyens (le salaire moyen a atteint environ 15 300 shekels soit 4 500 €), le marché immobilier reste tendu et pèse sur le pouvoir d’achat des ménages.
- De pays émergent à puissance avancée : Sur 10 ans, Israël s’est fermement établi comme le pays le plus développé du Moyen-Orient. En 2025, le pays a atteint un record historique avec 169 milliards de dollars d’exportations, démontrant une forte compétitivité globale. [1, 2]
- Moteur technologique et énergétique : Classé parmi les 15 nations les plus innovantes au monde (Indice mondial de l’innovation 2026), Israël a assis sa richesse sur la tech, la cybersécurité, l’industrie militaire (10 % du marché mondial) et l’indépendance énergétique grâce à ses réserves de gaz naturel. [1, 2, 3]
- Atout démographique : Contrairement aux puissances occidentales vieillissantes, Israël bénéficie d’une population très jeune (27 % de moins de 14 ans en 2026) et d’un taux de fécondité élevé (supérieur à 3), garantissant un renouvellement dynamique des actifs. [1]
- La rupture du 7 octobre : Jusqu’en 2023, la stratégie israélienne reposait sur le concept de « tonte du gazon » (opérations de maintenance sécuritaire à Gaza sans confrontation globale). L’attaque du Hamas a pulvérisé ce paradigme.
- Doctrine de la guerre préventive et d’attrition : Israël est passé à une stratégie d’éradication et d’attrition offensive directe contre l’« Axe de la Résistance » parrainé par l’Iran (Hamas à Gaza, Hezbollah au Liban). Les forces israéliennes occupent désormais durablement une part majeure de Gaza et mènent des actions d’envergure au Sud-Liban.
- Militarisation de l’économie : Les dépenses de défense ont grimpé pour atteindre près de 10 % du PIB, le coût des conflits prolongés sur la période 2023-2025 dépassant les 65 milliards de dollars selon la Banque d’Israël. Bien que résiliente, l’économie subit des épisodes de récession violente lors des pics de guerre. [1, 2]
- Le pari de l’isolement régional consenti : Convaincu que la solidité de sa relation spéciale avec les États-Unis et les succès des Accords d’Abraham suffiraient à compenser l’absence de résolution de la question palestinienne, Israël a fait le choix de l’ancrage occidental. [1]
- Le « Talon d’Achille » américain : Les analyses de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) soulignent qu’à long terme, les mutations post-libérales de la politique américaine et le réalignement de Washington au Moyen-Orient constituent le principal risque systémique pour la posture stratégique d’Israël. [1]
- Expansion territoriale et tensions : Le paysage démographique de la Cisjordanie a changé d’échelle en 10 ans, le nombre de colons passant à près de 750 000 en 2025, exacerbant les points de friction et rendant la solution à deux États structurellement plus complexe.
- Grand écart du coût de la vie : Si le salaire moyen a fortement progressé avec l’explosion de la tech, la crise du logement s’est accentuée. Paradoxalement, les sondages de 2026 montrent une population qui maintient un niveau de résilience psychologique et de « bonheur perçu » élevé (90 %), malgré l’état de guerre permanente. [
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