« Chez LFI, la mise en circulation de motifs antisémites fait partie de l’arsenal de la prise de pouvoir »
Dans une tribune au « Monde », l’historien Jean-Frédéric Schaub note que si les stéréotypes antisémites progressent chez les partisans de La France insoumise et dépassent désormais ceux des sympathisants du Rassemblement national, cela s’expliquerait par le recul de perception du juif comme « non autochtone » chez les seconds et sa progression chez les premiers. En cela il essai de noyer le poisson, tout bon intellectuel de gauche.
La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) vient de publier son rapport annuel. A la page 307, on peut lire ce résultat : « L’enquête montre une montée de l’antisémitisme à l’extrême gauche et un certain recul de celui de l’extrême droite. L’adhésion aux vieux stéréotypes (…) a fortement progressé chez les proches de LFI [La France insoumise] (+ 10 points entre 2022 et 2025), tandis que, parallèlement, elle a baissé de 7 points chez les sympathisants du RN [Rassemblement national]. Si bien qu’aujourd’hui, on a une quasi parfaite courbe en U, avec un niveau d’adhésion au “vieil antisémitisme” similaire dans les deux groupes (respectivement 47 % et 48 %). »
Ce constat d’une bascule mérite réflexion, d’autant que ce qui a été mesuré, ce sont bien les « vieux stéréotypes » du « vieil antisémitisme », selon les termes du rapport, et non pas le jugement moral sur les politiques conduites par l’actuel gouvernement israélien : il est, par exemple, demandé aux personnes interrogées de réagir à des phrases comme « Les juifs ont trop de pouvoir en France » ou « Les juifs ont un rapport particulier à l’argent ».
LFI utilise les ressorts d’un antisémitisme qui demeure culturellement présent dans une partie de l’immigration arabo-musulmane. Elle n’a pas besoin de déployer de grands efforts pour séduire une fraction de cet électorat, déjà largement acquise à un discours de forte hostilité envers Israël, qui se traduire par des préjugés antijuifs. Cette population constitue ainsi une cible électorale privilégiée. Une partie de la gauche semble se satisfaire de cette stratégie, laissant à LFI le soin de mener ce travail politique sans en assumer directement les conséquences.
Le « nouvel antisémitisme de gauche » désigne la convergence entre un antisionisme radical et des préjugés antisémites traditionnels au sein de certains mouvements se réclamant du progressisme. Selon cette analyse, ce phénomène s’appuie notamment sur le prisme de l’intersectionnalité, dans lequel l’État d’Israël est assimilé au « colonisateur » et les Juifs aux détenteurs d’un prétendu « privilège blanc ».
Ce concept fait l’objet de vifs débats et s’articule autour de plusieurs mécanismes idéologiques.
Principaux mécanismes d’expression
L’antisionisme comme paravent : sous couvert de critiques légitimes de la politique israélienne, certains discours dérivent vers la délégitimation de l’État d’Israël, allant parfois jusqu’à établir des parallèles avec le nazisme ou à justifier des actes de violence commis contre des Israéliens.
Les théories du complot : les Juifs ne sont plus présentés comme une minorité vulnérable, mais comme les acteurs cachés d’un système mondial de domination capitaliste, financière ou impérialiste.
Le deux poids, deux mesures : une solidarité internationale sélective conduit à minimiser, voire à nier, certains actes antisémites, tout en réservant à Israël un traitement moral et politique singulier.
Débats et perspectives
L’analyse de ce « nouvel antisémitisme » suscite de profondes divergences.
D’un côté, des intellectuels, des essayistes et diverses institutions estiment qu’une partie de la gauche radicale instrumentalise les luttes sociales afin de réintroduire d’anciens préjugés antisémites sous une forme devenue socialement plus acceptable, en les habillant du vocabulaire de l’antisionisme, de l’anticolonialisme ou de l’antiracisme.
De l’autre, des militants et des observateurs de gauche contestent cette analyse. Ils soutiennent que l’accusation d’antisémitisme est parfois utilisée à des fins politiques pour discréditer toute critique de la politique israélienne ou pour délégitimer les combats anticoloniaux.
Selon cette lecture, depuis la fin du XXᵉ siècle, l’antisémitisme se serait progressivement déplacé des marges de l’extrême droite vers une partie de l’extrême gauche et de la gauche radicale, sous couvert d’antisionisme, de décolonialisme et d’anticapitalisme. Longtemps marginal, ce phénomène se serait structuré à partir de la seconde Intifada, de la conférence de Durban et des attentats du 11 septembre 2001, qui auraient favorisé l’émergence d’un récit opposant un « Occident impérialiste », dont les Juifs seraient devenus l’incarnation symbolique, à des peuples présentés comme exclusivement opprimés. La cause palestinienne aurait servi de vecteur central à cette recomposition idéologique, favorisant des convergences entre certains mouvements d’extrême gauche, des réseaux islamistes, des courants négationnistes et des militants identitaires.
Au fil des années, toujours selon cette analyse, ce nouvel antisémitisme se serait diffusé dans certains partis politiques, syndicats, milieux universitaires, médias et secteurs culturels, banalisant les comparaisons avec le nazisme, la rhétorique du « génocide » et la délégitimation systématique d’Israël. Les événements du 7 octobre 2023 auraient mis en lumière l’ampleur de ce phénomène en révélant des mécanismes de justification, de déni ou d’inversion morale. Cette thèse conclut ainsi que, sous l’impulsion de nouveaux entrepreneurs politiques, l’antisionisme serait devenu, dans certains milieux, une forme socialement acceptable d’antisémitisme, marquant une rupture avec l’héritage universaliste et républicain d’une partie de la gauche française.
Il faut donc s’attendre à une recrudescence de l’antisémitisme en France, alimentée par des considérations et des intérêts politiques.
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QUEL JUIF APRES MITERRAND A VOTÉ POUR LA GAUCHE?
Seuls les décérébrés il en reste malheureusement.