Seule l’annexion fera tampon face à la menace de l’Est

Les Iraniens sur la route 6, un État palestinien ou la chute de la Jordanie? Un conflit en studio sur les implications de l’annexion

Le général (res.) Gershon HaCohen, du mouvement « securityist » (les Gardiens de la Sécurité), estime que seule l’annexion de la vallée du Jourdain remplira le rôle nécessaire de tampon pour Israël face à la menace de l’est. D’un autre côté, le général (rés.) Gadi Shamni insiste sur le fait que l’application de la souveraineté unilatérale entraînerait l’effondrement du royaume hachémite et le danger que les milices iraniennes se déploient à environ 480 km à la frontière.

Le discours sur l’application unilatérale de la souveraineté sur les communautés juives de Judée-Samarie s’est concentré ces dernières semaines principalement sur les implications politiques et internationales auxquelles Israël sera obligé de faire face, si cette décision est effectivement mise en œuvre. Mais le plan peut avoir une une importance stratégique et sécuritaire beaucoup plus larges que la perspective d’un soulèvement palestinien local : la déstabilisation du royaume jordanien, qui est un tampon entre Israël et la menace de l’Est – l’Iran et l’Irak, qui est un état sponsorisé de facto par le régime de l’ayatollah.

Le major-général (rés.) Gadi Shamni d’une organisation de commandement pour la sécurité d’Israël a déclaré jeudi que l’annexion unilatérale pourrait créer une réaction en chaîne qui se terminerait par des milices iraniennes à la frontière orientale d’Israël ; Et devant lui se trouve le général (res.) Gershon Cohen, membre du mouvement « securityist », qui estime qu’établir précisément le contrôle de la vallée du Jourdain – et dès que possible – empêchera une menace venant de l’est en cas d’effondrement du royaume hachémite qui pourrait survenir indépendamment des mesures prises par Israël.

Général Gadi Shamni avec un diplomate américain

Shamni: « Cette décision posera beaucoup de problèmes. Bien que nous comprenions tous que l’annexion devra faire partie de tout accord futur, je pense que la façon dont elle va se faire nous apportera trois dangers majeurs. Le premier est l’Iran. Les 480 kilomètres de la frontière jordanienne sont le véritable tampon entre nous et l’Est parce que l’Iraq est déjà iranien aujourd’hui, si nous procédons à l’annexion, ce n’est qu’une question de temps avant que la déstabilisation du royaume jordanien ne puisse également provoquer son effondrement. À mon avis, il n’y a pas d’échappatoire. Nous avons déjà l’Iran au Liban, nous avons l’Iran à la frontière du Golan, et maintenant nous aurons encore 480 kilomètres de frontière avec l’Iran dans la vallée du Jourdain.

«Le deuxième risque concerne un État juif et démocratique car il y aura un scénario à un État. Cela signifie la perte du caractère juif et démocratique, ou l’état d’apartheid.

« Le troisième risque est le coût économique très lourd. Seules les dépenses d’annexion initiales s’élèveront à des dizaines de milliards de dollars, et pour le maintenir, nous aurons besoin d’énormes apports économiques auxquels je ne sais pas si l’État d’Israël peut répondre à cent pour cent ».

Gershon HaCohen et Gadi Shani (Photo: Eli Segal)

Gershon HaCohen et Gadi Shani (Photo: Eli Segal)

Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie de plantation d'arbres à la veille des vacances

Benjamin Netanyahu dans la vallée du Jourdain (Photo: AP)

En réponse, Cohen a déclaré que l’annexion est une réalité majeure pour la sécurité. Selon lui, si l’annexion de la vallée du Jourdain n’est pas réalisée, il y a un risque croissant de la part de l’Iran: « Les milices chiites iraniennes seront sur la route 6 à Qalqiliya si nous ne détenons pas la vallée du Jourdain. En termes généraux, la Jordanie, même si nous la soutenons et n’appliquons pas la souveraineté, est une entité dont personne ne peut garantir l’existence à l’avenir.  »

Shani: « La vallée du Jourdain doit toujours être sous contrôle de sécurité israélien. Personne ne dit de quitter la vallée du Jourdain. Nous parlons des étapes unilatérales qui finiront par provoquer l’effondrement du royaume hachémite et faire de la Jordanie un État palestinien. Beaucoup de gens en ce moment pensent que c’est bien qu’ils le fassent, Je comprends tout simplement que c’est ce qui amènera également l’Iran à la frontière entre la Jordanie et Israël. « 

– Il y a un contrôle israélien sur le territoire où ils ont l’intention d’appliquer la souveraineté, il y a des résidents des implantations israéliennes, et il y a aussi un consensus sur le fait que ces zones ne seront pas supprimées. Qu’importe s’ils annoncent demain l’annexion ou dans deux ans de plus?

<< Je le répète: nous pensons que l’annexion fait partie de tout arrangement futur. Nous ne transformerons pas les quartiers autour de Jérusalem et ne nous attaquerons pas aux grandes implantations adjacentes à la clôture et aux blocs d’implantations. Mais nous devons le faire par voie de règlement et d’accord. Je pense que les Palestiniens ne sont pas prêts pour cela. Des dirigeants dont la référence est 48. Ils ne peuvent pas le faire. Dans la jeune génération palestinienne, on peut en parler aux gens, avec le soutien américain, avec le soutien européen, avec le soutien arabe.

« Mais brouiller toutes les cartes, opter pour une annexion unilatérale, mettre en danger le royaume jordanien, risquer de devoir prendre le contrôle de tout le territoire, retourner au gouvernement militaire, retourner à la gestion des égouts, de la la santé? Je pense que ce que Gershon a dit est un geste accrocheur. Mais pas un scénario viable pour le pays.  »

Cohen: « Je suis prêt à rebattre les cartes. »

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