Un bourreau turc de Daesh tué par les Kurdes©

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Un bourreau turc de l’Etat islamique tué à Deir Ezzor

Les forces de défense Démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les Etats-Unis auraient tué le bourreau de l’Etat islamique Talip Akkurt, connu sous le nom de Abu Talha al Turki, qui a brûlé deux soldats turcs en Syrie en 2016. Al Turki aurait été tué à la suite d’une  attaque des FDS dans la ville de Hajin, dans la province de Deir Ezzor .

Depuis février 2018, Al Turki figure sur la liste bleue des fugitifs recherchés par la police turque, avec une prime de 1,5 million de livres turques (320 000 dollars) sur sa tête mise à prix. L’échec du gouvernement turc à traquer Al Turki, et le succès présumé des FDS à l’éliminer, pourraient être un développement embarrassant pour Ankara. La Turquie considère les FDS, dominés par les unités de protection du peuple (YPG), qui ont des liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan, déclaré illégal, comme une entité terroriste qui peut désormais réclamer la prime promise à l’Etat turc.

Al Turki, et deux autres complices turcs qui ont encore leur tête mise à prix – Hasan Aydin et Muhittin Buyukyangoz – étaient membres du «Groupe Yasar», une équipe d’exécution de l’État islamique composée de Turcs. Ils étaient responsables, comme le montre une vidéo publiée le 22 décembre 2016 par l’État islamique , d’avoir brûlé vivants les conscrits turcs Sefter Tas et Fethi Sahin, des agents de renseignements de la gendarmerie turque qui aurait infiltré l’État islamique.

Tas s’est fait prendre en captivité au sein de l’État islamique le soir du 1er septembre 2015, près du poste-frontière de Sehit Mehmet, dans la province de Kilis, à la frontière syrienne. Tas et deux autres soldats en mission de patrouille, qui sont passés du côté syrien, à la poursuite de trafiquants, ont été pris en embuscade par des djihadistes de l’État islamique qui ont tué le caporal d’infanterie Yusuf Beylem et blessé et kidnappé Tas. Un commando de quatre membres de l’État islamique aurait réalisé l’attaque sur les ordres de leur chef, Abou Bakr Al Baghdadi, dans le but de faire cesser les frappes aériennes turques lancées contre des cibles de l’Etat islamique en Syrie, quatre jours plus tôt, le 28 août et faire libérer les djihadistes de l’ Etat islamique des prisons turques. Tas, qui avait subi des blessures par balles sur les pieds, aurait reçu des soins, d’abord à Al Bab, puis à Raqqa , où il a ensuite été emprisonné par l’État islamique.

Les tentatives lancées par les renseignements turcs pour retrouver la trace de Tas ont commencé immédiatement après sa disparition. Le 7 septembre 2015, le premier rapport du contact de l’agence nationale des renseignements turques (MIT, dirigés par Hakan Fidan) avec l’État islamique, via l’application de messagerie WhatsApp, a confirmé que Tas était vivant et captif. Le 14 septembre, le MIT a demandé ses exigences à l’État islamique et a reçu une photo de Tas de sa prison. Lors du troisième contact, rapporté le 10 octobre, l’Etat islamique a exigé la libération de ses 200 djihadistes emprisonnés dans les prisons turques. Le 11 novembre, le MIT aurait refusé la demande de l’État islamique pour la libération de 200 djihadistes, débouchant sur la menace de l’État islamique de diffuser une vidéo de Tas en combinaison orange.

Initialement, le gouvernement turc n’a pas publiquement reconnu l’enlèvement de Tas. Tas étant un conscrit d’origine kurde, le Parti Démocratique du Peuple (HDP) pro-kurde suivait de près l’affaire et un député du HDP, Igdir, a déposé une question parlementaire le 1er décembre 2015, bien que le ministre turc de la Défense ait échoué à fournir la moindre réponse pendant plus de deux ans. Même lorsque la vidéo d’immolation de Tas et Sahin est devenue publique en décembre 2016, un média pro-gouvernemental a prétendu que la vidéo était fausse, alors qu’un vice-Premier ministre turc a menacé les médias en exigeant qu’ils ne la publient pas. Presque un an plus tard, quand le père de Tas a déposé une plainte, dans une tentative pour que son fils soit déclaré légalement mort, l’armée turque a finalement reconnu Tas comme étant décédé le 9 octobre 2017, acceptant d’offrir des prestations aux survivants de sa famille.

Ankara s’est avéré également lent à poursuivre al-Turki et ses complices. La Turquie n’a émis un mandat d’arrestation que le 27 janvier 2017, plus d’un mois après la publication de la vidéo d’immolation par l’État islamique, et attendu plus d’un an jusqu’au 12 février 2018 avant de placer les bourreaux de l’Etat islamique sur sa liste des fugitifs recherchés et en offrant une prime pour des renseignements menant à leur capture. Les médias turcs ont révélé en janvier 2017, que les autorités turques avaient précédemment arrêté le complice d’Al Turki, Hasan Aydin, en 2012, lors d’une opération d’Al-Qaïda dans la province d’Adana, mais l’ont autorisé à circuler librement. Aydin a été, de nouveau arrêté alors qu’il tentait de passer de la province de Hatay vers la Syrie avec du matériel militaire et un drone, mais il a de nouveau été relâché.

De même, Al Turki a réussi à échapper aux forces de l’ordre turques et est entré illégalement en Syrie en février 2016. La police turque a effectué une descente   contre la cellule de l’Etat islamique d’Al Turki en Turquie le 27 janvier 2017 et détenu six suspects, bien que le Tribunal n’ait mis en détention provisoire qu’un seul des membres de la cellule, comme c’est souvent le cas avec les djihadistes présumés de l’Etat islamique en Turquie. Le 4 février 2018, la police turque a attaqué une autre cellule djihadiste à Ankara et a appréhendé Omer Yetek, soi-disant ministre de l’information de Daesh en Turquie, qui avait organisé le tournage et le montage de la vidéo d’immolation de Tas et Sahin.

Le bilan affligeant, résultant de la paresse d’Ankara à s’attaquer à Al Turki et à ses complices de l’État islamique et le succès du FDS à venger les soldats turcs immolés, ont rendu l’affaire encore plus embarrassante pour le gouvernement turc. Les responsables turcs et les médias se sont jusqu’ici abstenus de commenter la mort d’al Turki en Syrie. Cependant, si un membre des FDS choisit de réclamer la prime offerte par la police turque, cette requête pourrait soulever non seulement des questions juridiques, mais aussi des enquêtes publiques sur les raisons pour lesquelles le FDS, considéré par Ankara comme une organisation terroriste, se sont montrées bien plus capables que l’Etat turc, de courir après les coupables de l’un des crimes les plus odieux contre des militaires turcs.

PAR  | 15 juin 2018 | aykan@defenddemocracy.org | @aykan_erdemir

Adaptation : Marc Brzustowski

Sources:

Aylina Kilic, Twitter

L’activiste de l’Etat islamique Abu Talha al-Turki, impliqué dans la mort brûlés vifs de deux soldats turcs capturés dans le nord d’Alep en 2016, aurait été tué dans l’opération Deir ez-Zor dirigée par le SDF, Terrorism Research and Analysis Consortium

Paul Antonopoulos, Twitter

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Alliés ou terroristes : qui sont les combattants kurdes en Syrie ?, The New York Times

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Réseaux de l’État islamique en Turquie, Fondation pour la défense des démocraties

Vahşet itirafları: İki askerin yakılma görüntülerini IŞİD’li Ömer Yetek servis etmiş, Cumhuriyet

Aykan Erdemir est membre de la Fondation pour la défense des démocraties et ancien membre du parlement turc.

longwarjournal.org

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