Tsahal envoie de l’aide humanitaire en Syrie lors d’une opération de nuit
Israël envoie 300 tentes, 13 tonnes de nourriture, 15 tonnes de nourriture pour bébé, 3 palettes de matériel médical et de médicaments et 30 tonnes de vêtements à travers la frontière. 120 000 syriens fuient la région de Deraa où l’armée d’Assad se bat contre les rebelles. Tsahal souligne : Nous n’autoriserons pas les Syriens en fuite à entrer en Israël.
Tsahal a acheminé environ 60 tonnes d’aide humanitaire sur les hauteurs syriennes du Golan jeudi soir après que quelque 120 000 personnes ont dû fuir la partie sud-ouest du pays à la suite de l’assaut de l’armée syrienne dans la région.
Pendant l’opération spéciale de nuit, quelque 300 tentes, 13 tonnes de nourriture, 15 tonnes de nourriture pour bébés, trois palettes de matériel médical et de médicaments et quelque 30 tonnes de vêtements et de chaussures ont été transférés en Syrie, à partir de quatre points différents.
L’aide a été transférée dans des camps de réfugiés syriens dans le sud et le centre du Golan syrien. Les camps, situés près de la frontière avec Israël, abritent plusieurs milliers de (environ 60.000) Syriens dans de mauvaises conditions, sans accès à l’eau, à l’électricité, à la nourriture ou à d’autres nécessités de base.
Alors que l’armée israélienne a envoyé de l’aide humanitaire, elle a précisé qu’elle ne permettrait pas aux Syriens en fuite d’entrer en Israël. « L’armée israélienne continuera à maintenir les intérêts de sécurité d’Israël », a déclaré l’armée dans un communiqué.
Le bureau du porte-parole de Tsahal a également indiqué que l’armée surveillait les événements dans le sud-ouest de la Syrie et qu’elle était prête à divers scénarios, y compris l’envoi d’une aide humanitaire supplémentaire.
Depuis plusieurs années, dans le cadre de son «opération de bon voisinage», Tsahal fournit une aide humanitaire vitale aux civils syriens pris dans les feux croisés de la guerre civile qui fait rage dans le pays, tout en évitant d’interférer dans le conflit.
« L’opération (l’opération de bon voisinage) est devenue d’autant plus importante ces jours-ci à la lumière des conditions difficiles auxquelles sont confrontés les habitants du Golan syrien », a déclaré l’armée israélienne.
L’armée syrienne libre a conclu un accord de cessez-le-feu temporaire avec la Russie dans le sud de la Syrie, qui a débuté à minuit et s’est terminé à midi vendredi.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré que plus de 120 000 personnes ont été contraintes de fuir la région, des dizaines de milliers se rassemblant à la frontière syrienne avec la Jordanie et des milliers d’autres fuyant vers la frontière avec Israël.
Le directeur de l’Observatoire, Rami Abdulrahman, s’exprimant au téléphone, a déclaré que les civils avaient pour la plupart quitté la partie est de la province de Deraa, où les forces gouvernementales progressent. Certaines personnes ont également traversé dans des zones contrôlées par le gouvernement, a t-il dit.
L’envoyé syrien de l’ONU, Jan Egeland, a déclaré jeudi que les envois humanitaires à Deraa et dans la région méridionale de Quneitra ont été perturbés depuis le 26 juin.
« La ligne de survie extrêmement efficace de la Jordanie à travers la frontière a été abandonnée en raison des combats ces derniers jours », a déclaré Egeland aux journalistes.
Abu Jihad, un responsable local de l’opposition près de la frontière, a déclaré que les violences commises depuis mercredi avaient forcé au moins 11 000 personnes à fuir leurs maisons et leurs villes. Si l’escalade continue, a-t-il dit, les gens se rapprocheront des frontières avec la Jordanie et le Golan.
La Jordanie accueille déjà plus de 650 000 réfugiés syriens enregistrés et a déclaré qu’elle n’ouvrirait plus ses frontières, demandant plutôt à l’ONU de leur fournir la sécurité dans leur pays d’origine. L’ONU, quant à elle, a appelé la Jordanie à maintenir la frontière ouverte.
Peu de temps avant sa rencontre avec le secrétaire de l’ONU, Antonio Guterres, le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a déclaré: « Il soulkignera l’urgence des efforts internationaux pour parvenir à un cessez-le-feu immédiat dans le sud (Syrie), protéger les civils dans leur pays et leur apporter l’aide nécessaire. Il reste engagé avec toutes les parties pour atteindre ce cessez-le-feu comme priorité absolue. «
Essayer de diviser le territoire rebelle
L’armée syrienne a intensifié jeudi ses frappes aériennes dans le sud-ouest de la Syrie, tuant des dizaines de personnes.
« Nous ne pouvons même pas compter le nombre des frappes aériennes », a déclaré Abdallah Mahameed, un responsable rebelle de Deraa. « La maison tremble autour de nous. »
Le président syrien Bashar Assad a juré de reprendre chaque centimètre de la Syrie, et la reprise du sud-ouest, l’un des premiers foyers du soulèvement contre lui, ne laisserait les rebelles qu’avec seulement un bastion restant, dans le nord-ouest (Idlib).

L’offensive d’Assad dans le sud-ouest a été soutenue par des frappes aériennes et des bombardements qui ont tué 96 civils depuis le 19 juin, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme, dont 49 mercredi et jeudi. Quelque 67 forces pro-gouvernementales et 54 rebelles ont également été tués.
Le territoire insurgé du sud-ouest est encerclé le long des frontières avec la Jordanie et Israël, rétrécissant à seulement quelques kilomètres de large dans la ville de Deraa.
Jusqu’à présent, les combats se sont concentrés sur les zones au nord-est de Deraa, où l’armée et les milices alliées ont repris une série de villages, mais ont été étendus à la périphérie de la ville mardi.
L’unité de presse du Hezbollah a déclaré que l’armée avait capturé la ville d’al-Harak, au nord-est de Deraa. L’Observatoire a indiqué qu’elle avait avancé dans le centre de la ville mais que les combats continuent.
Un responsable rebelle a déclaré que l’armée et les milices alliées cherchaient également à couper le territoire des insurgés dans le sud-ouest en deux en prenant d’assaut une base aérienne proche de la frontière jordanienne.
« Le but, pour eux, est de diviser la campagne occidentale de Deraa de la ville et de la campagne orientale de Deraa », a déclaré Abu Shaima, un porte-parole des rebelles, ajoutant que les combattants sont restés forts et que le régime n’a pas pu avancer.
« Les zones de désescalade ne sont pas à prendre au sérieux »
La région se trouve dans une «zone de désescalade» décidée l’année dernière par les Etats-Unis, la Jordanie et l’allié russe d’Assad pour limiter les combats. Mais malgré les avertissements américains selon lesquels il réagirait à une attaque, il ne l’a pas fait et les personnalités de l’opposition syrienne ont dénoncé mercredi le « silence » de Washington.
Vassily Nebenzia, ambassadeur de Russie auprès des Nations Unies, a indiqué que la Russie ne maintiendrait plus la zone de désescalade, affirmant qu’elle faisait partie des derniers bastions de la branche syrienne d’Al-Qaïda et de l’Etat islamique et que l’armée syrienne avait un « droit légitime » de combattre les « terroristes ».
« Chaque zone de désescalade que nous avons établie n’a pas été définitivement établie », a déclaré M. Nebenzia lors d’une conférence de presse aux Nations Unies.
« J’espère que toutes les zones de désescalade entreront dans l’histoire et que la Syrie sera sous le contrôle du gouvernement légitime, la zone de désescalade pour ceux qui sont prêts à maintenir la désescalade existe toujours. Ceux qui résistent à toute désescalade, ce n’est pas le cas. «
Le journal arabophone Al-Hayat, basé à Londres, a rapporté vendredi que certains pays européens n’étaient pas satisfaits de l’entente entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine sur la Syrie, notamment le retour du contrôle d’Assad dans la partie sud du pays et l’absence de retrait complet de l’Iran de Syrie.
Les Européens prétendent que la Syrie ne peut pas être réhabilitée sans une refonte politique complète et veulent voir Assad quitter le pouvoir.
Reuters a contribué à ce raportage.
![]() |
![]() |














































