William Burns, un fin connaisseur de la CIA pour remettre l’agence au centre de Washington  Edition du 13/01/2021

Initié au renseignement dès le début de sa carrière à Amman, William Burns va devoir reconstruire le lien de la CIA avec la Maison blanche.

William Burns, nommé le 11 janvier directeur de la CIA par le président élu Joe Biden.William Burns, nommé le 11 janvier directeur de la CIA par le président élu Joe Biden. ©Ritchie B. Tongo/EPA/MaxPPP

Le choix de Joe Biden, le 11 janvier, de sortir de sa retraite William Burns, qui était consultant du fonds de pension Blackstone depuis 2015, pour diriger la CIA fait figure de nouveau rappel en première ligne des cadres de l’ère Obama (voir ici, IOL nº867). Mais les réseaux et l’influence que Burns a tissés en quarante ans de diplomatie, notamment intra-washingtonienne – rarement la plus simple -, peuvent permettre à l’agence, aujourd’hui isolée dans l’administration, de revivifier ses liens avec les composantes de Washington nécessaires à son bon fonctionnement.
Après quatre ans de présidence Trump, ceux-ci apparaissent endommagés – sans qu’elle ne soit à l’origine des brouilles – avec le Congrès, le département d’Etat, et surtout celui de la défense, qui a même menacé ces dernières semaines de stopper son assistance aux programmes secrets de l’agence.
Car Burns est un fin connaisseur du renseignement. Il a côtoyé certains de ses représentants dès son premier poste à l’étranger, en Jordanie, au début des années 80. Il s’y était lié d’amitié avec Matthew Gannon, l’officier de la CIA tué en 1988 dans l’explosion du vol de la Pan Am 103.
De cette matrice jordanienne, il est aussi toujours resté proche du numéro 2 de l’ambassade de l’époque, Edward Djerejian, devenu plus tard président du conseil d’administration d’Occidental Petroleum et président de son cabinet Djerejian Global Consultancies, qui a notamment eu des mandats de groupes américains dans les années 2000 pour s’implanter en Syrie, où Djerejian fut ambassadeur à l’orée des années 90 (IOL nº591). Depuis Amman, il est resté proche de James Collins, qui était conseiller politique de l’ambassade et qui a pris plus tard, en sus du rôle d’ambassadeur en Russie – comme Burns en 2005 – des postes importants dans la politique du renseignement américain. Il est aujourd’hui conseiller du cabinet de droit influent sur la colline de Washington, Akin Gump Strauss Hauer & Feld.
Revenu à Amman comme ambassadeur en 1998, Burns y a longuement côtoyé le chef de station de l’agence, Robert Richer. Ce dernier est devenu, quand il a quitté l’agence, Vice-President for Intelligence de la défunte Blackwater.
Il a par la suite créé sa propre société, Total Intelligence Solutions, avec Joseph Cofer Black, l’ancien directeur du Counterterrorism Center (NCTC) de l’agence (IOL nº574) aujourd’hui à la tête du fonds Razor’s Edge Ventures (IOL nº858). Richer pilote la société de recrutement Uptima Group.
William Burns a ensuite travaillé avec le directeur de la CIA George Tenet sur les accords israélo-palestiniens de Camp David en 2000, puis avec John Brennan pour l’accord sur le nucléaire iranien, au point qu’il a été récipiendaire la Seal Medal de l’agence en 2014.

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