Régler avant tout le conflit palestino-palestinien ©

La référence à Israël a en fait, une double finalité : cautionner l’antisémitisme viscéral des innombrables personnes concernées, et l’alimenter, pour ceux qui ne seraient pas encore antisémites

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Le 21 avril 2016, le Ministre des Affaires Etrangères Jean Marc Ayrault a annoncé le lancement d’un sommet international le 30 mai prochain, visant à relancer ce qui est couramment appelé « le processus de paix entre Israël et la Palestine». La réunion, ouverte par le Président Français François Hollande, comprendrait une vingtaine de pays, l’Union Européenne et l’Onu, à l’exception des israéliens et des palestiniens, en vue de préparer un sommet international au second semestre 2016 auquel seraient conviés les principaux intéressés. La démarche participe naturellement d’un bon sentiment mais on peut anticiper son vraisemblable échec pour une raison bien simple, elle ne prend pas en considération les vrais problèmes du peuple palestinien qui, (théoriquement) dispose seul du droit de disposer de lui-même. La solution au Proche Orient suppose prioritairement de régler le conflit palestino-palestinien.
La révolte des couteaux menée par les palestiniens depuis le mois d’octobre 2016, est riche d’enseignements : ce mouvement populaire illustrent en quoi les palestiniens ne sont nullement intéressés par un sommet international. Ils sont uniquement plongés dans la détresse par leurs dirigeants qui les persuadent que les problèmes trouvent leur source dans la présence juive en Palestine, alors qu’il n’en est rien.
Tout d’abord, la violence meurtrière des palestiniens de Cisjordanie masque le rejet, par les palestiniens, de leurs leaders politiques, qu’il s’agisse du Fatah ou du Hamas. Les palestiniens ne disposent d’aucune représentation politique, faute de système démocratique prévoyant la désignation par le peuple de représentants. Le peuple palestinien se retrouve ainsi, prisonniers des deux partis politiques historiques qui n’entendent pas lâcher les rênes du pouvoir, le Hamas dans la bande de Gaza et l’Olp (Fatah) dans les zone A et B de Cisjordanie. Aussi, les palestiniens de Cisjordanie qui ne craignent pas de mourir en brandissant leurs  couteaux, n’ont aucune directive politique, aucun moteur idéologique, aucun courant de pensée fédérateur. Ils n’ont même pas conscience de ce que leur occupation, n’est pas territoriale (par Israël) mais bien mentale par leurs propres dirigeants qui ne cessent de focaliser leur attention sur l’obligation de lutter contre les juifs.
Dans leurs attaques sauvages au couteau, les palestiniens de Cisjordanie expriment, également le rejet de l’Autorité palestinienne qui participe de leur désorganisation intellectuelle. L’autorité Palestinienne les persuade que le problème vient des juifs (dans une culture de la Charte de l’Olp qui vise à leur éviction de la Palestine mandataire), alors que, dans le même temps, les services de Mahmoud Abbas coordonnent les opérations sécuritaires avec Israël tout en luttant contre les membres du Hamas. Ainsi, le parti politique qui exerce le pouvoir en Cisjordanie a abandonné le moteur idéologique historique qu’il est censé mettre en œuvre. Bien évidemment, aucune réunion internationale ne pourra régler un supposé conflit entre juifs et palestiniens puisque le problème est interne aux palestiniens.
Il en résulte une défiance naturelle des palestiniens à l’égard de leurs dirigeants qui ne cessent de leur mentir sur l’obligation d’éradiquer Israël, sur une supposée « occupation israélienne de la Palestine » (alors que la présence israélienne en Cisjordanie est la conséquence des accords israélo palestiniens d’Oslo), et sur une supposée colonisation de leur terre par Israël (alors que l’AP coordonne ses actions policières avec Israël). Conséquence, les palestiniens ne veulent plus, ni du Hamas qui est à l’origine du blocus de la bande de Gaza, ni de l’AP qui s’accroche à son pouvoir sans prendre en considérations les problèmes des palestiniens.
Aussi, et faute d’élections pour désigner les représentants du peuple palestinien, Mahmoud Abbas n’a plus aucune légitimité en Cisjordanie, ni les dirigeants du Hamas dans la Bande de Gaza. Bien évidemment, si un sommet international doit se tenir, ce sont les problèmes qu’il conviendrait de résoudre. Il a toujours été utile d’accabler Israël et de manipuler mentalement les palestiniens pour que leur haine soit dirigée contre Israël, mais il faudra bien un jour cerner et régler les problématiques locales en rétablissant la seule vérité qui importe : Israël ne sera jamais éradiquer et les palestiniens devront apprendre à vivre en paix à ses côtés. 
La seconde réalité palestinienne qu’il convient de prendre en compte, c’est la dissociation des entités palestiniennes à Gaza et en Cisjordanie, sur le plan géographique, sur le plan idéologique, sur le plan administratif et sur le plan politique. Il ne sert donc rien d’essayer d’unir des territoires que tout sépare (et notamment Israël) mais au contraire de mettre en place deux organisations politiques, c’est-à-dire deux Etats palestiniens avec deux organisations pour les représenter. Si les deux partis palestiniens, le Hamas d’un côté et le Fatah de l’autre, sont incapables de s’entendre autour d’une convergence idéologique, et qu’ils se mènent une guerre sans merci, c’est précisément parce qu’il n’y a pas de séparation administrative des territoires d’implantation. Une fois encore, le prochain sommet international devra tenir compte de cette problématique centrale à l’origine de la déconnexion entre les palestiniens de Cisjordanie et les initiatives de paix négociées par une Autorité palestinienne qui ne les représente pas.
Rappelons enfin, qu’au delà de leur égarement intellectuelle, les palestiniens sont confrontés à une crise économique majeure. Les territoires gérés par les palestiniens  ne créent que peu de richesses et dépendent essentiellement que des dotations de la communauté internationale. Le chômage au sein de la jeunesse palestinienne est de l’ordre de 40%. Aussi, les jeunes palestiniens, privés de perspective professionnelle, n’ont plus aucune confiance dans leurs dirigeants corrompus qui détournent allègrement des fonds alloués par la communauté internationale. L’Etat islamique envisage donc d’exploiter cette détresse de la jeunesse palestinienne pour asseoir son emprise sur elle (sans trop de résultat, pour l’heure). En tout état de cause, l’absence de perspectives économiques et financière au sein de la jeunesse palestinienne devrait faire l’objet d’une attention particulière par le sommet international afin de lui offrir un véritable devenir, une douceur de vie et un niveau de vie élevé (comme c’est le cas des palestiniens qui vivent en Israël).
En somme, si le sommet international prévu pour le second semestre 2016 ne prend pas en compte l’absurdité des discours idéologiques dont les palestiniens ont été abreuvés depuis la naissances
des Chartes palestiniennes, (OLP de 1964 corrigée en 1968 et Hamas de 1987), la dissociation des territoires palestiniens, et la réalité quotidienne de la jeunesse palestinienne, le sommet est voué à l’échec.
C’est d’ailleurs l’un des aspects fondamentaux, totalement occulté lorsque est évoqué le « soit disant » conflit au Moyen Orient. Les discours et les initiatives sont centrés sur une normalisation des relations entre juifs et palestiniens alors que les seuls problèmes sont internes à la société palestinienne. La référence à Israël a en fait, une double finalité : cautionner l’antisémitisme viscéral des innombrables personnes concernées, et l’alimenter, pour ceux qui ne seraient pas encore antisémites. La résolution prochaine du conflit palestino palestinien illustrera en quoi les juifs ont, une fois encore, été faussement tenus comme étant responsables de problèmes auxquels ils sont parfaitement étrangers.
Par Maître Bertrand  Ramas-Muhlbach

1 COMMENT

  1. Les dirigeants mondiaux via l’ONU et l’Unesco n’ont rien compris ou font semblant de croire ce qu’on leur dicte : il y a évidemment deux entités palestinistes, voire plus à Gaza…. et Israël doit faire face non seulement à ces entités mais à ses voisins dont les uns sont en paix froide, les autres pas du tout en relations diplomatiques. Alors avec cela, allez faire quelque chose de juste et d’équitable à part de dire la Vérité sur l’Histoire et que ces dirigeants et les deux machins disent une bonne fois pour toutes où sont les territoires Israéliens, et où sont les territoires palestinistes, et sûrement pas en Israël qui est déjà bien petit!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! mais çà il existe des personnes dont T. Ramadan qui doivent tirer les ficelles. Alors à Israël de contrer en rappelant l’Histoire, ses faits et ses découvertes au grand jour, AU GRAND JOUR ENFIN.

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