Marc Isserles
Il y a une expression en yiddish qui parle du « pintele yid », ce qui se réfère à l’étincelle juive, aussi petite soit-elle, qui se trouve en chaque juif, sans exception, aussi loin soit-il de la tradition juive. Cette petite étincelle peut soudain se développer en un grand brasier d’amour pour le judaïsme, si les circonstances le favorisent…

Russie, 1919, la révolution bolchévique fait rage. Les bolchéviques dirigés par Lénine se battent sans pitiés contre une faction dissidente, les « Petlyureftzas », dirigé par un certain Simon Petlyura, un vicieux antisémite. Quoi qu’il en soit, c’est toujours les juifs qui paient le prix de la guerre et qui sont considérés comme coupables. Accusé de traitres par les uns et de lâches par les autres, les prétextes ne manquent pas pour tuer, piller et massacrer les juifs sans défense, au gré de l’avancement ou des défaites des uns et des autres.

Dans un village conquis par les « Petlyureftzas » le chef ordonne que tous les traitres, soit les juifs, soient rassemblés sur la place au centre du village. Afin que ceci leur serve de leçon, tous les habitants doivent être présents pour assister à l’exécution des juifs. Préférant voir les juifs tués à leur place, c’est sans peine que tous les juifs sont rassemblés par les villageois et les nouveaux maîtres.

Le chef prononce un discours expliquant que les gens doivent obéir au nouveau pouvoir sans quoi les conséquences seront sans appels. Les juifs ici présents en sont un premier exemple. Personne ne prononce un mot. Le chef ordonne à ses soldats de se mettre en position face aux juifs et de tirer à « trois ». Il commence à compter… « un » … « deux »….. Juste à ce moment un homme sort de la foule et crie « Attendez ! Moi aussi je suis juif ! Si vous voulez les tuer, il faut me tuer aussi ! ».

Les gens sont choqués. L’homme est le pharmacien du village. Aimé et admiré de tous, chacun a eu une fois ou l’autre recours à ses services très utiles, à défaut de médecins rares et chers. Les non-juifs ne savaient pas qu’il était juif et pour leur part les juifs avaient oubliés ou ignoraient son existence car plus rien ne l’identifiait à la communauté, pas de nourriture casher, pas de chabbats, pas de prières, même Yom kippur de signifiait rien pour lui.

Et soudain voilà qu’au moment crucial il se rappelle de ses origines et décide de s’associer au sort de la communauté.

Les gens du village commencent à s’agiter. « Mais on ne peut pas tuer le pharmacien, il m’a tant aidé… ». « Mais c’est un sale juif comme tout le monde !». « Vous n’avez aucune reconnaissance ? », On parle, on crie, on s’insulte, la situation dégénère. Les « Petlyureftzas » ne contrôlent plus la situation. Ils préfèrent se retirer avant que les villageois en bien plus grand nombre ne les agressent. Quelques jours plus tard c’est les bolchéviques qui reprennent le village. Ce n’est pas idéal, mais au moins les juifs sont sauvés…

Réflexion : : il y a de nombreuses histoires de cette nature, notamment celle du maire d’un village en Allemagne, juif mais converti au christianisme. Le nazis font un feu public et veulent brûler un sefer Thora. Le maire reçoit le « privilège » de jeter le rouleau dans le feu. Au dernier instant il refuse indiquant qu’en tant que juif il ne le fera jamais. Il est assassiné par les allemands… Et nous alors ? Nous avons tous cette flamme au fonds de nous. Il ne faut pas attendre des situations ou des choix extrêmes pour nous réveiller ! Lundi aura lieu Yom Kippour. N’est-ce pas là une bonne occasion de renouer avec nos origines, faire la paix avec Dieu et de redécouvrir nos traditions que nous avons parfois un peu tendance à oublier ou négliger ?

Si cela vous a plu, merci d’inviter vos amis à participer à ce groupe : http://www.facebook.com/home.php?#/group.php?gid=85967155302

Cette histoire est dédiée à la mémoire de Olga, Jozsef et Imre Krausz. Olga est née à Satoraljaujhely en Hongrie en 1905. Elle était mariée à Jozsef Krausz, un docteur. Olga, elle, était enseignante. Leur fils Imre est né en 1938. Pendant la guerre, la famille à vécu à Pecs en Hongrie. Ils ont tous été assassinés à Auschwitz en 1944.

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