Sonia Mabrouk : le récit secret d’un divorce fracassant.

Une journaliste qui ne manque pas de prétendants ! Sonia Mabrouk a annoncé vendredi sa démission de CNews suite à un désaccord avec la direction liée au maintien de Jean-Marc Morandini malgré ses condamnations pour corruption de mineurs. Plusieurs grandes chaînes l’auraient déjà approchée pour l’embaucher.

Selon Le Parisien, France 2 envisagerait de lui confier des responsabilités dans « Télématin », notamment autour l’interview politique emblématique quotidienne « Les 4 Vérités », ou dans un nouveau rendez-vous politique d’envergure préparé par la chaîne du service public pour la prochaine saison, une nouvelle version de « L’Émission Politique » avec Caroline Roux, Benjamin Duhamel, Marc-Olivier Fogiel et Geoffroy Lejeune à ses côtés.

« Pour Sonia Mabrouk, comme pour d’autres, on ne ferme aucune porte », a déclaré le patron de l’info du groupe RMC-BFM à Ouest France, qui avait déjà tenté de la recruter durant le dernier mercato audiovisuel, laissant entendre qu’un compromis ou un projet futur pourrait voir le jour. TF1 serait aussi en lice aussi pour recruter cette journaliste politique reconnue, actuellement en poste sur Europe 1. En attendant, Sonia Mabrouk va observer un congé maternité avant de reprendre ses activités !

Cette affaire n’est pas un simple désaccord faisant suite au cas Morandini, mais une volonté de progresser par le changement. Or, tout changement implique des risques. Ce risque sera-t-il réellement payant au bout du compte ? L’histoire n’est pas encore écrite, mais elle nous le dira.

Entre convictions éthiques et pressions internes, plongée dans les coulisses de la rupture entre la journaliste star et l’empire Bolloré.

19 h 18, vendredi soir, la dépêche AFP tombe sur les écrans des rédactions. Sonia Mabrouk quitte CNews. Sur le canal 14, en revanche, silence de plomb. Ni bandeau, ni sujet, ni hommage. Même « L’Heure des pros », en direct une heure plus tard, ne souffle mot de ce départ fracassant. Dans son communiqué, la journaliste parle d’une « altération certaine et effective » de sa relation avec « une partie de la direction de CNews » depuis qu’elle a pris ses distances avec le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini, deux fois définitivement condamné pour des faits de délinquance sexuelle.

Elle rappelle aussi que sa boussole est la protection des victimes. Derrière cette formule policée, ce départ de Sonia Mabrouk clôt trois semaines d’un bras de fer interne, inédit à l’échelle de la galaxie Bolloré.

20 janvier : la brèche en direct

Tout commence vraiment le 20 janvier. Sur le plateau de « La Grande Interview », codiffusée sur CNews et Europe 1, le député socialiste Jérôme Guedj interpelle Sonia Mabrouk. Comment peut‑elle continuer à travailler sur la même chaîne que Jean‑Marc Morandini, maintenu à l’antenne malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs ?

La réponse, en direct, est une prise de distance claire. Elle dit ne pas cautionner la décision de sa direction. Elle évoque les victimes, les mineurs et confie qu’elle n’en dort plus depuis plusieurs jours. Mabrouk réaffirme son engagement personnel contre les violences sexuelles et sexistes. Sa sortie, longuement commentée, fissure le mur de silence au sein du groupe.

Dans les jours qui suivent, plusieurs figures de la maison se rangent derrière cette ligne. Pascal Praud salue publiquement la force de ses mots. Laurence Ferrari condamne à son tour les agissements reprochés à Morandini, tout en réaffirmant sa loyauté à la chaîne. En interne, au Journal du dimanche, chez Europe 1, dans les services politiques, les conversations tournent à l’obsession : jusqu’où la direction ira‑t‑elle pour maintenir l’animateur à l’antenne ?

Au sommet, pourtant, rien ne bouge. Vincent Bolloré et la direction de Canal+ assument la décision de garder Morandini à l’antenne, malgré une condamnation désormais définitive et une nouvelle plainte pour tentative de corruption de mineur. La ligne est fixée. C’est dans ce cadre que va se nouer le conflit.

Altercation en loge et disparition de l’antenne

En coulisses, la tension change de nature. Sonia Mabrouk plaide sa cause directement auprès de Vincent Bolloré. Elle tente de le convaincre de revenir sur la décision. En vain.

Puis vient l’épisode clé, à savoir l’affrontement avec Serge Nedjar. Une altercation très violente éclate dans une loge maquillage de CNews entre la journaliste et le directeur général de la chaîne. Il aurait alors martelé que Jean‑Marc Morandini resterait « coûte que coûte » à l’antenne et que « ceux qui ne sont pas contents » n’ont qu’à prendre la porte. Dans ce face‑à‑face, le rapport de force est brutalement clarifié. Morandini est adoubé, Mabrouk est poussée vers la sortie.

Ce même jour, elle assure l’interview politique du matin sur CNews et Europe 1, puis disparaît de « Midi News », le rendez‑vous de la mi‑journée qu’elle anime depuis 2017. Officiellement, son absence tient à une grossesse à risque, à 48 ans, alors qu’elle attend son deuxième enfant pour le printemps. Dans la rédaction, personne n’est dupe. La mise à l’écart d’antenne sonne comme le prélude au divorce.

Quelques jours plus tard, la démission est actée. Sonia Mabrouk prend acte de la rupture avec sa hiérarchie. Elle annonce qu’elle honorera un préavis d’un mois, sur CNews, avant de disparaître de la grille. Europe 1, autre pilier de sa carrière, reste pour l’instant en suspens.

Une affaire qui déborde le seul cas Morandini

Le bras de fer dépasse la seule question de la présence d’un animateur condamné à l’antenne. Il cristallise les lignes de fracture au sein de l’empire Bolloré, entre un management de plus en plus assumé dans ses choix éditoriaux et des journalistes qui revendiquent encore leur indépendance.

Depuis son arrivée à Europe 1 en 2013 puis à CNews en 2017, Sonia Mabrouk a patiemment construit un profil singulier dans l’écosystème Bolloré. Intervieweuse politique pugnace mais courtoise, à l’aise avec des responsables de tous bords, elle a longtemps cultivé une image de journaliste respectée à gauche comme à droite. Et surtout, aux yeux de nombreux observateurs du secteur, elle est restée l’une des rares figures de CNews à ne pas basculer ouvertement dans un registre militant.

C’est ce que souligne, en off, un dirigeant du groupe BFMTV‑RMC. À ses yeux, Mabrouk est « la moins abîmée » par la marque CNews, celle qui n’a pas le logo de la chaîne « tatoué sur la peau ». Elle serait, poursuit‑il, l’une des rares à pouvoir être « débauchée » sans que son passé ne pose problème à d’autres rédactions.

Sa sortie sur Morandini, puis sa démission, renforcent encore ce capital symbolique. Dans le milieu, beaucoup estiment qu’elle sort de CNews par le haut. Son départ est perçu comme une manière de solder des années de compromission structurelle en se plaçant, au final, du côté des victimes et d’une éthique non négociable. Une façon, aussi, de repositionner son image dans un paysage médiatique volatil.

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

1 Commentaire
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Filouthai

Le coup de con (et pas de com) c’est de maintenir à l’antenne un détraqué et prédateur sexuel (ce n’est pas sa première condamnation) et de ce fait, lui permettre de poursuivre ses activités criminelles !
Bravo Sonia Mabrouk.