Ilan Halimi : Emmanuel Macron va planter un arbre dans les jardins de l’Elysée en mémoire du jeune homme juif torturé à mort.

Il est frappant de constater combien le président de la République française met en scène l’hommage aux grandes figures juives disparues — Dreyfus, Simone Veil, Robert Badinter, Missak et Mélinée Manouchian et aujourd’hui Marc Bloch et l’arbre de Ilan Halimi. Ces cérémonies, solennelles et médiatisées, célèbrent à juste titre des destins exemplaires. Mais elles posent une question essentielle : que vaut l’hommage aux morts si, dans le même temps, les vivants se sentent abandonnés ?

Car jamais, semble-t-il, les actes antisémites n’ont suscité autant d’incompréhensions, voire de soupçons de déni de justice. Les affaires Ilan Halimi, Sarah Halimi, Mireille Knoll, les enfants et le professeur assassinés à Toulouse, les victimes de l’Hyper Cacher, le viol à caractère antisémite sur une fille de douze ans, à Courbevoie, un octogénaire défenestré à Lyon tandis que le caractère antisémite est sciemment écarté. Ou encore d’autres agressions dont le caractère antisémite a parfois été contesté ou minimisé, ont profondément marqué les esprits. À cela s’ajoutent des agressions, des intimidations, des menaces visant des artistes, (Amir, Henrico Macias, Ary Abittan) des journalistes ou de simples citoyens juifs, qui nourrissent un sentiment d’insécurité persistant, d’autant que l’impunité est totale pour l’extrême gauche dans la rue, les facultés les collèges et lycées, compris l’assemblée nationale avec LFI..

Dès lors, la lutte contre l’antisémitisme apparaît moins comme une politique cohérente que comme une communication symbolique. Le contraste est saisissant entre la force des discours prononcés lors des cérémonies officielles et le ressenti d’une partie de la population face aux réponses judiciaires ou politiques apportées aux actes antisémites contemporains. Honorer les morts ne saurait dispenser de protéger les vivants.

Cette mise en scène d’un humanisme commémoratif interroge : célèbre-t-on la mémoire pour affronter la réalité, ou pour mieux l’éluder ? Car la véritable épreuve d’un engagement contre l’antisémitisme ne se joue pas dans la solennité des panthéonisations, mais dans la constance de l’action publique, la clarté des qualifications pénales, et la fermeté des réponses judiciaires.

Freud écrivait : « Il existe infiniment plus d’hommes qui acceptent la civilisation en hypocrites que d’hommes vraiment et réellement civilisés. » Cette citation invite à dépasser l’apparence des discours pour interroger la cohérence des actes. Une politique authentiquement civilisée ne se mesure pas seulement à la noblesse des hommages rendus, mais à la capacité de garantir, au quotidien, la sécurité et la justice pour ceux qui vivent encore.

Donner de l’écho aux entreprises de ce président, c’est participer, un peu, à la trahison de la vraie lutte contre l’antisémitisme, dont l’État juif d’Israël est le fer de lance, raison pour laquelle certains le vouent à l’opprobre.

Le jour de Rosh Hashna 5786 – à New York – Ni oubli ni padon

PS : Jack Lang & Emmanuel Macron rattrapés par l’histoire – Image du titre

M. COHEN SABBAN – JFOrum.fr

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4 Commentaires
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Chesnel

Excellent article mais je précise que Missak et Mélinée Manouchian n’étaient pas juifs.

KIGEM

LES MORTS JUIFS NE LE CONTREDISENT PAS C EST LES JUIFS VIVANTS QUI NE SUPPORTENT PLUS LE TONALITÉ DE SES INTERVENTIONS

Alain

Ce n’est même pas sûr. Certains demandent par qui le remplacer et continueront à le soutenir.

Damran

Et voilà, le Micron agité vient de trouver une nouvelle occasion de se montrer face aux caméras, c’est son péché mignon qui dure depuis belle lurette.
La prochaine fois, ce dégénéré risque d’organiser une course de pousse-pousses dotée de mille euros qui seront versés à l’association des alcooliques anonymes.
Profiter d’un acte atroce pour se faire mousser est tout simplement dégueulasse….