Affaire George Floyd : la Gauche spolie les minorités
Par Gilles Falavigna
L’affaire George Floyd est particulièrement riche en enseignements. Un d’entre eux rappelle à quel point la politique américaine est éloignée de toute autre.

L’année 2020 est celle de l’élection présidentielle. Elle est le parangon de la démocratie. Elle modélise la vie politique américaine. Il est particulièrement difficile de prédire qui sera le prochain Président des Etats-Unis. Globalement, les sondages donnent environ 6 points d’avance à Joe Biden sur Donald Trump. Cela ne veut absolument pas dire qui remportera l’élection. En effet, le président peut être élu avec environ 28 % des voix contre 72 % à son adversaire.
Telle est la victoire de la Démocratie. Notre système de pensée est formaté pour concevoir que la démocratie est un système qui choisit à la majorité son représentant et, qu’ensuite, la minorité n’a plus qu’à accepter les décisions.
Sachant que la victoire tient à très peu de choses, environ 51% des suffrages dictent à 49% des suffrages leur mode de vie. Le pouvoir de la rue viendra réguler cette situation sans qu’il soit véritablement un contre-pouvoir. Il doit rester dans les limites du tolérable, de l’acceptable.
Les USA sont des Etats Unis. Ils sont une fédération d’Etats. Le plus petit Etat, dont la population est inférieure à un million d’habitants, n’a pas une valeur moindre que le plus peuplé, en l’occurrence la Californie. La démographie est, bien sûr, un critère important. L’élection présidentielle se fait par les « grands électeurs ». Chaque Etat a deux sénateurs et un nombre de députés qui varie selon la population mais globalement limités à une chambre basse d’environ 450 membres soit au total environ 550 « grands électeurs ».
Chaque Etat choisit son mode de représentation. Ainsi, certains Etats choisissent de donner toutes leurs voix au candidat qui est arrivé en tête. D’autres états donnent leur voix de façon proportionnelle. C’est ainsi que le président pourrait être élu avec moins de 30% des voix, par le respect des entités qui forment l’Union. Il n’y a pas la dictature d’une partie de la population contre l’autre. Mais bien malin celui qui peut avancer qui sera le prochain président.
Ce cadre formel de la politique se retrouve au niveau de la conception idéologique entre la Droite et la Gauche. Il est question de l’universalisme. Sur le fronton des bâtiments publics est inscrit « E pluribus unum ». Il y a deux options de compréhension de l’universalisme américain :
Le parti démocrate américain, le parti de Gauche dont la couleur est le bleu est qualifié de grande maison. Diverses tendances, au final, doivent se taire au profit de la pensée dominante. Le parti démocrate est le parti socialiste le plus puissant au monde avec 44 millions d’adhérents. La démocratie est donc centralisée. Bernie Sanders, que tout oppose à Joe Biden s’est désisté en sa faveur.
Le parti Républicain, de Droite et dont la couleur représentative est le rouge, est régi par un système démocratique décentralisé. Le Great Old Party, GOP, est à l’image du système démocratique américain. La personnalité ne s’efface pas au profit du collectif. Il sert le collectif par sa personnalité. Un équivalent de Donald Trump au parti démocrate n’aurait pas été possible.
Cette base factuelle de compréhension de la vie politique américaine permet d’appréhender avec particularité l’affaire George Floyd et le « racisme » américain. Le communautarisme ne peut pas prendre le même sens qu’en France et les conséquences ne sont pas les mêmes. Que le monde entier mette un genou à terre en solidarité avec les souffrances afro-américaines est un contre-sens.
Il y a quelques semaines, Joe Biden s’en prenait à un interlocuteur afro-américain qui exprimait qu’il voterait pour Trump. Il lui dit : « Le Noir qui ne vote pas pour moi n’est pas vraiment Noir ! »
Beaucoup se sont mépris sur cette formule alors qu’elle ne fait qu’exprimer la conception de Gauche de l’Universalisme et de la Démocratie, qui est que la minorité doit s’effacer devant la majorité. Il était sous-entendu que le parti de Gauche représente le Bien et agit pour le bien des minorités.
Le Démocrate aime le Noir qui est soumis comme le monde aime le Juif en pyjama rayé. Il y a une parfaite logique dans l’analogie. Oncle Tom ne se révolte pas. La culpabilisation ne coûte pas cher et peut rapporter gros.
Une des figures montantes du mouvement Black Voices for Trump est le député de Géorgie Vernon Jones. Il a démissionné du parti démocrate en début d’année pour s’investir dans la campagne de Donald Trump.
https://twitter.com/RepVernonJones
Vernon Jones compare la pensée de Gauche aux plantations du maître blanc qui tient les Noirs en esclavage, leur voix appartenant au maître Blanc.
Le mouvement Black Voices for Trump explique pourquoi l’affaire George Floyd n’est pas une affaire raciale mais une affaire sociale qui est distincte du communautarisme. L’intérêt de la Gauche est de confondre les deux, quand les instituts de sondages donnent 15 % d’intentions supplémentaires de vote pour Trump au sein de la communauté afro-américaine, dans la foulée des indices de l’emploi et de la reprise économique telle que le Président l’avait prédit.
Il y a seulement 15 jours, Ahmaud Arbery, un jeune étudiant en costume-cravate était abattu dans la rue d’une ville de Géorgie parce qu’il était Noir. Black live matters ? Ca dépend de laquelle. Bien sûr, ce n’était pas l’occasion d’aller piller les boutiques de luxe. Mais le parti démocrate n’est pas monté au créneau. Le mouvement actuel est un prétexte pour manifester contre Trump.
Il existe un racisme violent aux Etats-Unis. Il n’est pas dissimulé derrière des convenances, à l’image de la politique européenne ou occidentale. Mais il n’est pas concomitant des classes sociales. L’Afro-américain est de nationalité américaine. L’Amérique est son pays. Il parle anglais. Il est majoritairement Chrétien. Il adhère aux valeurs américaines. Il œuvre à la puissance américaine. Il n’y a pas d’équivoque possible entre le racisme aux USA et les problèmes sociaux, de xénophobie ou d’Islamophobie. La doctrine universaliste de Gauche tendra toujours à les confondre.
Quant au fonds de commerce démocrate, qui vend sa repentance, sa victimisation, il tend à éloigner l’électorat afro-américain du parti démocrate américain comme le dit CJ Pearson, un jeune influenceur du mouvement Black Voices for Trump, décrit par le Washington Post comme le cauchemar de la Gauche.
« Il n’y a pas de privilège blanc, parce que je ne suis pas un esclave et que vous n’avez jamais personnellement possédé d’esclave. Que vous imaginiez être privilégié en tant que Blanc est une insulte à mon identité Noire. Ce privilège honteux aboutirait à ce que ma réussite ne dépende plus que de votre bon vouloir. »

S’il est très difficile de prédire qui sera le prochain président des Etats-Unis, il est tout aussi difficile d’évaluer si l’affaire George Floyd profitera à Joe Biden alors que son parti se focalise sur l’affaire. Il est beaucoup plus facile d’établir que le mouvement de solidarité qui s’est engagé en France pour y associer les Troaré ou autres est une supercherie. La seule association réside dans le vandalisme.
Par ©Gilles Falavigna
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Je suis à 100% pour le slogan « Black lives matter », mais je suis à 100% contre l’organisation antisémite, raciste et fasciste « Black lives matter ».