Pompeo à Jérusalem, après retrait précipité des troupes. Vidéos

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Havre dans la tempête de sable moyen-orientale, Israël reste le point d’ancrage le plus sûr, sur le plan diplomatique, militaire et en matière de renseignements, pour les Etats-Unis, dans cette partie du monde, que Donald Trump trouve trop houleuse pour s’y aventurer, dans la plupart des conflits en cours. On sait que l’Armée U.S dissimule des stocks d’urgence dans les entrepôts israéliens, qui puissent la ravitailler, à la moindre situation d’alerte. Il en va de même de la coordination entre les deux Etats-Majors et de l’échange constant entre les services de renseignements.

Il est, en particulier, question que les Etats-Unis retirent leur stock de 50 bombes thermonucléaires B61, encore présent sur la base d’Incirlik, que l’Amérique considère comme “pris en otage” par le dictateur turc ; voire du déplacement des havres de la Vè Flotte et du Central Command américain à Al Udeid, au Qatar, grand allié de la Turquie… 

 

On sait aussi que Pompeo, à titre personnel, ne partageait pas tout de l’analyse de Donald Trump qui a mené au retrait désordonné (voir vidéo russe ci-dessous) des forces américaines du Nord-Est de la Syrie. De même que le Pentagone s’y est opposé, en mesurant le risque d’un déclassement de l’alliance américaine au Moyen-Orient, aux yeux de l’ensemble des acteurs régionaux.

La tournée de Pompeo vient donc, à la fois, rassurer les esprits échauffés par le lâchage des Kurdes, et envisager le redéploiement des forces, tel que l’envoi récent de 3.000 marine supplémentaires, solidement équipés, en Arabie Saoudite, afin de relever le gant de la menace globale iranienne. Cet étoffement du dispositif passe par l’activation de la logistique installée dans les bases secrètes en Israël.

En d’autres termes, les Etats-Unis, même au travers de leur engagement aux côtés des forces kurdes,  se sentaient pris dans un engrenage susceptible de se retourner contre eux, du fait des fluctuations d’alliances aux Moyen-Orient, dans ces pays à risques que sont la Turquie, le Qatar, et sûrement d’autres “points faibles”, sujets à possibles retournements. En revanche, Israël leur offre un éventail de disponibilités pour repenser leur stratégie globale, tout en laissant la Russie, l’Iran et la Turquie à leurs imbroglios, discutés à travers la “Conférence d’Astana”.

De son côté, Israël, en conflit larvé avec Ankara, mais maintenant des échanges commerciaux avec la Turquie, peut jouer un rôle diplomatique et au-delà, dans la préservation des intérêts du peuple kurde, auprès de ses différents partenaires :  comme les Etats-Unis (au Congrès notamment), et la Russie, grâce aux relations toujours bonnes avec Poutine. Lequel vient d’être bombardé dans le rôle du good cop-bad cop, entre le marteau turc et l’enclume kurdo-syrienne.

On se souvient aussi, récemment, en juin dernier, des échanges tripartites entre Moscou, Washington et Jérusalem, par la réunion de leurs trois Conseillers à leur Sécurités Nationales respectives, John Bolton (à l’époque), Nikolai Patrushev et Meir Ben-Shabbat, à l’Orient Hotel, 3 Emek Refaim St, Jérusalem, 91999, Israël. Cette médiation israélienne, acceptée par les 2 grandes puissances qui comptent, continuera de jouer en coulisses, un rôle primordial au Moyen-Orient. 

L’Iran, quant à lui, cherche toute opportunité de profiter du retrait américain, pour traverser la frontière Irak-Syrie à hauteur des terres kurdes, comme de la partie sud-Est de l’Euphrate, près de Deir-Ez Zor, Abu Kamal, etc. Ce “redéploiement” (pour ne pas trop évoquer la notion sentimentale “d’abandon” bien réel) préoccupe donc très justement Jérusalem, qui, dans le même temps, a démultiplié les frappes contre les milices chiites irakiennes inféodées à Téhéran. A ce qu’on en sait, à cette heure, les forces américaines retirées de la frontière turco-syrienne sont toujours présentes à la frontière irako-syrienne et jouent, involontairement ou non, toujours un rôle-filtre… La partie est donc plus serrée que jamais, sans qu’on ait besoin de soulever explicitement toutes les cartes…

Le désordre que sème ce retrait américain se mesure à la hâte filmée par les sites russes : 

Une vidéo mise en ligne par le site d’actualité Anna, largement favorable au Kremlin, montre les détritus, réserves de coca-cola, déjeuners inachevés, lits à peine défaits, équipements de sport, laissés par le soudain retrait américain dans la précipitation : boîtes de chips Pringle, copies usées de romans à succès, boissons non alcoolisées, paniers de basket, poids et altères …

Qu’on le soutienne ou non, le rythme des  ordres et changements brusques d’orientation et d’humeur de Donald Trump provoquent une perte de repères au sein des intendances, qui sont un signe patent de la bonne tenue et de l’honneur des armées…

 

L’influence de la Russie après divers retraits des États-Unis hors du Moyen-Orient  (Irak- Syrie…) n’a pas été particulièrement bénéfique pour Israël, car Moscou n’a ni la capacité ni l’envie de contrer les menaces auxquelles l’État juif est confronté, à savoir l’Iran et ses supplétifs.

Il est peu probable que cette tendance change dans un avenir proche, même si quelqu’un d’autre entre à la Maison-Blanche en 2020. En l’absence d’infrastructures ou de partenariats actifs en Syrie, les États-Unis se livreraient à une bataille difficile pour s’installer de manière stratégique dans ce pays, ce qui représenterait une démarche difficile à faire approuver par n’importe quel électorat de ce pays.

Donc, Israël continuera probablement dans sa lutte contre l’Iran en Syrie, mais avec moins de soutien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a peut-être vanté le potentiel d’un traité de défense mutuelle avec les États-Unis, avant les élections du mois dernier, mais il a corrigé les faits la semaine dernière en ce qui concerne les attentes d’Israël en matière d’assistance militaire directe.

«Comme en 1973, nous apprécions beaucoup aujourd’hui le soutien important des États-Unis… En même temps, nous nous rappelons toujours et appliquons la règle de base qui nous guide : Israël se protégera seul contre toute menace », a déclaré Netanyahu. lors d’une cérémonie commémorative de la guerre de Kippour.

Un ancien conseiller de sécurité nationale de Netanyahu Yaakov Ya’acov Amidror a expliqué que, bien qu’Israël peut porter le fardeau sans présence des États- Unis en Syrie, ce retrait est toujours un coup porté aux campagnes de Jérusalem contre l’Iran et ses objectifs de politique régionale en général.

 

Marc Brzustowski pour JForum.fr

MIKE POMPEO DÉBARQUE EN ISRAËL POUR RENDRE VISITE À NETANYAHU

Pompeo est arrivé en Israël depuis la Turquie, où il s’est entretenu, aux côtés du vice-président américain Mike Pence, avec le président turc Tayyip Erdogan et lui a demandé de cesser d’attaquer les Kurdes.

PAR TAMAR BEERI
 18 OCTOBRE 2019 05:44

 

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo arrive en Israël.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo arrive en Israël.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a atterri jeudi soir à l’aéroport Ben Gurion en Israël.

Il a rencontré l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, et le chef du bureau de l’Amérique du Nord au ministère des Affaires étrangères israélien, l’ambassadeur Zvi Aviner.

Il est venu vendredi pour une réunion avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au cours de laquelle il a l’intention de “discuter de l’évolution de la situation en Syrie et de la nécessité de continuer à lutter contre le comportement déstabilisateur du régime iraniendans la région”, a annoncé mercredi le département d’Etat.

Pompeo est arrivé en Israël depuis la Turquie, où il s’est entretenu, aux côtés du vice-président américain Mike Pence avec le président turc Tayyip Erdogan et lui a demandé de cesser d’attaquer les Kurdes.

La nouvelle a été annoncée au lendemain de la décision des États-Unis de renvoyer des troupes du nord-est de la Syrie et avant que les États-Unis et la Turquie, selon Pence, ne convienne d’un cessez-le-feu dans le pays.

Pompeo a déclaré mercredi que le retrait américain de la Syrie n’avait pas mis Israël en danger.

“C’est bon d’être aujourd’hui en Israël et je suis ravi de rencontrer et de discuter d’un éventail de questions importantes, notamment les développements régionaux et les menaces, ainsi que de la sécurité du plus proche allié et partenaire de l’Amérique”, a écrit Pompeo sur Twitter peu après son arrivée.

Secretary Pompeo
@SecPompeo
Good to be in #Israel today and look forward to meeting and discussing a range of important issues, including regional developments and threats, and the security of America’s closest ally and partner.

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12:08 AM · 18 oct. 2019Twitter Web App

“Honoré d’accueillir le secrétaire Pompeo en Israël immédiatement après ses efforts diplomatiques fructueux avec le vice-président Pence en Turquie”, a écrit Friedman sur Twitter peu de temps après. “Dans l’attente d’une visite importante.”

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Tovah Lazaroff a contribué à ce rapport.

1 COMMENT

  1. Cessons de voir la bouteille à moitié vide ! En fait, elle est pratiquement pleine !
    Imaginons, une seconde… Imaginons, hein ?, que ce fut Hilary, la Clinton, qui fut élue au bureau ovale !!
    Où en serions-nous aujourd’hui ?
    En guerre totale, et procédure d’annihilation, sous l’œil passif de la plupart des Nations, fourgant de l’armement à tous et à tout va, avec sans doute un “leger” harcèlement de quelque nation arabe, celles mêmes qui recherchent notre assistance depuis 2 ans…
    La seule ombre au tableau ? Cette tension a suscité des outsiders aux commandes du pays, des passionnés de la gloire, prêts à sacrifier beaucoup pour parvenir au premier poste.
    C’est déjà arrivé, dans l’histoire de la nation juive.
    On y a toujours laissé des plumes… Beaucoup de plumes.

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