Pouvons-nous sauver des vies et l’économie à la fois ? Des scientifiques israéliens y répondent : « Oui »

Un homme juif ultra-orthodoxe parle à un policier israélien après que la police l'ait sorti d'une synagogue avant de la fermer, car ils imposent des restrictions de verrouillage partiel contre la maladie à coronavirus (COVID-19) dans le quartier Mea Shearim de Jérusalem le 30 mars 2020. ( crédit photo: RONEN ZVULUN / REUTERS)
Un Juif Haredi (ultra-orthodoxe) parle à un policier israélien après que la police l’a sorti d’une synagogue avant de la fermer, car ils appliquent les restrictions d’un verrouillage partiel contre la maladie à coronavirus (COVID-19) dans le quartier de Mea Shearim de Jérusalem le 30 mars 2020. (crédit photo: RONEN ZVULUN / REUTERS)

 

 

Mettre tout le monde en quarantaine n’est pas une solution satisfaisante.

Une stratégie contre le coronavirus qui sauve des vies et l’économie en même temps peut-elle être mise en œuvre ? Selon deux informaticiens de l’université hébraïque de Jérusalem, la réponse est clairement oui.

Les professeurs Amnon Shashua et Shai Shalev-Swartz, occupent respectivement les postes de PDG et de directeur technologique chez Mobileye. La Start-up Israélienne, qui développe de la technologie pour les voitures autonomes, a été acquise par Intel pour plus de 15 milliards de Dollars.

Ils ont publié leur proposition avec le CBMM (Centre pour le Cerveau, l’esprit et les Machines ou center for Brains, Minds and Machines) à l’institut McGovern des recherches sur le cerveau du MIT.

Ils travaillent actuellement avec le gouvernement Israélien pour pousser leurs expériences plus loin afin de prouver leur théorie, raconte Shelev-Shwartz au Jerusalem Post. Si les résultats sont positifs, comme ils l’espèrent, leur plan pourrait constituer une partie de la stratégie de sortie face à l’urgence du coronavirus, dit-il.

Shalev-Shwartz explique pourquoi des informaticiens travaillent sur ces questions qui sembleraient plus s’adresser aux épidémiologistes.

« Le type de réflexion que les informaticiens développe doit effectivement traiter avec de multiples incertitudes », a-t-il déclaré. « Nous avons une méthodologie pour gérer l’incertitude en la confrontant au pire type d’analyse. Cela signifie que nous formulons une hypothèse très basique, et sur cette base, nous identifions le pire des scénarios. Si le pire des scénarios n’est pas trop catastrophique, alors tout va bien ».

Cette caractéristique du raisonnement des informaticiens est devenue utile pour faire face à l’urgence du coronavirus, a déclaré Shalev-Shwartz.

« C’est un nouveau virus, et nous n’en savons pas encore assez sur lui, » dit-il au Post. « Mais depuis que nous avons les moyens de faire face à l’incertitude, nous pensons que nos outils mathématiques peuvent être utiles. »

Shalev-Shwartz and Shashua ont basé leur stratégie sur l’observation que le virus est très dangereux pour certaines personnes, tandis qu’il ne l’est pas pour d’autres.

A cause de cette observation, l’idée de placer tout le monde en confinement n’est pas une solution adéquate selon Shalev-Shwartz.

« Ce qu’on obtient avec cette solution est l’aplanissement de la courbe, ce qui est bien pour éviter la surcharge du système de santé » a-t-il déclaré. « Cependant, cela ne réduit pas la mortalité. Cela ne fait que propager le nombre de morts dans le temps. »

Leur stratégie est basée sur la différenciation des mesures à prendre pour le groupe à haut risque et pour le groupe à faible risque dans un plan en deux phases, a déclaré Shalev-Shwartz.

« Dans la première phase, la population à faible risque, les personnes de moins de 65 ans et sans pathologie préexistante, peuvent reprendre une vie normale, tandis que la population à haut risque reste à la maison », a-t-il déclaré. « Dans un délai d’environ un mois, la population à faible risque deviendra immunisée contre le virus car la plupart d’entre elle sera infectée. »

« Beaucoup ne le remarqueront même pas, certains auront des effets mineurs et peu subiront des effets graves. De cette façon, la société développera ce qu’on appelle l’immunité collective, avec des personnes qui ne seront plus capables d’infecter les autres ni d’être infectées par le virus. »

Une fois cet objectif atteint, la population à risque pourra reprendre une vie normale « car si le reste de la population est immunisé, il n’y aura pas de pandémie même si les personnes âgées sont dehors », a-t-il ajouté.

Leur théorie ne représente pas simplement un moyen de ralentir la progression du COVID-19, a déclaré Shalev-Shwartz.

« Il s’agit d’une solution complète au problème car si la stratégie est adoptée, le taux de mortalité global sera beaucoup plus faible », a-t-il déclaré.

Selon Shalev-Shwartz, la solution fonctionne sous deux aspects essentiels.

« Nous pouvons fournir à ceux qui décident un modèle mathématique pour obtenir le nombre maximal de cas graves parmi la population à faible risque dans la première phase afin qu’ils puissent décider si le système de santé peut prendre soin d’eux en soins intensifs”, a-t-il déclaré. “Le plan n’est viable que si c’est possible. »

En outre, une séparation stricte entre la population à haut risque et celle à faible risque doit être maintenue, y compris pour les individus des deux groupes vivant sous le même toit, a déclaré Shalev-Shwartz.

« Je pense qu’on peut trouver des solutions logistiques », a-t-il déclaré. « La population doit collaborer. Mais je pense qu’elle le ferait (plus facilement) parce que nous parlons de personnes mises en quarantaine pour protéger leur propre santé. »

Le gouvernement a pris la bonne décision en imposant un confinement général du pays, a déclaré Shalev-Shwartz, car lorsque l’urgence a commencé à apparaître, il était important « d’arrêter et d’y réfléchir ».

« Cependant, nous devons maintenant comprendre comment mettre fin au confinement », a-t-il déclaré. « Je pense que la mise en place de l’immunité collective est une bonne idée, mais cela doit être fait de manière sécurisée. »

Cela ne signifie pas ne pas se soucier du nombre de personnes qui vont mourir ou simplement de comment protéger l’économie, a déclaré Shalev-Shwartz.

« L’un des messages importants que nous essayons de transmettre est que ce n’est pas un compromis entre l’économie et la sécurité de la population », a-t-il déclaré. « Nous pensons que notre proposition sera non seulement bonne pour l’économie, mais qu’elle sauvera en fait plus de vies qu’une stratégie uniforme pour l’ensemble de la population. »

« Nous ne sommes pas en contact avec le gouvernement et nous ne menons pas d’autres études », a déclaré Shalev-Shwartz. « Nous espérons obtenir les résultats en moins de deux semaines, juste après Pessah. Nous voulons être prudents. Mais s’ils sont d’accord avec nous, ce plan pourrait peut-être être un élément important de la stratégie de sortie de la quarantaine en Israël. »

jpost.com

 

Adaptation : Lara Brzustowski

2 Commentaires

  1. Je trouve cette idée lumineuse .

    Beaucoup de logique .

    On pourrait penser qu’avec la mise en quarantaine les populations ont fait des économies .

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