Le renseignement américain a soutenu des frappes aériennes massives dans l’est de la Syrie attribuées à Israël  

Un haut responsable du renseignement américain rapporte que les frappes aériennes visant une présence militaire iranienne majeure dans l’est de la Syrie mardi soir, le 12 janvier, ont été menées avec les renseignements fournis par les États-Unis. Il a déclaré à AP qu’ils avaient ciblé une série d’entrepôts utilisés dans le cadre du pipeline «pour stocker et mettre en scène des armes iraniennes». Il a également décrit l’entrepôt de la région comme un «pipeline pour les composants qui soutiennent le programme nucléaire iranien».
Il n’était pas clair s’il voulait dire que ces cibles particulières avaient été touchées lors des raids attribués à Israël sur la province de Deir Ez-Zour et Abu Kamal (voir photo) près de la frontière irakienne mardi soir.
Le responsable américain, qui a requis l’anonymat, a déclaré que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait discuté des frappes aériennes avec le chef du Mossad Yossi Cohen alors que ce dernier se rendait à Washington, DC, plus tôt cette semaine.
Israël aurait considérablement intensifié ses attaques contre des sites associés au Corps des gardiens de la révolution iranien, au Hezbollah libanais et à d’autres milices chiites soutenues par l’Iran.
Des sources de l’opposition syrienne ont rapporté qu’au moins 15 installations liées à l’Iran avaient été ciblées mardi lors de la quatrième attaque signalée par Israël contre des cibles iraniennes en Syrie au cours des deux dernières semaines. Ces sources ont affirmé que 5 soldats syriens et 11 membres de la milice pro-iranienne avaient été tués au cours de cette opération massive, bien que Damas n’ait pas mentionné de victimes.
La zone sert à l’Iran de corridor important pour le transport des armes et du personnel à travers l’Irak vers ses forces et ses mandataires en Syrie et au Liban.
L’opération est intervenue peu de temps après que le ministre de la Défense Benny Gantz a visité le Golan à la frontière syrienne et a déclaré qu’Israël continuerait de prendre des mesures contre ses ennemis «de près et de loin», ajoutant: «Nous ne sommes pas assis à attendre. Nous sommes actifs sur les plans défensif, politique et économique », a-t-il déclaré.

Debka

Nathalie Sosna-Ofir le 14.01.2021

Des raids imputés à Israël ont ciblé des positions iraniennes sur le territoire syrien dans la nuit de mardi à mercredi. Elles auraient été menées avec l’aide du renseignement américain. L’une des zones visées, al-Bukhamal à l’est du pays à la frontière avec l’Irak, sert de couloir logistique terrestre via lequel l’Iran transfère des armes vers la Syrie et le Liban.
18 cibles visées, entrepôts d’armes appartenant à des milices pro-iraniennes mais aussi de matériels et composants destiné au programme nucléaire militaire iranien. Un programme que Téhéran poursuit en toute impunité. Au début du mois, l’Iran a en effet annoncé la reprise de la production d’uranium enrichi à 20 %, dans des quantités bien au-delà des limites prévues par l’accord de Vienne.
Ces frappes d’une puissance inégalée depuis des années – 57 victimes- ont sans doute été décidées lundi pendant un diner au fameux café Milano à Washington entre Yossi Cohen, le chef du Mossad et Mike Pompéo, le secrétaire d’état américain.

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes debout, téléphone et costume L’objectif était d’une part de perturber un nouveau déploiement iranien en Syrie et en Irak voulu par le successeur de Suleimani. C’était en outre un signal aux administrations Biden et Assad : Israël continuera à contrecarrer les intentions subversives de l’Iran dans la région. Et ses ambitions nucléaires. Il faut dire qu’Israël voit d’un très mauvais œil l’intention de Biden de revenir dans l’accord qu’avait quitté Trump en 2018. A Washington le chef du Mossad prépare aussi la transition et évalue les contacts futurs avec la nouvelle équipe. Et notamment avec son futur collègue, le chef de la CIA, William J. Burns qui ne devrait pas lui faciliter la tâche. Ancien secrétaire d’État adjoint aux affaires du Proche-Orient de Barack Obama 2001 à 2005, c’est lui qui est à l’origine du rapprochement avec l’Iran. Il mène les négociations secrètes avec Téhéran en 2011 et 2012 à Oman. Et travaille activement à l’instauration de pourparlers officiels entre Washington et Téhéran qui aboutiront à l’accord de Vienne sur le nucléaire, signé en 2015. Il adhère à l’intention de Joe Biden de revenir à l’accord que Donald Trump quitte en 2018 mentionnant toutefois que c’était plus facile à dire qu’à faire en raison des «dégâts commis ces dernières années».
Pour Yossi Cohen, il s’agit d’amorcer les relations avec la nouvelle équipe du pied droit et d’éviter les conflits dès le début de l’ère Biden. Déjà qu’Israël devrait approuver dimanche la construction de 800 logements dans les implantations de Judée-Samarie.
Ce qui ne devrait pas être du tout du goût du nouveau président. On en parle dans mon direct du jour depuis Jérusalem sur Radio J à réécouter ici 
https://www.radioj.fr/podc…/le-journal-en-direct-disrael-21/ (crédit photo AFP)

 

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