L’exécution de Saif al-Islam Kadhafi bouleverse le fragile équilibre des pouvoirs en Libye.

La mort de l’héritier recherché par la CPI lève un obstacle majeur au blocage des élections dans le pays, même si ses partisans dénoncent une fin « traîtresse » pour celui qui avait promis des réformes – et plus tard, des « fleuves de sang ».

Saif al-Islam Kadhafi, le fils du défunt dirigeant libyen Mouammar Kadhafi , a été tué mardi par des hommes armés qui ont pris d’assaut son domicile dans la ville de Zintan, dans l’ouest du pays, a déclaré à l’AFP son avocat français Marcel Ceccaldi .

« Il a été tué mardi à 14h00 [12h00 GMT] à Zintan, à son domicile, par un commando de quatre hommes », a déclaré Ceccaldi.

Saif al-Islam, 53 ans, était considéré par certains comme le successeur de son père, malgré le fait qu’il soit visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes présumés contre l’humanité.

En 2021, il a annoncé sa candidature à la présidence, mais ces élections ont été reportées sine die.

Son conseiller, Abdullah Othman Abdurrahim, a déclaré à la chaîne de télévision libyenne Al-Ahrar que les quatre hommes non identifiés avaient pris d’assaut la maison avant de « désactiver les caméras de surveillance, puis de l’exécuter ».

On ignore toujours qui est derrière ce meurtre.

Ceccaldi a déclaré qu’un proche collaborateur de Saif al-Islam lui avait dit il y a quelques jours « qu’il y avait des problèmes avec sa sécurité ».

« À tel point que le chef de la tribu [de Kadhafi] avait appelé Saïf et lui avait dit : « Je t’enverrai des hommes pour assurer ta sécurité ». Mais Saïf a refusé », a-t-il déclaré.

La mort de Saif al-Islam est susceptible de le consacrer comme un martyr pour une partie importante de la population.

Bien que Saif al-Islam n’ait occupé aucune fonction officielle en Libye sous le régime de son père, il était considéré comme le Premier ministre de facto de ce pays d’Afrique du Nord, cultivant l’image d’un modéré et d’un réformateur avant la révolte du Printemps arabe de 2011.

Mais cette réputation s’est rapidement effondrée lorsqu’il a promis des « fleuves de sang » face aux soulèvements.

Un pays divisé

Saif al-Islam a été arrêté en novembre 2011 dans le sud de la Libye suite à un mandat d’arrêt émis par la CPI à La Haye. Un tribunal de Tripoli l’a ensuite condamné à mort en 2015 après un procès expéditif, mais il a bénéficié d’une amnistie.

On ignorait depuis longtemps où il se trouvait. Ceccaldi a déclaré qu’il « déménageait souvent ».

Emadeddin Badi, chercheur principal au sein des programmes pour le Moyen-Orient de l’Atlantic Council, a déclaré que la mort de Saif al-Islam « est susceptible de le présenter comme un martyr pour une partie importante de la population, tout en modifiant la dynamique électorale en supprimant un obstacle majeur aux élections présidentielles ».

« Sa candidature et son succès potentiel étaient un point central de controverse », a déclaré Badi, qui est chercheur principal à l’Initiative mondiale contre le crime organisé transnational (GI-TOC), sur X.

Le dernier porte-parole de Mouammar Kadhafi, Moussa Ibrahim, a également déclaré sur X : « Ils l’ont tué par traîtrise. Il voulait une Libye unie et souveraine, sûre pour tout son peuple. »

« Je lui ai parlé il y a deux jours. Il n’a parlé que d’une Libye pacifique et de la sécurité de son peuple. »

La Libye peine à se remettre du chaos qui a éclaté après le soulèvement soutenu par l’OTAN en 2011, qui a renversé le dirigeant de longue date Mouammar Kadhafi.

La Libye reste divisée entre un gouvernement soutenu par l’ONU et basé à Tripoli, et une administration de l’Est soutenue par Haftar .

JForum.Fr

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

1 Commentaire
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
Damran

Comme la quasi totalité des dictateurs arabes, ce mec-là était une vraie ordure.
Saïf al-Islam Kadhafi a été impliqué dans plusieurs actions et événements controversés qui ont suscité des critiques tant au niveau national qu’international. Voici quelques-uns des méfaits ou des accusations qui lui sont souvent associés :

  1. Répression durant la guerre civile : Pendant les manifestations qui ont eu lieu en 2011, Saïf al-Islam a été accusé d’avoir soutenu la répression violente des manifestants qui s’opposaient au régime de son père. Il a notamment été impliqué dans des discours incitant à la violence contre les opposants.
  2. Rôle dans le régime de Kadhafi : En tant que fils de Mouammar Kadhafi, il a occupé des postes influents au sein du régime, ce qui a conduit à des accusations de complicité dans les violations des droits de l’homme et la corruption qui ont marqué le règne de son père.
  3. Crimes de guerre : Saïf al-Islam a été recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité, en raison de son rôle présumé dans la répression des manifestations et des attaques contre des civils durant la guerre civile.
  4. Manipulation de l’image du régime : Il a également été impliqué dans des efforts pour moderniser l’image du régime en tentant de présenter une façade plus libérale et en promouvant des réformes économiques, tout en continuant à soutenir les pratiques autoritaires de son père.
  5. Relations avec des mercenaires : Des allégations ont également circulé concernant l’utilisation de mercenaires pour réprimer les manifestations et maintenir le pouvoir du régime, ce qui a contribué à la violence durant la guerre civile.

Ces éléments font de Saïf al-Islam Kadhafi une figure controversée en Libye et à l’étranger. Sa tentative de revenir sur la scène politique libyenne est toujours surveillée de près, compte tenu de son passé.
Voilà qui permettra de mieux appréhender la vie/mort de ce salopard….