Qalamoun : c’est marche ou crève pour Bachar, Nasrallah et Soleimani

Deux prétendants à la victoire sont enfermés en bataille rangée pour un combat fatidique pour la conquête des Monts Qalamoun sur la frontière libano-syrienne : l’armée syrienne d’Assad et son allié du Hezbollah se battent bec et ongles contre l’Armée de la conquête, dont le fer de lance est le Front al Nusra, la branche syrienne d’al Qaïda. Cette bataille a très brusquement atteint des proportions épiques d’un bras-de fer régional crucial, qui aura de terribles conséquences pour l’alliance entre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, en général et pour ses trois instigateurs principaux : le Président syrien Bachar al Assad, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah et leur commandant général, le Général iranien Qassem Soleimani, chef des Brigades Al Qods.

Avec autant d’enjeux en suspens dans la balance, il n’est pas étonnant que le Hezbollah ait diffusé des communiqués confus, concernant la bataille, jusqu’à ce que Nasrallah intercède, le 5 mai, pour dire : « Nous n’avons pas publié de communiqué et n’en publierons pas. Lorsque nous lancerons l’opération sur Qalamoun, cela deviendra évident pour tout le monde ».

Cette opération, cependant, est déjà lancée à plein régime. Pas plus Nasrallah qu’ Assad ou aucun autre ne peut en prévoir l’issue avec certitude, parce qu’un changement radical et imprévu a rpis place dans l’équilibre des forces.Pouir la première fois, en près de cinq ans de guerre civile syrienne, les Etats-Unis se sont alignés sur l’Arabie Saoudite,la Turquie, le Qatar et les Emirats pour livrer des armes lourdes à l’opposition syrienne. Si elles avaient été livrées plus tôt, cette guerre se serait achevée plus tôt et on aurait pu sauver ders centaines de milliers de victimes.

Aussi, après un long silence, les porte-parole importants de l’Administration Obama ont, finalement, exprimé la volonté de pulvériser le régime Assad en raison de ses crimes de guerre haineux.

Vendredi 8 mai, trois porte-parole d’importance ont confirmé, comme « solide et crédible » les rapports affirmant que l’armée syrienne d’ Assad avait repris l’usage d’armes chimiques. Ce sont Robert Malik, Ambassadeur américain à la Haye, devant l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques, le Sous-Secrétaire américain Antony Ninken et l’Ambassadeur américain à l’ONU, Samantha Power.

Ils voulaient « dévoiler » un fait – qui est de notoriété publique dans la région – démontrant que l’armée syrienne du régime Assad avait conservé une partie de son stock d’armes chimiques. Cette révélation met en danger l’accord russo-américain qu’on a tant claironné, conclu entre John Kerry et son homologue russe Sergeï Lavrov, à la fin 2013, qui contraignait Assad à livrer son arsenal chimique, comme étant resté, plus ou moins, lettre morte. 

Arrivant sur les talons de cette première accusation américaine, des inspecteurs de l’organisation internationale ont révélé que des traces de sarin et d’agents inervants VX avaient été découvertes en Syrie, en décembre dernier et en janvier.

Cette nouvelle offensive diplomatique de l’Administration Obama contre Assad survient alors que l’épreuve de force sur le Qalamoun atteint des proportions capitales, après deux semaines de revers cuisants pour l’armée syrienne du régime Assad dans le nord. Cette bordée sévère des Etats-Unis était aussi dirigée contre le Général Qassem Souleimani,qui est responsable de la livraison, par l’Iran, des barils de bombes dotées de chlore, qui sont régulièrement larguées par l’aviation militaire syrienne sur les civils des zones détenues par les rebelles.

Washington a recentré son attention sur ces méthodes de guerre chimique irano-syrienne à partir de deux considérations globales : 

  1. Le mépris cavalier de l’Iran face aux accords et traités internationaux interdisant l’usage d’armes chimiques soulève des questions graves sur la crédibilité de Téhéran et la confiance qu’on pourrait lui accorder, quant au maintien des dispositions prises en vue d’un accord nucléaire complet, dans les négociations actuelles avec les six puissances mondiales. Peut-on croire que l’Iran honorera un engagement quelconque à autoriser les « inspections intrusives » de ses sites nucléaires, que le Président BarackObama a promises comme le fondement de tout accord ?
  2. Le Président Obama vient juste d’adopter tardivement un plan mis en œuvre par certains de ses adjoints au Conseil National de Sécurité : c’est de contraindre les Iraniens à faire un geste en vue d’un accord nucléaire, en exigeant des changements douloureux dans les cercles dirigeants des Gardiens de la Révolution. Le chef du CGRI, Ali Jafari est élevé au rang de « modéré » et de « brave type » du régime, alors que le Général Souleimani, le chef des brigades Al Qods, qui orchestre les opérations subversives extérieures des GR est identifié au « mauvais garçon ».

Jafari devrait aussi obtenir des incitations économiques s’il accepte un accord nucléaire et dénonce Souleimani, en tant que figure de proue des interventions militaires iraniennes en Irak, en Syrie, au Yémen, ce qui présenterait l’avantage supplémentaire de contraindre Téhéran à calmer ses ardeurs dans ces conflits.

L’avenir dira si cette tactique a pu s’avérer efficace. Comme les choses se présentent, en mai 2015, on espère que de saper la réputation de Souleimani affectera le niveau d’implication militaire iranienne en Syrie, en Irak et au Yémen. Une décision de Téhéran de réduire son soutien militaire aux forces armées syriennes et du Hezbollah pourrait les conduire à la défaite dans la bataille de Qalamoun. Ce revers déstabiliserait gravement Assad, Nasrallah et Souleimani. Et c’est pourquoi, l’opposition syrienne et ses appuis ont toutes les meilleures raisons de se lancer à rythme soutenu, en vue d’arracher une victoire dans cette confrontation fatidique.

 DEBKAfile Analyse Exclusive 9 mai 2015, 12:57 PM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

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