La Juste, Odile Dubergey, sauveuse des Polnareff, est décédée
17 janvier 2021

Cette citoyenne de Nérac (Lot-et-Garonne) âgée de 97 ans revendiquait sa participation à la réalisation de faux papiers fournis à de nombreux Juifs durant l’Occupation, dont la famille de Michel Polnareff. Elle avait reçu à ce titre la Légion d’Honneur en 2008 et candidaté à l’inscription comme Juste parmi les Nations. Ses obsèques ont lieu lundi à Nérac.

« Bien sûr cette distinction me fait plaisir. Mais je ne suis pas aussi enthousiaste que si je l’avais eu il y a trente ans. C’était il y a trente ans que j’aurai dû l’avoir, à une période où des personnes que j’ai pu aider étaient encore là pour témoigner. Aujourd’hui, j’ai 84 ans et il n’y a plus personne. Alors oui, je suis contente, pour mes petits-enfants. Mais moi j’en avais fait mon deuil », tel était le témoignage d’Odile Dubergey (Odile Perella de son nom de jeune fille) alors qu’elle venait d’être élevée chevalier dans l’ordre de la Légion d’Honneur en 2008. Un membre de sa famille nous a fait savoir qu’Odile Dubergey est décédée cette semaine à l’âge de 97 ans.
La Légion d’honneur lui avait été accordée en témoignage de la reconnaissance de la Nation pour des faits qui remontent aux années de l’Occupation allemande, lorsque la jeune Odile Perella a sauvé des vies en faisant de faux papiers, étant alors au service comptabilité et aux cartes d’alimentation de la mairie de Nérac. Ce sont 117 personnes qui auraient bénéficié de ces faux papiers. Des Juifs parmi lesquels, les parents de Michel Polnareff, qui est né à Nérac en 1944.
L’artiste s’était d’ailleurs déplacé en juin 2007 à Nérac pour remercier Odile Dubergey. « Il est vrai que cette distinction, je l’ai toujours voulue. Mais chaque fois, malgré des personnes influentes pour m’aider, cela échouait. Je n’étais jamais dans le bon contingent. Aujourd’hui c’est une réalité », commentait encore Odile Dubergey à propos de la Légion d’honneur en 2008.
Odile Perella-Dubergey avait également déposé un dossier – le numéro 17862 – pour l’obtention de la médaille des Justes parmi les Nations. Elle devait être nommée Juste à la fin de l’année 2008 à Paris. Gilbert Tordjman, président de la communauté juive du Lot-et-Garonne et ministre du culte, lui en avait fait la promesse d’après notre journal, lors d’une cérémonie où elle s’est vu remettre son diplôme d’inscription au consistoire central de France.

Mais son nom ne figure pas sur les listes de Justes parmi les nations que nous avons pu consulter. « C’est encore Raymond Pichon (commissaire de police à Nérac à partir de 1941 dont le nom figure dans la liste des Justes parmi les nations du comité Yad Vashem) qui fournit des faux papiers réalisés par Odile Perella, employée à la mairie de Nérac, à Leib Polnareff, réfugié Juif de Paris. Son fils, Michel Polnareff naîtra à Nérac le 3 juillet 1944 », peut-on toutefois lire sur un site spécialisé (ajpn.org). « La communauté juive du Lot-et-Garonne lui a remis un diplôme il y a quelques années, ainsi qu’une association qui travaille aussi sur le sujet des Justes », précise Gabriel Tordjman, le rabbin de la synagogue d’Agen.
La famille nous fait savoir que les obsèques d’Odile Dubergey auront lieu au temple protestant de Nérac lundi 18 janvier, à 11 heures.
Source :
https://www.petitbleu.fr/2021/01/17/odile-dubergey-sauveuse-des-polnareff-est-decedee-9316365.php

Michel Polnareff est russe du côté de son père, et breton du côté de sa mère, dont la famille est originaire de Lennon (Finistère). Il a aussi des attaches à Port-Launay et à Loctudy.
Michel Polnareff passe toute son enfance dans la musique. Son père Leib Polnareff – Léo Poll – est un compositeur ukrainien qui a écrit des chansons pour Édith Piaf (La Java en mineur, Partance…), Mouloudji ou Yves Montand (Léo Poll fait les arrangements français de la chanson Le Galérien d’après une mélodie populaire russe du début du XIXe siècle).

Léo Poll, de son vrai nom Leib Polnareff (russe : Лейб Полнарев, Leïb Polnarev), né le 23 janvier 1899 à Odessa (Gouvernement de Kherson, Empire russe) et mort le 29 novembre 1988 à Créteil (France), est un musicien français d’origine juive russe. Il est le père du scientifique bulgare Boris Polnarev (Constantinople, 1922- Sofia, 2013) et du chanteur français Michel Polnareff.
Léo Poll arrive en France en 1923. Il compose notamment la musique de chansons interprétées par Édith Piaf (La Java en mineur, Un jeune homme chantait, Partance et On danse sur ma chanson sur des paroles de Raymond Asso), Georges Guétary (À force de t’aimer) ou Danielle Darrieux (Au ciel de Juillet).
Il s’occupe également de l’arrangement de nombreuses chansons. En 1931, il en co-compose deux (J’aime tant tes yeux et Te voir !) pour le film La Bande à Bouboule. En 1942, il met en musique la chanson Le Galérien écrite par Maurice Druon pour laquelle il arrange un air traditionnel russe. Le Galérien sera d’abord interprété par Yves Montand, puis par les Compagnons de la chanson en 1950, Félix Leclerc en 1953, Armand Mestral, Mouloudji en 1958 et aussi par de nombreux autres interprètes.
En tant que musicien, Léo Poll est membre d’un orchestre de jazz et pianiste pour Édith Piaf, Charles Trenet, Jean Sablon ou encore Jacques Tati. Plus tard, il devient éditeur de musique.
Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (59e division).

Source

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.