Marine Le Pen et Emmanuel Macron sur le site de Whirlpool à Amiens AFP
La campagne de second tour de l’élection présidentielle s’est accélérée mercredi avec la visite surprise de Marine Le Pen sur le site Whirlpool d’Amiens, où Emmanuel Macron, qui lui a succédé peu après, a reçu un accueil houleux avant de dialoguer longuement avec des salariés.

La candidate du FN s’est rendue à la mi-journée sur ce site promis à la fermeture, pendant que, à quelques kilomètres de là, Emmanuel Macron s’entretenait en ville avec des délégués syndicaux de l’entreprise.

« Je suis là au côté de salariés, sur le parking, pas dans des restaurants amiénois », a déclaré à la presse Mme Le Pen, qui s’est défendue de « faire un coup médiatique ». Accueillie par des sourires, elle s’est faite photographier pendant une dizaine de minutes aux côtés de salariés, dont certains en pleurs, faisant des selfies.

Le candidat d’En Marche! a répliqué du tac au tac, annonçant sa visite dans l’après-midi auprès des salariés, en compagnie des représentants de l’intersyndicale. « Mme Le Pen fait de l’utilisation politique, puisqu’elle va haranguer des militants politiques sur un parking », a-t-il cinglé.

L’usine de Whirlpool à Amiens (Somme), le 25 avril 2017 AFP/Archives

Il a été accueilli par des sifflets et des « Marine présidente », alors que des militants FN étaient restés sur place, avant de dialoguer pendant plus de 40 minutes avec des salariés, un peu à l’écart de l’essentiel de la meute des journalistes.

« La fermeture des frontières, c’est une promesse mensongère », a notamment mis en garde le candidat, en leur promettant de revenir « rendre compte », en présence notamment du journaliste François Ruffin, candidat de La France insoumise dans cette circonscription aux élections législatives. Dans la soirée, M. Macron tiendra un meeting à Arras.

Ce chassé-croisé surprise et contrasté dans l’accueil fait monter d’un cran l’intensité autour de cette campagne de second tour. Les équipes des deux candidats ont présenté mercredi matin les affiches et slogans de cette nouvelle phase: « Ensemble, la France! » pour M. Macron, « Choisir la France » pour Mme Le Pen, avec les deux concurrents en tenue bleue.

M. Macron, qui a assuré n’avoir « aucun regret » d’avoir célébré son résultat dimanche à la brasserie parisienne La Rotonde, a essuyé une nouvelle salve de critiques mercredi pour son début de campagne d’entre-deux-tours.

« Je crois qu’il a pensé qu’il était déjà élu. (…) Ce n’est pas si simple que cela », a dit le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui a également déploré l’attitude de M. Macron dans la perspective des législatives (11 et 18 juin). François Hollande a lui demandé aux membres du gouvernement de « s’engager pleinement dans la campagne ».

« A la soupe pour un petit poste »

A droite, François Baroin s’est dit « absolument convaincu » de pouvoir remporter les législatives et d’imposer une cohabitation à M. Macron si celui-ci accède à l’Elysée. M. Baroin a mis en garde contre ceux qui, chez Les Républicains (LR), iraient « à la soupe pour un petit poste » dans un gouvernement Macron.

Les Républicains continuent par ailleurs de se diviser sur l’attitude à adopter avant le 7 mai. Alain Juppé, qui appelait à un choix clair en faveur de M. Macron, a été rejoint par Nicolas Sarkozy, convaincu que le projet de Mme Le Pen « entraînerait des conséquences très graves pour notre pays et pour les Français ». L’ancien président a confirmé dans le même temps qu’il n’avait « pas l’intention de revenir sur son choix » de retrait de la vie politique.

Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon le 5 septembre 2015 à La Baule AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a fait savoir qu’il ne révélerait pas, malgré les critiques, son choix de vote au second tour, quel que soit le résultat de la consultation engagée auprès des militants de La France insoumise. Son porte-parole, Alexis Corbière, avait cependant appelé les électeurs à ne pas apporter « une voix » au FN. « Il est important qu’on sache ce qu’il pense », avait pourtant insisté le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

Quant à Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France qui n’a pas encore annoncé ses intentions pour le second tour, il a « vocation à travailler » avec Marine Le Pen, a estimé mercredi le vice-président du FN, Florian Philippot.

Source : I24 News

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