Il peut paraître surprenant qu’au moment où on parle le plus d’une zone de sécurité-tampon créée par les Etats-Unis et la Turquie à la frontière de celle-ci, et qu’Ankara, à cette fin, réclame une Zone d’Exclusion aérienne au-dessus de l’espace aérien syrien, les pays de l’OTAN retirent ces batteries, certes coûteuses, mais qui ont le mérite de stopper les missiles et engins aériens entrants. Probable que ces mesures entrent dans le cadre d’accords plus vastes avec l’Iran et la Russie, demandant qu’on relâche la pression sur leur protégé Assad. Il est difficile, en tout cas, de voir dans ce retrait une lien quelconque avec les radis turcs sur des cibles principalement liées aux activités kurdes du PKK, plutôt que contre Daech, qu’Ankara a longtemps protégé et favorisé. Et que rien n’indique qu’il combat en réalité. Bien qu’on patauge en pleine confusion, lorsqu’il s’agit des nouveaux rapports de l’Administration Obama avec les dictatures turque et iranienne, tout dernièrement, des hauts-gradés du Pentagone ont fustigé les frappes aériennes d’Erdogan, en affirmant que la guerre contre Daesh n’était, en fait, pour Ankara qu’un « hameçon » lui permettant de tâcher de résoudre à sa manière forte le « problème kurde » (qui est plus exactement, le problème du racisme turc).

Selon le Wall Street Journal, des responsables de haut-rang au Pentagone accusent Ankara d’avoir rejoint la coalition anti-Daesh juste pour justifier ses percées contre les Kurdes.

« Il est évident que l’Etat Islamique a servi d’hameçon à la tactique turque. La Turquie voulait frapper le PKK, mais elle avait besoin d’un bon prétexte », dit le représentant militaire dans une citation du journal. 

Washington et l’Allemagne ont appelé Ankara et le PKK à reprendre les négociations de paix qui ont débuté en 2012 et à recentrer leurs efforts et leur énergie dans le combat contre Daesh. 

Berlin et Washington retirent leurs missiles Patriot de Turquie

Les Etats-Unis et l’Allemagne ont annoncé dimanche qu’ils retireraient les batteries de missiles antimissile Patriot déployées dans le sud de la Turquie début 2013. Cette décision fait suite à une réévaluation de la menace liée au conflit en Syrie.

Ces batteries de missiles avaient été installées à la demande d’Ankara dans le cadre d’une mission de l’Otan validée en décembre 2012 pour protéger le territoire turc. Les déploiements étaient motivés par la destruction d’un avion turc, abattu par les forces syriennes en juin 2012, et la mort, en Turquie, de cinq civils turcs tués par un tir de mortier syrien, en octobre.

Mais la situation a changé depuis. Les Pays-Bas, qui participaient également à cette mission, y ont mis fin cette année. Ils ont été remplacés par l’Espagne.

Une déclaration commune turco-américaine précise dimanche que les missiles Patriot seront rapatriés aux Etats-Unis pour y être modernisés.

Daesh, seule menace pour Ankara

« Les Etats-Unis et l’Otan s’engagent à soutenir la sécurité de la Turquie et la stabilité régionale. Si nécessaire, les Etats-Unis sont prêts à renvoyer les batteries de Patriot et le personnel afférent en Turquie dans un délai d’une semaine », peut-on lire dans cette déclaration.

La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a annoncé elle que le gouvernement ne demanderait pas au Parlement une prolongation de l’opération, dont le mandat expire en janvier.

Elle a expliqué que la menace pesant contre la Turquie avait changé de nature. « Elle découle désormais de l’organisation terroriste Etat islamique », a-t-elle dit.

Lundi, Août 17, 2015 – 10:31

zamanfrance.fr

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Faire face à la menace syrienne

Le système de défense Patriot avait été déployé en Turquie en 2013, à la demande d’Ankara. Le but était de prévenir une menace potentielle émanant des forces armées syriennes du Président Bachar al-Assad.

Les USA ont insisté sur le fait que la sécurité de la Turquie était toujours une priorité et que les missiles pourraient être réinstallés dans le pays en cas de besoin. «Les États-Unis et la Turquie réfléchissent ensemble à de nouvelles étapes bilatérales pour assurer la protection turque».

Outre le coût élevé de l’opération, qui avait motivé la décision allemande annoncée samedi 15 août, c’est la faible menace syrienne qui a poussé les Américains à suivre l’exemple de Berlin. Un point sur lequel les puissances de l’Ouest et Ankara ne parviennent pas à s’entendre. Alors que la Turquie souhaite que des efforts militaires soient faits pour renverser le régime de Bachar al-Assad, la priorité de l’Occident se porte sur la lutte contre la montée de l’organisation terroriste État Islamique (EI).

C’est à cette fin que Washington a entrepris un programme d’entraînement des rebelles syriens, qui combattent sur deux fronts : contre les forces gouvernementales du Président syrien Bachar al-Assad, et contre l’EI. Un processus contre lequel le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a mis en garde les puissances de l’Ouest, arguant que les seules entités qui pourraient potentiellement remplacer les autorités actuellement en place en Syrie sont elles-même composées essentiellement de terroristes islamistes.

«Je déconseille au grandes puissances impliquées dans la résolution de la crise syrienne de penser que le problème Assad puisse être résolu de manière militaire», a-t-il affirmé, estimant que «la seule fin possible à une résolution militaire du conflit serait la prise de pouvoir par l’EI ou par d’autres organisations terroristes».

francais.rt.com

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