Terrorisme : lorsque la France s’inspire du modèle israélien

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Terrorisme : lorsque la France s’inspire du modèle israélien

 

Le 13 novembre 2019, la Députée Aurore Bergé (membre du parti la « République en Marche » et Présidente du groupe « Amitié France-Israël » à l’Assemblée Nationale) a rappelé la solidarité de son groupe à l’égard de l’Etat juif dans sa lutte contre le terrorisme : « Israël est notre première ligne de front contre le terrorisme. Au nom du groupe d’amitié entre la France et Israël, j’exprime toute notre solidarité et tout notre soutien au peuple israélien. La France est, et sera toujours, aux côtés d’Israël et de sa sécurité ». Plus précisément, la députée des Yvelines s’exprimait sur « le combat entrepris» contre le Jihad Islamique responsable des centaines de roquettes lancées sur le territoire israélien depuis la Bande de Gaza, en novembre 2019.

Ce faisant, elle a relayé une prise de conscience grandissante au sein de la société, à savoir le danger que représente le terrorisme en France, sa capacité à la fracturer, et son risque de conduire à l’anarchie : La lutte contre les groupuscules qui terrorisent les populations civiles constitue, effectivement, l’enjeu majeur des années à venir.

A la suite des attentats du 11 septembre 2001, les Etats Unis ont défini « la lutte contre le terrorisme » comme le sujet de préoccupation essentielle, voire existentielle. Or, la France (tout comme les pays européens) est désormais concernée par ce mode cruel de déstructuration de l’harmonie sociétale occidentale. Comme L’Etat juif est (tristement) devenu un laboratoire de recherche dans la lutte anti terroriste, il est régulièrement cité en référence. Aussi, à la suite de l’attentat terroriste commis à Nice le 14 juillet 2016 (86 personnes tuées et 456 blessées), il a été évoqué la nécessité « d’israéliser notre sécurité » et la mise en exergue du « modèle israélien ».

Depuis, l’Etat d’Israël est régulièrement cité en exemple : lors de la campagne présidentielle de mai 2017, Emmanuel Macron s’est montré admiratif de la capacité pour Israël d’innover dans des domaines non explorés : « Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une». Rappelons, également, que le Président Macron est un proche de Philippe Guez, banquier d’affaires, fondateur d’une société d’investissement à capital-risque à Tel-Aviv qui œuvre pour le rapprochement des économies française et israélienne.

En novembre 2017, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, rappelait : « La France a beau détenir la première place en Europe pour les start-ups, nous voulons être partenaires d’un pays encore meilleur ». Il se référait alors à Israël où il venait de rencontrer des spécialistes dans le domaine des nouvelles technologies. Il a alors reconnu : « tous les regards se tournent vers la baie de San Francisco, mais il faudrait peut-être chercher l’inspiration au Proche-Orient. Depuis plus d’une décennie, Israël incarne l’autre temple de l’innovation. »

Effectivement, Israël est, malgré lui, devenu une référence en tant que laboratoire de recherche dans la lutte contre le terrorisme, mais aussi leader dans la fourniture d’outils capables de déceler la formation des groupuscules terroristes, de fournir les moyens de les suivre et de prévenir leurs opérations.

Son expérience dans le domaine, il l’a acquise à compter de 1964, lorsque l’Organisation de Libération de la Palestine fondée par Yasser Arafat (qui a désormais pris le nom de Fatah), s’est fixée pour objectif de détruire l’Etat d’Israël au moyen de l’acte terroriste. En 1968, sa Charte a inventé le concept de « palestinien » (qu’elle a substitué à l’identité « arabe de Palestine »), puis « institué un lien entre le palestinien et la terre de la Palestine mandataire » avant d’enjoindre aux palestiniens l’obligation de détruire Israël en recourant à « l’acte terroriste ». En d’autres termes, la Charte Olp a assigné aux palestiniens cette unique raison d’être, à savoir « détruire Israël au moyen de l’action terroriste», la justifiant par des considérations d’ordre nationaliste (notons que dans l’histoire de l’humanité, il s’agit d’un des summums du machiavélisme de la pensée humaine et de la manipulation mentale).

Lorsque l’Olp a, finalement, renoncé à son objectif (1988), le Hamas s’est constitué pour prendre la relève en recourant aux mêmes techniques, mais, désormais, en fondant l’action terroriste sur les injonctions d’Allah.

Ainsi, l’Etat juif est-il devenu, malgré lui, avant-gardiste dans la conception des moyens destinés à protéger les sociétés occidentales dont il peut, désormais, faire profiter les nations demanderesses. Il commercialise, depuis, ses techniques de contrôle, ses systèmes de surveillance, et ses outils technologiques pour contrecarrer les opérations criminelles.

De nombreuses entreprises israéliennes vendent, ainsi, les outils utilisés dans l’aéroport David Ben Gourion ou dans les édifices publics destinés à protéger les populations. Parmi ses clients on peut citer l’Union Européenne, les Etat Unis, la Birmanie ou encore l’Arabie Saoudite. En 2009, le chiffre d’affaires mondial de la sécurité s’élevait déjà à 450 milliards de dollars. En constante augmentation, ce budget est, désormais, capté par Israël, dans une proportion non négligeable.

L’institut de Technologie «Technion » à Haifa est devenu un excellent terreau pour le développement des start-up dans le domaine sécuritaire et militaire. A cet effet, il a signé des partenariats avec des sociétés de l’industrie militaire comme « Elbit System » qui assure la protection du pays. En outre, la ville de Tel Aviv, « Silicon Valley » israélienne, est devenue la deuxième plateforme de l’innovation dans le monde, drainant 10% du PIB national.

Par ailleurs, et sur le plan politique, si les principaux partis israéliens peinent à trouver une majorité pour constituer un gouvernement chargé de diriger le pays, Israël Beitenou d’Avidgor Liberman, Kahol Lavan de Benny Gantz ou encore le Likoud de Benyamin Nétanyahou, sont unanimes pour placer la sécurité du pays au centre des préoccupations.

L’Etat d’esprit, en France, tend à devenir similaire. Il n’est plus tabou de remettre en cause les libertés individuelles dès lors que les atteintes sont de nature permettre une sécurisation de la collectivité. D’ailleurs, avec la disparition des frontières physiques entre les pays européens, il a été pris conscience de cette nouvelle réalité que constitue l’implantation de groupuscules terroristes en Europe. Lors des journées « défense et citoyenneté » auxquelles sont conviés les jeunes français à leur majorité, l’attention est attirée sur ce danger que représente le terrorisme dans la société avec notamment ce slogan choc : « S’il n’y a plus de menaces à nos frontières, il n’y a plus de frontières aux menaces ».

La France organise, aujourd’hui, la  protection du pays en recourant aux services de l’agence Européenne Frontex, signataire de nombreux contrats portant sur la fourniture de drones fabriqués par Elbit System et la société nationale israélienne, Israel Aerospace industrie. Le paradoxe français est donc tout à fait surprenant : s’il existe une montée incontestable de l’antisémitisme en France, l’Etat français doit se doter des outils israéliens pour protéger l’ensemble de sa population.

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