Généralement à la pointe des dénonciations lorsqu’il s’agit d’épingler les petits arrangements et les affaires chez ses adversaires, le Front national fait preuve d’une étrange réserve face à l’affaire Penelope Fillon. Quand ils se sont exprimés sur le sujet, les piliers de la campagne de Marine Le Pen ont assuré le service minimum et préféré traiter d’autres sujets, là où généralement le FN multiplie les communiqués et les prises de position indignées. Exemple ce jeudi matin sur iTélé avec le directeur de campagne de Marine Le Pen, David Rachline, visiblement plus intéressé par la société de conseil de François Fillon que par les soupçons d’emploi fictif qui pèsent sur son épouse. Et pour cause: le FN a déjà eu à à des scandales similaires.

Interrogé sur les révélations du Canard Enchaîné, qui accuse François Fillon d’avoir versé à son épouse jusqu’à 500.000 euros de salaires pour des activités dont la trace semble difficile à trouver, David Rachline a botté en touche: «Il y a d’autres questions qui se posent…». Face à la journaliste qui persiste sur sa question, le maire de Fréjus a estimé qu’il pouvait s’agir de «boules puantes» qui viseraient le favori de la droite. «Je ne sais pas. C’est vrai que ça peut arriver. C’est vrai que s’il y a des explications qui sont données et qui sont claires, on verra…», a assuré l’élu frontiste, avant de tenter à nouveau de prendre un chemin de traverse. «Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il y a un certain nombre d’autres questions qui se posent…» Une référence à une autre révélation du Canard Enchaîné, qui dévoilait les activités de conférencier-conseil assurées par François Fillon par le biais de la société 2F conseil

La parcimonie de David Rachline a pu se vérifier chez d’autres cadres frontistes, comme le bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, invité mercredi soir sur iTélé. «Pour le candidat auto proclamé de la probité et de l’honnêteté, honnêtement, il y a mieux. Voilà, moi je ne l’accuse pas, je ne l’accable pas, mais simplement il faut donner des explications», a considéré l’eurodéputé, qui préfère lui aussi parler d’autre chose. «On a beaucoup d’autres choses à dire sur François Fillon! Sur son programme, sur le fait qu’il veut la Sécurité sociale, sur le fait qu’il vient de parachuter Nathalie Kosciusko-Morizet dans sa circonscription en or à Paris (…) On a plein de choses à dire autres sur François Fillon qui sont pour le coup au cœur du débat présidentiel!»

Louis Aliot embauché en 2011 par Marine Le Pen

Rien d’étonnant si l’on se rappelle des problèmes rencontrés par les élus FN avec leurs assistants parlementaires: Martin Schultz, ancien président du Parlement européen, avait accusé une vingtaine d’entre eux d’être rémunérés par Bruxelles pour des emplois bénéficiant au parti. «On parle pas du tout de la même chose (…) Pas question d’emploi fictif et pas question de dissimulation du fait que tel ou tel ait été assistant parlementaire, et donc on n’est pas du tout dans le même cas de figure», s’est défendu Florian Philippot.

Autre cas de figure au FN encore plus proche de l’affaire Penelope Fillon: le recrutement de Louis Aliot par Marine Le Pen comme assistant parlementaire. Alors qu’ils sont un couple assumé dans le privé, Marine Le Pen l’avait embauché en juillet 2011 comme conseiller en circonscription Nord-Ouest. Ce dernier percevait plus de 5.000 euros par mois pour un mi-temps, alors que le Parlement européen interdit de salarier des conjoints de députés ou «leurs partenaires stables non matrimoniaux». Marine Le Pen avait alors refusé de considérer Louis Aliot sous l’un ou l’autre de ces statuts et l’avait embauché, en dépit des interrogations des services du Parlement de Strasbourg. «Louis Aliot, il ne vous a pas échappé qu’il est certes compagnon de Marine Le Pen, mais qu’il est aussi vice-président du FN, et qu’il a une activité ancienne politique, au Front national, d’élu. Donc ce n’est pas Penelope Fillon, si vous voulez. Il a une vraie activité et il s’intéresse aux questions européennes depuis très longtemps… On ne peut pas du tout comparer non plus!», a défendu Florian Philippot.

Marc Boni

Le Figaro

1 COMMENTAIRE

  1. On entend que ça sur les radios et télés ,Fillion ,Fillion ,Fillion ,ça fait oublier toutes les connivences de hamon avec les islamo gauchistes .
    Le complot du silence .
    Qu’il en profite ,il tombera de haut !!

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