En Irak, une milice yazidie a tué 21 personnes pour se venger d’une attaque

Des Yazidis fuient Sinjar après la prise, le 10 août 2014, par l’Etat Islamique (EI), du bastion Yazidi dans le nord de l’Irak. REUTERS/Rodi Said.

RAPPORT

Parmi les victimes, des femmes et des enfants, note Amnesty International dans un rapport.

 

Des membres de la minorité des Yazidis en Irak, l’une de celles qui a le plus souffert des exactions du groupe jihadiste Etat islamique (EI), ont tué en janvier 21 villageois arabes sunnites pour se venger d’une attaque, rapporte mercredi Amnesty International. Le rapport, qui fait état d’autres massacres de type confessionnel, a été diffusé pour coïncider avec le premier anniversaire de l’offensive fulgurante de l’EI en Irak.

L’ONG basée à Londres a mené une enquête sur des attaques menées le 25 janvier par une milice yazidie à Jiri et Sibaya, deux villages arabes sunnites dans la région de Sinjar, dans le nord-ouest du pays.

« Pas une seule maison n’a été épargnée. La moitié des gens tués étaient des hommes âgés ou handicapés, ainsi que des femmes et des enfants », indique Amnesty dans son rapport. Selon l’ONG, 40 autres personnes ont été enlevées, dont 17 sont toujours portées disparues.

Amnesty a notamment parlé à un père qui a perdu dans l’attaque deux fils âgés de 15 et 20 ans. Leur frère de 12 ans a reçu quatre balles dans le dos mais a survécu. Un autre homme a encore affirmé à Amnesty que son père âgé de 66 ans avait été tué dans sa chaise roulante.

Les Yazidis, une minorité religieuse qui vit principalement dans la région de Sinjar, ne sont ni arabes ni musulmans et sont haïs par l’EI.

Durant l’été 2014, les jihadistes ont massacré de nombreux Yazidis, forçant des dizaines de milliers d’entre eux à fuir, et ont fait prisonnières des milliers de filles et femmes, réduites à l’état d’esclaves sexuelles.

Des membres de la communauté arabe sunnite ont été accusés de collaborer avec l’EI.

« C’est vraiment inquiétant de voir des membres de la communauté yazidie, qui ont tant souffert entre les mains de l’EI, perpétrer maintenant des crimes aussi violents », a déclaré Donatella Rovera, conseillère pour les situations de crise à Amnesty.
En mars, des enquêteurs de l’ONU avaient estimé que les attaques de l’EI contre les Yazidis pourraient constituer un « génocide ».

Les jihadistes se sont emparés en juin 2014 de vastes pans du territoire irakien, devant des forces de sécurité totalement dépassées. Le gouvernement irakien et des milices alliées tentent depuis de regagner le terrain perdu, avec l’aide de la coalition internationale menée par les Etats-Unis, mais ne sont pas parvenus jusqu’à présent à porter de coups majeurs à l’EI.

OLJ/AFP
10/06/2015
 

 

 lorientlejour.com

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