Un navire militaire turc chassé par une frégate égyptienne

Mis en ligne le 10.12.2020

En dehors des manifestations de façade sur la laïcité, pour amuser la galerie, le dessous des cartes est différent.

L’alliance France-Egypte-Grèce-Chypre consiste à stopper les turcs qui ont des prétentions sur la méditerranée et son gaz.

Le rapprochement Israël-Liban sur le même sujet tend aussi à isoler la Turquie sur ce sujet. C’est dans ce contexte que s’est déroulé l’affrontement entre Turcs et Égyptiens.

Déjà qu’elles étaient houleuses, les relations de la Turquie avec l’Égypte, la Grèce et la République de Chypre se sont détériorées davantage avec la question de l’exploitation des importantes réserves d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, Ankara voulant sa part du gâteau… et voire un peu plus.

Ainsi, en novembre 2019, la Turquie a signé un protocole d’accord avec le gouvernement d’union nationale libyen [GNA] sur ses frontières maritimes, lui permettant ainsi d’étendre la superficie de son plateau continental de plus de 30% et d’empêcher Athènes, Le Caire et Nicosie de s’entendre sur la délimitation de leurs eaux respectives, torpillant ainsi leurs projets communs d’exploitation gazière.

Ce protocole d’accord entre Ankara et Tripoli, jugé non conforme au droit de la mer car portant atteinte aux droits souverains des États tiers, explique l’intervention turque aux côtés des forces pro-GNA, alors aux prises avec l’Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar, soutenu par l’Égypte, la Russie et les Émirats arabes unis.

Ce qui se traduit par des violations répétées de l’embargo sur les armes décrété par les Nations unies ainsi que par l’envoi de mercenaires. Et cela, au bénéfice des deux camps rivaux.
Quoi qu’il en soit, la Grèce, Chypre et l’Égypte font donc front commun pour préserver leurs intérêts en Méditerranée orientale face aux appétits de la Turquie.

Ce qui passe par la tenue régulière de manœuvres militaires conjointes, comme l’exercice Medusa 10, qui a eu lieu entre le 30 novembre et le 6 décembre, au large des côtes égyptiennes.

La marine grecque y avait engagé le sous-marin Katsonis, le navire de ravitaillement et de débarquement Chios ainsi que les frégates Limnos et Themistokles.

Côté égyptien, le sous-marin S-41, le Bâtiment de commandement et de projection [BPC/PHA] Anouar el-Sadate, la frégate Alexandria et les corvettes El-Fateh, Mahmoud Fahmy et Ali Gad furent sollicitées. Quant à la Garde nationale chypriote, elle mobilisa la corvette Ioannides.

Ce dispositif, conséquent, fut en outre complété par la frégate légère furtive française « Aconit » et la corvette émiratie « Baynunah ».

C’était la première fois que la Marine nationale était conviée à l’exercice Medusa. Même chose pour son homologue des Émirats arabes unis.

« Ce type d’exercice permet de consolider la coordination entre des acteurs de nationalités différentes. Ces rencontres au-delà de développer la capacité des marines à travailler conjointement contribuent à la sécurité de la zone », a ainsi fait valoir l’État-major des armées [EMA], dans un communiqué publié le 4 décembre.

Visiblement, Medusa 10 aura suscité la curiosité de la marine turque… Et l’un de ses navires, la frégate TCG Kemal Reis, qui s’était déjà illustrée cette année en entrant en collision avec le navire grec HS Limnos, aurait pénétré dans la zone où se déroulait l’exercice qui, de fait, se trouvait dans l’espace maritime égyptien.

C’est en effet ce qu’affirment plusieurs médias grecs et chypriotes, citant des sources « fiables » de la Garde nationale de la République de Chypre.

Selon le compte-rendu de l’incident, et dans un premier temps, il aurait été demandé au TCG Kemal Reis de quitter la zone de l’exercice.

Et, devant le refus d’obtempérer du navire turc, la frégate égyptienne Alexandria aurait mis le cap vers lui, avec l’intention de le forcer à changer de route, quitte à l’éperonner.

A priori, la détermination du navire égyptien aurait donc contraint le TCG Kemal Reis à changer de direction et à quitter la zone où il n’était pas le bienvenu.

« ‘Medusa’ semble avoir suffisamment dérangé Ankara pour envoyer des navires observer ce qui se passe au large d’Alexandrie », a commenté le quotidien chypriote I Kathimeriní.

Cela étant, peu après la fin de Medusa 10 et alors qu’elle sera au centre des débats lors du sommet européen prévu le 10 décembre, la Turquie a publié une notice maritime [NAVTEX] pour informer qu’elle organiserait des manœuvres navales dans une zone située à 20 nautiques au sud de la Crète.

La Grèce a ensuite diffusé un contre-NAVTEX, qui, à son tour, a suscité une réaction des autorités turques.

Ce 7 décembre, le ministère turc des Affaires étrangères a publié un communiqué pour dénoncer les « revendications maximalistes et illégitimes » d’Athènes au sujet de ses frontières maritimes et de son espace aérien.

« La Grèce, en tant qu’enfant gâté de l’Europe, vise à provoquer des sanctions de l’Union européenne contre la Turquie », a-t-il accusé.

Et d’ajouter qu’Ankara « ne compromettra pas ses droits souverains sur l’île de Kastellorizo [ou Meis], ni sur son espace aérien couvrant 10 nautiques » et que « la Grèce doit engager un dialogue inconditionnel avec la Turquie, le plus tôt possible. »

Photo : © Diego Quevedo Carmona — CC BY-SA 3.0
PAR LAURENT LAGNEAU · 7 DÉCEMBRE 2020
http://www.opex360.com/2020/12/07/un-navire-militaire-turc-a-ete-chasse-par-une-fregate-egyptienne-lors-de-lexercice-medusa-10/

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5 Commentaires
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Hervé

Si ce n’est que le monde arabe, ça ne signifie pas que le « ver est dans le fruit », mais le malheur pour la france, c’est que dans toutes les banlieues sans exception, voire même au sein des centre villes, il y a un cheval de Troie puissamment armé en cas de guerre civile.

Hervé

Ça me rappelle que lors d’un séjour à Chypre, sur la plage de Aya nappa, nous avons vu battre en retraite la marine de guerre française, qui soi disant était venue protéger les chrétiens libanais. La marine de guerre française qui détient le pompon (pompon de la couardise) avait mis les voiles sur injonction du père Assad qui lui a envoyé un ultimatum. C’était si ma mémoire ne me trahit pas, au début des années 80. Les britanniques qui étaient sur la plage, se sont mis à rire en se tapant sur le ventre et les commentaires allaient bon train, comme par exemple « en cas d’une confrontation entre la france et l’Angleterre, même sans l’amiral Nelson, on pourra voire la marine française prendre la fuite » Et si l’on en juge de la manière dont les forces de l’ordre se couchent devant les hordes arabes des banlieues, bien entendu sur les recommandations de macrone (pas que lui puisque ça dure depuis au moins 40 ans) on peut s’assurer qu’il ne s’agit pas de paroles vaines.

LE CHAT DORT

IL Y A AUSSI QUE LES EGYPTIENS SAVENT PARLER EN MUSULMAN AUX AUTRES MUSULMANS

les coranophones savent trés bien jusqu ou ils peuvent jouer aux cons

Arié

Les Turcs sont maintenant dans le collimateur de l’ONU, des Américains, de l’Europe, de nombreux pays arabes, etc…et leur économie va s’effondrer, comme la livre turque depuis quelques années.

yacotito

ce qui est remarquable dans cette histoire est que les Égyptiens ont eu le courage de forcer le départ du bâtiment turc, la France et l’Allemagne se sont dégonfles lors de la tentative de contrôle d’un bâtiment suspect en direction de la Libye. Cela veut tout dire: on a pas de c… en Europe et le monde arabe le sait très bien.