La nuit dramatique qui menace de démanteler le régime iranien de l’intérieur et de l’extérieur.
De violents combats ont éclaté en mer Rouge lorsque les forces du CENTCOM ont déjoué une tentative iranienne de poser des mines navales pendant les négociations et ont bombardé des batteries de missiles à Bandar Abbas. Parallèlement, des affrontements ont été signalés entre les Gardiens de la révolution et des manifestants en Iran. Selon des informations provenant d’organisations d’opposition et d’Iran International, au moins 7 à 9 personnes ont été tuées, principalement à Téhéran, Ispahan et Tabriz.

Le Commandement central américain (CENTCOM) a mené hier (lundi) d’importantes frappes d’« autodéfense » dans le sud de l’Iran, coulant deux navires des Gardiens de la révolution pris en flagrant délit de pose de mines marines dans le détroit d’Ormuz, alors bloqué. En représailles, les Iraniens ont lancé des missiles sol-air sur des avions de chasse américains, provoquant un bombardement massif des États-Unis et la destruction d’une batterie de missiles sur la base militaire de Bandar Abbas. De fortes explosions ont également été entendues dans les régions de Sirik et Jask. Les porte-parole du CENTCOM ont précisé que l’armée avait agi avec retenue, conformément aux termes du cessez-le-feu, mais qu’elle n’hésiterait pas à défendre ses forces.
L’escalade sur le terrain n’a pas freiné les ambitions diplomatiques grandissantes du président Donald Trump, qui a profité du week-end pour durcir considérablement ses exigences. Trump ne se contente plus d’un simple accord pour mettre fin à trois mois de guerre et rouvrir les voies maritimes, mais exige désormais que le cessez-le-feu soit conditionné à une normalisation historique des relations entre Israël et les pays du Moyen-Orient. Cette initiative constitue une tentative manifeste de Trump pour faire taire l’aile sécuritaire la plus intransigeante de son propre parti, qui a averti qu’un accord au rabais avec Téhéran ternirait son héritage et équivaudrait à une capitulation.
« Les négociations avec la République islamique d’Iran progressent bien ! », a écrit Trump sur les réseaux sociaux, avant de lancer une menace explicite : « Soit ce sera un accord majeur pour tous, soit pas d’accord du tout – et nous serons de retour en première ligne, plus forts que jamais. Personne ne veut ça ! » Trump a même posé une condition stricte concernant l’avenir du programme nucléaire iranien, stipulant que la « poussière nucléaire » – l’uranium enrichi – serait immédiatement transférée aux États-Unis pour y être détruite, ou détruite sur le territoire iranien sous la supervision étroite de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Le nouveau plan politique de la Maison-Blanche est dévoilé après une vague de critiques acerbes adressées à Trump ces derniers jours par des personnalités républicaines de premier plan. Le sénateur Ted Cruz a qualifié les grandes lignes de l’accord d’« erreur désastreuse » rappelant l’accord sur le nucléaire signé par Barack Obama. L’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo a quant à lui publiquement critiqué l’accord, écrivant : « On est loin d’une politique « L’Amérique d’abord ». »
Le président de la commission des forces armées du Sénat, Roger Wicker, a averti qu’un cessez-le-feu de 60 jours rendrait caducs tous les acquis de l’opération en Iran. À l’inverse, le secrétaire d’État Marco Rubio, en visite à New Delhi, a fermement défendu Trump, déclarant aux journalistes que l’engagement du président à empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire était incontestable et qu’un plan solide en trois phases était sur la table.
La tentative de Trump d’imposer l’élargissement des « Accords d’Abraham » et l’intégration de l’Arabie saoudite, du Qatar, du Pakistan, de la Turquie, de l’Égypte et de la Jordanie à une alliance diplomatique avec Israël s’est heurtée à une forte résistance en coulisses. Les responsables à Riyad et à Doha indiquent clairement que, dans le contexte actuel, les chances que ces pays se plient à la demande de Trump sont extrêmement minces.
Les Saoudiens insistent sur le fait qu’ils ne signeront aucun accord de normalisation sans un engagement clair en faveur de la création d’un État palestinien – un objectif qui s’est encore éloigné depuis la destruction de la bande de Gaza lors de la guerre d’octobre 2023 et les deux récents conflits avec l’Iran, qui ont exacerbé les menaces régionales. De hauts diplomates américains, dont Aaron David Miller, ont qualifié l’exigence de Trump d’« espoir illusoire », totalement déconnecté de la nouvelle réalité du Golfe persique, et préviennent qu’une normalisation des relations à ce stade provoquerait une immense colère populaire dans les pays arabes.
Parallèlement, de violents affrontements ont éclaté dans la nuit dans plusieurs villes iraniennes entre les forces des Gardiens de la révolution et des manifestants et opposants au régime. Les forces de l’ordre ont utilisé des balles réelles, des gaz lacrymogènes et des canons à eau à haute pression.

Malgré les violents échanges de tirs et les obstacles politiques, les marchés mondiaux réagissent avec un optimisme sans précédent et estiment que la guerre touche à sa fin. Les cours mondiaux du pétrole ont chuté dès l’ouverture des marchés asiatiques. Le prix du brut américain a plongé de plus de 6 %, perdant 5,90 dollars, pour clôturer à 90,73 dollars le baril, après une baisse de 6,5 % la veille.
Ces fortes baisses ont fait suite à un article du quotidien japonais Nikkei, selon lequel Washington et Téhéran envisagent sérieusement un plan visant à rouvrir complètement le détroit d’Ormuz – considéré comme une voie de communication énergétique mondiale cruciale – à la libre circulation des pétroliers dans les 30 jours suivant la signature d’un accord formel de fin de guerre. En échange de l’ouverture du détroit et du démantèlement des installations d’uranium, les États-Unis devraient lever intégralement le blocus naval imposé aux ports iraniens, une mesure susceptible de mettre un terme à l’une des crises énergétiques et inflationnistes les plus graves de l’histoire moderne.
Les affrontements ont éclaté dans un contexte de frustration populaire face à la situation économique désastreuse, à l’inflation galopante et à l’impasse des négociations avec les États-Unis. Les Gardiens de la révolution se sont présentés comme des « bandes armées » et des « agents étrangers », mais l’opposition y voit une preuve supplémentaire de la répression violente du gouvernement.
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