Je lis ce matin dans la presse les déclarations émues du Président de la République devant les déportés revenus, présents lors de la commémoration solennelle du 70e anniversaire de la libération d’Auschwitz,
 
« Je sais ce qui vous tourmente : qui parlera des camps, qui parlera de la Shoah quand vous ne serez plus là ? a-t-il interrogé. Je vous fais cette promesse, qui est un engagement : la République française n’oubliera jamais, et avec les documents, les témoignages que vous nous laissez, (…) les textes, les enregistrements (…), alors, nous n’oublierons jamais. »

Beaucoup d’entre nous, les Juifs, lui sommes très reconnaissants de promettre de ne jamais oublier. Bien que, à l’évidence des derniers attentats meurtriers antisémites en France, ce soit un peu tard pour une première visite à Birkenau

« Qui parlera des camps » ?

J’entends cette interrogation depuis que l’on commémore. Cependant je regrette qu’il ait oublié, dans la liste des témoignages et documents qu’il cite, les encore [sur]vivants de leurs héritiers directs que nous sommes, plus particulièrement les orphelins, ceux dont les parents, souvent le lignage entier, ont été exterminés.

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« Qui parlera des camps » ?

La parole de ces héritiers est-elle inaudible, ne vaut-t-elle qu’indifférence ?
Certes, pour la grande majorité de par le monde, nous ne sommes pas historiens, journalistes, politiques, médiatiques à l’un ou l’autre titre, têtes d’affiches, bref, représentatifs de ceux qu’écoutera la vox populi… nous ne sommes que qui nous sommes devenus, voilà sans doute notre seule non-suffisance…

« Qui parlera des camps » ?

Parmi les institutions juives majeures ou plus modestes, nationales et internationales, parmi celles et ceux qui, tel Lanzmann, depuis 50 ans, se sont donné comme impératif d’occuper leur vie à faire connaître, sous toutes ses formes, orales, écrites, plastiques, artistiques, en relation indéfectible avec l’évolution des idéologies dans l’histoire des humains, ce monstrueux hapax historique, nous ne témoignons que de ça.

© Micheline Weinstein / 28 janvier 2015


http://www.psychanalyse.et.ideologie.fr 

Famille Brzustowski-Zyngier 1 (1) 

extraits d’un album de famille Brzustowski-Zyngier aux pages « arrachées ». En haut à gauche, le trio rieur expose fièrement l’étoile, en forme d’ultime défi… 

Famille Brzustowski-Zyngier 2

Famille Brzustowski-Zyngier 3

 

Mariage à Lodz  : ils étaient des Princes et des Princesses. Et Papy soldat de la Légion Etrangère, parti « la fleur au fusil » combattre l’Allemagne Nazie, excellents états de service, entre autres, a abattu un Stuka à la D.C.A… Démobilisé, lors de « l’étrange défaite » (voir Marc Bloch, avec cette sorte de démission collective d’un Etat-Major). Préviennent les Juifs de Paris, dès le 10 juillet 1942, au porte-à-porte, sur fuite depuis la Préfecture de Paris, le père à l’accent à couper au couteau, guidé par les 2 enfants dans le métro. Le père, Haïm Icek organise l’escapade de la mère Ruchla Lifcia vers la zone libre, confie les enfants à la concierge et les signale, sur un papier griffonné en français approximatif,  à un médecin juif de l’hôpital Rothschild, Gaston Nora, qui se démènera, malgré les risques redoublés (sa propre famille est cachée dans le Vercors, où son fils Simon s’illustrera comme lieutenant du chef de maquis, lors des combats contre la milice et les Nazis), pour les cacher, durant toute la guerre. Elle est arrêtée et internée au Camp de Poitiers, lui, qui se sait traqué, arrêté dans Paris, en août et interné à Drancy. Ils prendront ensemble le convoi n°32 du 14 septembre 1942 pour « Pitchipoï », allé simple. Ils avaient 37 et 39 ans, les 2 enfants 10 et 8 ans). 

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