Service au sein de prisons: une soldate sur quatre a été victime de harcèlement sexuel. Un nouveau rapport met en lumière la culture troublante du silence dans les forces de l’ordre et les agences de sécurité en tant que femmes soldats, selon des officiers, de nombreux rapports de harcèlement sexuel restent sans réponse

Les chiffres publiés par le contrôleur de l’Etat font froid dans le dos: 38% des soldates qui ont été affectées aux prisons pendant leur service ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel.
Ces chiffres font écho au témoignage d’une ancienne gardienne de prison qui avait révélé avoir été violée par un terroriste, alors que sa hiérarchie était au courant et avait décidé de fermer les yeux.

Le harcèlement dont sont victimes ces soldates va de phrases sexistes à des gestes déplacés de la part de terroristes qui purgent des peines de prison en Israël. Notons aussi que plusieurs faits de harcèlement rapportés sont commis par des supérieurs hiérarchiques de la victime et que dans la majorité des cas les victimes sont des militaires de carrière.

Autres données inquiétantes qui ressortent du rapport: moins de la moitié des personnes ayant déclaré avoir subi du harcèlement s’en sont plaint auprès des autorités compétentes et 70% de celles qui l’ont fait ont constaté que leur plainte n’avait pas été traitée ou l’avait été mais insuffisamment. Et ces chiffres sont encore plus importants lorsqu’il s’agit de harcèlement en ligne, puisque les femmes sont parfois aussi poursuivies jusque sur les réseaux sociaux lorsque les hommes sortent de prison.

Jalaa MAREY / AFP
Jalaa MAREY / AFP La prison de Gilboa dans le nord d’Israël

Aucune plainte de ce genre n’a été traitée entre 2019 et 2022 par les services pénitentiaires au motif que le harceleur était »un prisonnier libéré ».

Le contrôleur de l’Etat dans son rapport reproche à Tsahal et à la police d’avoir mis sous le tapis toutes ces affaires et d’avoir consciemment cherché à les faire oublier.

»Les officiers des renseignements sont les meilleurs amis des prisonniers. Il vaut mieux bien réfléchir avant de venir se plaindre à eux du comportement des prisonniers », témoigne ainsi une victime.

Une autre déclare: »Les services pénitentiaires veulent du calme et font taire les gardiens. On a l’impression que les prisonniers dirigent la prison ».

Les gardiens, en règle générale, ont le sentiment de ne pas être soutenus par leur hiérarchie dans leur travail et dans le rapport de force avec les prisonniers.

מתניהו אנגלמן

Contrôleur d’État Matanyahu Engelman( Photo: Moti Kimchi )

Le contrôleur de l’Etat, Matan Engelman, écrit qu’au vu des conclusions de ce rapport, un tableau inquiétant se dégage quant à la sécurité des militaires de carrière et au défaut de sentiment de sécurité personnelle vécu par certains d’entre eux. Il a noté dans le rapport : « Il n’est pas possible de justifier une réalité dans laquelle un soldat sur quatre conscrits dans la police et le Shin Bet a subi des abus sexuels.

Il a ajouté que le ministre de la Défense, le ministre de la Sécurité intérieure, le chef de la police, le chef des services pénitentiaires et le chef d’Etat-major doivent agir, chacun dans leur domaine, pour corriger les lacunes relevées dans ce rapport dans les domaines de la protection et de la sécurité personnelle des soldates et des soldats.

JForum avec LPH INFO et Ynet

Prison de Gilboa( Photo : Gil Nechushtan, EPA )

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