Un groupe salafiste proche de l’EI a revendiqué le tir de roquette qui a explosé près d’Ashkelon samedi soir

Said Khatib (AFP/Archives)
Said Khatib (AFP/Archives)« Un militant palestinien tire une roquette, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 juin 2013 »
 

L’armée israélienne a mené une frappe aérienne contre un site terroriste au nord de la bande de Gaza dans la nuit de samedi à dimanche, en représaille à un tir de roquette sur la région d’Ashkelon.

Les résidents du sud ont déclaré avoir entendu au moins un boum, mais l’emplacement exact de l’impact de la roquette était encore incertain dimanche matin. Quelques minutes auparavant, l’alerte a retenti dans plusieurs conseils régionaux du sud du pays.

Le député du parti Yesh Atid (centre) Chaim Yellin a attribué la responsabilité des tirs au gouvernement israélien.

« Netanyahou est occupé a divisé le ministère des Affaires étrangères et à reconstruire la bande de Gaza, sans la désarmer Ce n’est pas comme ça que l’on dirirge un pays, ce n’est pas comme ça que l’on s’assure que vos citoyens sont en sécurité; ce n’est pas comme ça que vous combattez la terreur et les boycotts internationaux », martelé Yellin.

Un groupe salafiste à Gaza qui a revendiqué la responsabilité des deux derniers tirs de roquettes sur Israël, l’a fait à nouveau samedi soir. Aucun blessé ou dégât n’a été signalé, et les autorités ont commencé à rechercher le projectile.

Le maire d’Ashkelon Itamar Shimoni a également eu des mots très durs contre le Premier ministre Benyamin Netanyahou, après les tirs de roquettes samedi.

« Il s’agit d’un moment de vérité pour le gouvernement israélien, » a-t-il dit.

« Nous ne parlons pas plus d’une erreur ou d’une roquette, mais de la rupture flagrante de la trêve ».

Le cessez-le feu a été signé à la fin de l’opération Bordure protectrice l’année dernière à la fin du mois d’août et a mis fin à une guerre de 50 jours entre Israël et le Hamas

« La paix que nous pensions avoir dans notre région après Bordure protectrice s’est dissoute beaucoup plus rapidement que prévu, et nous ne pouvons pas accepter ce genre de réalité », a déclaré Shimoni. « C’est le moment changer tout ça ».

En vue des dernières attaques perpetrées cette semaine depuis Gaza, le ministre israélien de la défense Moshé Ya’alon a ordonné la fermeture des points de passage Erez et Kerem Shalom qui relie Israël à Gaza, à l’excéption de cas humanitaires.

« Ne pas accepter cette situation »

L’ex-ministre israélien de la défense Avigdor Lieberman a condamné l’attaque sur sa page officielle Facebook samedi soir, en déclarant qu’ « il ne faut pas s’habituer. (…) Il existe qu’une seule conséquence aux tirs de roquettes: il s’agit de citoyens israéliens, d’enfants, d’hommes et de femmes qui ne peuvent plus vivre normalement ».

Lieberman a notamment affirmé que s’habituer de nouveau à cette situation « reviendrait à accepter cela, et un pays sont les citoyens comptent ne peut pas accepter ce genre de choses ».

L’armée israélienne a redéployé vendredi plusieurs batteries de Dôme de fer près des villes d’Ashdod et de Netivot dans le sud d’Israël, craignant de nouveaux tirs en provenance du territoire palestinien.

Mercredi, les sirènes ont retenti dans plusieurs villes du sud d’Israël ainsi que dans les localités israéliennes proches de la bande de Gaza. Deux roquettes ont explosé sur le sol israélien, dans des terrains vagues et sans faire de victimes.

L’armée israélienne a procédé dans la nuit de mercredi à jeudi à des raids de représailles contre trois infrastructures terroristes dans la bande de Gaza, sans faire de blessé.

La semaine dernière, l’armée de l’air israélienne avait mené quatre frappes contre des sites terroristes de la bande de Gaza, quelques heures après qu’au moins une roquette a explosé sur le sud d’Israël, sans faire de blessé.

Les salafistes promettent de continuer à tirer

« Nous continuerons à tirer des roquettes contre Israël tant que le Hamas ne répondra pas à nos exigences », a affirmé samedi un responsable salafiste dans la bande de Gaza, demandant la libération des activistes salafistes récemment arrêtés et l’arrêt des mesures de répression mises en oeuvres par le Hamas.

« Nous n’accepterons d’être les otages d’aucune organisation se trouvant de l’autre côté de la frontière », a martelé le chef du Conseil régional de Hof Ashkelon après l’explosion du missile.

Le Hamas a envoyé cette semaine un message à Israël via l’Egypte, affirmant que les roquettes qui ont explosé mercredi soir en Israël ont été tirées par un groupe affilié à l’Etat islamique dans le but d’entraîner le Hamas et l’armée israélienne dans une nouvelle escalade de violence, selon une information révélée vendredi par leJerusalem Post.

Alors que le gouvernement israélien considère le Hamas comme responsable de tous les tirs de missiles émanant de la bande de Gaza, l’organisation terroriste palestinienne assure que des activistes salafistes implantés dans le territoire ont délibérément lancé des attaques contre Israël pour intensifier les tensions entre les deux camps.

Le ministre israélien de la Défense Moshé Ya’alon a immédiatement pointé jeudi la responsabilité du Hamas qui contrôle la bande de Gaza.

« Même si les tirs de la nuit dernière sont le fait d’une bande de voyous djihadistes qui veulent défier le Hamas en tirant sur nous, nous voyons le Hamas comme responsable pour ce qui se passe dans la bande de Gaza et nous ne tolérerons aucune atteinte qui nuise à nos concitoyens », a averti Ya’alon.

« Je suggère de ne pas tester la patience d’Israël. Nous ne ferons aucun compromis sur la sécurité des citoyens israéliens et n’accepterons pas de revenir à une situation de tirs sporadiques. L’armée israélienne répondra énergiquement et, si nécessaire de manière encore plus forte, l’été dernier l’a prouvé », a ajouté le ministre de la Défense.

Une organisation salafiste affiliée à l’Etat islamique dans la bande de Gaza a revendiqué les tirs de roquettes, précisant sur Twitter avoir attaqué Israël après que l’un de ses membres a été tué mardi dans un échange de tirs avec les forces de sécurité du Hamas au nord de la ville de Gaza.

Le Hamas réprime durement les groupes salafistes implantés à Gaza ces derniers temps et les médias palestiniens ont aussi fait état d’une série d’arrestations dans ces milieux récemment.

Les services de sécurité du Hamas ont ainsi arrêté au début du mois d’avril un cheikh salafiste, l’accusant d’appartenir à l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), qui multiplie les exactions en Syrie et en Irak. Lequel EI vient d’adresser un ultimatum au Hamas lui demandant de cesser de poursuivre ses partisans à Gaza.

Les salafistes djihadistes accusent le Hamas de faiblesse à l’égard d’Israël et dans l’application de la loi islamique. Ils revendiquent quelques centaines de membres, souvent des déçus du Hamas et d’autres organisations terroristes.

A lire sur le sujet : Israël et le Hamas tenus en otage par les éléments « voyous » à Gaza

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