« À partir de quel moment c’est court ou long ? Soigné ou pas ? »

L’entreprise Securitas Transport Aviation Security (Stas) prise à son propre piège, pour avoir négligé la dangerosité de certaines de ses recrues, et d’avoir comme beaucoup d’autres en France fermé les yeux les risques potentiels à la suite d’embauches de personnes plus ou moins radicalisées qui s’empressent d’utiliser les failles de la démocratie pour mieux la détruire par la suite. Après les arrestations de bagagistes voleurs, voilà que l’on ouvre enfin le dossier des agents à fort potentiel d’insécurité, qui pourraient bien laisser passer certains terroristes par complaisance.

La question n’était pas posée chez un barbier, mais par un conseiller des prud’hommes de Bobigny, hier matin, à l’avocat de l’entreprise Securitas Transport Aviation Security (Stas), Benoît Dubessay. « Si je puis me permettre, rétorque l’avocat un peu embarrassé devant le conseiller barbichu, vous arborez vous-même un bouc court. » Les barbes de quatre anciens salariés musulmans assis dans le public étaient et restent, elles, non conformes.

Clairsemées ou fournies, longues d’une dizaine de centimètres au plus, ces pilosités faciales sont devenues indésirables après les attentats de novembre, au point de provoquer des licenciements pour faute grave. Ces trentenaires, qui vivent en Essonne et en Seine-Saint-Denis, étaient affectés aux postes de filtrage des passagers depuis neuf et dix ans à l’aéroport d’Orly. Tous habilités par la préfecture et le procureur à travailler en zone réservée. Mais dans la foulée du 13 novembre, une vingtaine de salariés barbus ont été convoqués par la direction afin d’être rappelés au « référentiel vestimentaire ». Ce texte interne prévoit que « le visage soit rasé de près, les boucs taillés et soignés ».

« Ces salariés ont dit qu’ils ne s’y conformeraient pas parce que cela portait atteinte à leur liberté religieuse », assure l’avocat de l’entreprise. Dans la salle, un salarié tique : « J’ai taillé ma barbe, mais cela n’a pas suffi », explique-t-il en marge de l’audience. « Leur barbe ne s’est pas mise à pousser le 13 novembre ! conteste leur avocat, MeEric Moutet. La peur liée aux attentats est légitime, mais dire à quelqu’un :Ce que j’ai toléré hier, je ne le tolère plus aujourd’hui, c’est de la discrimination, alors qu’ils n’ont jamais posé de problèmes particuliers. »Et coup de théâtre, il sort son téléphone pour montrer la photo d’un autre employé de Securitas barbu, croisé le week-end dernier à l’aéroport et reconnu par ses collègues. « Pourquoi celui-ci continue à travailler et ceux-là sont-ils licenciés pour faute grave ? » interroge l’avocat, qui réclame le paiement des journées de travail empêchées et une provision de 5 000 € pour discrimination. Le jugement est attendu le 17 juin.


Aéroport d’Orly : Bachir, licencié à cause de… par leparisien

Jforum.fr – Le Parisien

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