Panama ‘papers’: Que savait exactement le Département américain du Trésor, quand l’a t-il su?

Pourquoi a t-il couvert ces manigances?

Il y a plus de questions que de réponses, au moins jusqu’à présent, dans les fuites de documents dont on dit qu’ls seraient au nombre de 11, 5 millions, en provenance d’un cabinet d’avocat panaméen incroyablement corrompu.

Les premières perles glanées de ces « papers » ont déjà provoqué la chute du Premier Ministre d’Islande, pris ostensiblement dans un conflit d’intérêts avec les banques du pays qui onbt aidé à faire face ) la crise financière mondiale. Jusqu’à présent, plus de soixante-dix chefs d’Etat ou de gouvernements, actuels ou anciens, sont impliqués dans l’affaire globale.

Selon les résultats publiés partiellement par le Consortium internationale des Journalistes d’Investigation, qui est lui-même une bien mystérieuse « nouvelle alliance » rassemblée de journaux triés sur le volet pour être « à gauche », dans le monde entier [avec l’action concertée de mouvements appartenant au Milliardaire George Soros], les documents enregistrés comprennent trois douzaines d’entités qui sont sur les listes noires des Etats-Unis.

Panama Canal.

Panama Canal.

Pourquoi ce groupe de journalistes refuse t-il de diffuser tous les documents? Ils comportent, visiblement, tout et tout le monde, depuis les barons de la drogue mexicains aux groupes terroristes et aux Etats sous régime de sanctions comme la Corée du Nord et l’Iran.

On ne peut pas dire que ce sont exactement des nouvelles fraîches que de dire que des chefs d’Etats et de gouvernements autour de la planète ont plongé le public dans l’ignorance de leurs manigances tordues, certaines fois, encore plus profondément, comme dans l’énorme scandale financier en Malaisie qui est en train d’éclore. Là, nos collègues du Wall Street Journal rapportent la disparition mystérieuse d’un bon milliard de $, sur le compte personnel du Premier Ministre Najib Razak, assurant ainsi à ses débiteurs que ses chèques ne resteront pas sans provision.

On nous assure que les comptes en banque à l’étranger ne sont nécessairement destinés à servir à l’évasion fiscale. Mais personne ne semble en mesure d’expliquer à quels autres usages valables ils pourraient bien servir. Les autorités des impôts en Australie, Nouvelle Zélande et au Royaume-Uni en sont venus à la même conclusion depuis qu’elles ont déjà annoncé qu’elles examinent minutieusement la grosse carambouille panaméenne.

Une grande question se pose à nous, cependant, sur laquelle, jusqu’à présent, personne n’avance la moindre spéculation. Comment se fait-il que tout ceci se passait tranquillement au Panama, visiblement à une échelle où il devbient difficile de croire que les locaux n’étaient pas au courant, et durant une telle période de temps, sans jamais attirer l’attention ni provoquer l’intervention des autorités du Trésor américain? Jusqu’à cette heure, aucun Américain prédominant n’est impliqué. Mais avec le volume de cette documentation, on ne peut pas imaginer qu’il n’y a pas très longtemps à attendre avant que ça n’arrive. [NDLR : 2 milliardaires américains sont déjà identifiés dans les « papers », mais surtout, plus de 200 sociétés-écrans résidant à Miami, en Floride et débouchant directement sur la société Mossack-Fonseca]

Et la raison pour laquelle on est en droit de se le demander, c’est que les Etats-Unis et le Panama nourrissent une longue et intensive collaboration depuis des siècles. Si on remonte à 1846, un traité entre la Colombie et les Etats-Unis obligeait Washington à maintenir sa « neutralité » sur le département colombien de Panama en échange de l’autorisation de transit à travers l’Isthme.

Les Panaméens ont déjà une longue histoire d’insurrection armée contre le gouvernement fédéral de Bogota, dans l’une de ses dernières périodes d’instabilité, les Etats-Unis en 1885 ont pris d’assaut la ville panaméenne de Colón pour faire face à une occupation chilienne de la Ville de Panama. Les Latino-Américains spéculaient, à l’époque, que Washington s’était mis en mouvement en vue d’une annexion de l’île, mais ce n’est pas arrivé. 

En 1903, quand le Parlement colombien a rejeté un Traité avec les Etats-Unis visant à donner à Washington les droits de continuer à construire un Canal entre les deux Océans que les Français [les bâtisseurs du Canal de Suez] avaient commencé et ne pouvaient pas terminer, les Américains se sont tournés vers un soutien sans réserve aux Independistas panaméens.

L’extraterritorialité de la Zone du Canal U.S qui a été créé,a finalement été abandonnée par le Président Jimmy Carter en 1977, au cours d’une controverse essentiellement interne aux Etats-Unis d’Amérique.

Mais une décennie plus tard, le Président H.W Bush est intervenu pour détrôner un nouveau dictateur corrompu, Manuel Noriega. Washington a toléré les opérations de facilitation du trafic de drogue de Noriega, mais quand il a pris des orientations politiques pro-Cubaines et pro-Soviétiques en Amérique Centrale et a volé l’élection présidentielle remportée par ses opposants, les Etats-Unis ont fait ce qu’il fallait pour le renverser, malgré toutes les protestations à travers l’Amérique Latine et les Nations-Unies.

Dès qu’une entreprise chinoise de Hong-Kong ayant des relations étroites avec Pékin a acquis les droits de manutention des cargaisons aux deux bouts du Canal, une fois encore la consternation de certains stratèges américains a été totale.

Cette brève révision historique pose la question : avec le genre de relations traditionnelles militaires, commerciales et civiles avec le Panama, Le Trésor américain pouvait-il ne pas être au courant de ces manigances de ce paradis fiscal, dont certaines parfaitement illégales, et s’il ne les a pas réprimées lourdement, pourquoi ne l’a t-il pas fait? Pourquoi a t-il couvert ces irrégularités flagrantes?

Sol W. Sanders, (solsanders@cox.net), est rédacteur et contributeur du WorldTribune.com et Geostrategy-Direct.com.

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Adaptation : Marc Brzustowski

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By Sol W. Sanders

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