Document ci-dessus : le Grand Rabbin de France, ainsi que les Rabbins Moshé Sebag et Moshé Lewin reçoivent Muhammad bin Abdul Karim al-Issa et Khalid bin Mohammed Al Angari, ex-Ministre de l’enseignement saoudien, à la Grande Synagogue de la Victoire, fin novembre 2017. Préalable à la réalisation d’une ambition plus vaste…

Un religieux saoudien appelle à l’envoi d’une délégation de paix interconfessionnelle à Jérusalem

Mohammed al-Issa, allié du prince héritier réformiste du royaume, affirme que la mission pourrait aider à « apporter un terrain fertile pour trouver des solutions ».

 

Dr. Muhammad bin Abdul Karim al-Issa, secrétaire général de la Ligue des musulmans du monde, prend la parole devant l'institut des politiques du Proche-Orient à Washington en mai 2018 (capture d'écran YouTube)

Dr. Muhammad bin Abdul Karim al-Issa, secrétaire général de la Ligue mondiale des musulmans, prend la parole devant l’institut des politiques du Proche-Orient à Washington en mai 2018 (capture d’écran YouTube)

Le chef de la Ligue musulmane basée en Arabie Saoudite a appelé à l’envoi d’une délégation interconfessionnelle à Jérusalem, pour promouvoir la cause de la paix en trouvant un terrain d’entente entre les religions.

Le Dr. Mohammed bin Abdul Karim al-Issa, allié du prince héritier Mohammed bin Salman, a déclaré jeudi dans une interview à Fox News : «Nous devrions envoyer une délégation de paix, représentative des trois religions abrahamiques. Elle devrait être composée de musulmans, de chrétiens et de juifs et visiter tous les lieux saints.

«Ils devraient rencontrer tout le monde et trouver un terrain d’entente, et devraient fournir un terrain fertile pour trouver des solutions pour la paix.

L’ancien ministre saoudien de la justice a ajouté qu’une telle délégation devrait être «indépendante de la politique» et «ne devrait avoir aucun ordre du jour politique. Ils auront plus d’influence sans agenda politique, car ils seront indépendants ».

Une telle visite «ne résulte pas d’une initiative de l’Arabie saoudite et ne devrait pas représenter l’Arabie saoudite en tant que telle. Elle vient du monde musulman, du monde chrétien et du monde juif. Cela n’a aucune pertinence quant aux intérêts terre-à-terre de quelque pays que ce soit », a déclaré Al-Issa.

La Ligue Musulmane Mondiale est une organisation non gouvernementale d’érudits sunnites basée à La Mecque. Son principal donateur est le royaume d’Arabie Saoudite, selon son site internet.

Ronald Lauder en compagnie de Binyamin et Sarah Netanyahu

La semaine dernière, la LMM a accueilli le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, lors de sa deuxième conférence annuelle sur le rapprochement culturel entre les États-Unis et le monde musulman à New York.

Ronald Lauder, président du Congrès juif mondial, prend la parole lors d’une interview accordée à l’Associated Press à Berlin le samedi 13 septembre 2014. (Crédit photo: AP / Markus Schreiber)

Dans le passé, Al-Issa s’est fermement opposé au négationnisme, courant répandu dans le monde arabe, au sujet du programme d’extermination nazi «parmi les pires atrocités humaines jamais perpétrées».

Israël et l’Arabie saoudite n’ont pas de relations officielles, mais les responsables de l’État juif ont, de plus en plus, laissé entendre que des liens secrets existaient avec le royaume dirigé par les sunnites, les deux pays partageant la même crainte des tentatives de l’Iran d’accroître son influence dans la région.

Bin Salman, un réformiste perçu comme le souverain de facto du royaume, a été associé à une grande partie de ce flirt diplomatique de haut niveau.

Bin Salman « considère la question palestinienne comme une question à régler mais qui ne doit pas, pour autant, bloquer les relations avec Israël », a déclaré au mois de mai Simon Henderson, observateur et analyste du monde saoudien à l’Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient (Washington). «Ce n’est plus primordial. La question primordiale est l’Iran. « 

Sur cette photo fournie par les Nations Unies, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman Al Saoud s’exprime lors d’une cérémonie de signature aux Nations Unies, le mardi 27 mars 2018. (Eskinder Debebe / Nations Unies via AP)

Dans une interview accordée plus tôt cette année à The Atlantic, Bin Salman semblait confirmer le droit d’Israël à exister, déclarant au journaliste Jeffrey Goldberg que les Israéliens « ont le droit d’avoir leur propre terre ».

La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que le resserrement des liens entre Israël et le monde arabe constituait une aubaine créée par le « mauvais » accord nucléaire iranien.

Netanyahu a déclaré à plusieurs reprises qu’il pouvait envisager un chemin vers la paix  avec les Palestiniens, à travers la «normalisation» des relations avec les États arabes, qui, comme Israël, s’opposent à l’Iran.

Les rumeurs de relations secrètes ont été démenties par des responsables saoudiens. Néanmoins, un général saoudien s’est rendu à Jérusalem en 2016 et a rencontré les Députés israéliens, et des responsables saoudiens ont rencontré des responsables israéliens à plusieurs reprises en public. L’Arabie saoudite a également autorisé cette année Air India à se rendre à Tel Aviv via son espace aérien.

JForum avec agences.

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