Obama gêne les relations entre Trump, Poutine et Erdogan, par Kurdes Syriens interposés

 

Trump espère prendre un temps d’avance sur Obama dans la guerre contre Daesh, en donnant l’impulsion à la reprise de Raqqa par les milices pro-Turques, avant la conquête de Mossoul par les Irakiens et Kurdes d’Irak. Obama lui mettrait des bâtons dans les roues en armant les Kurdes Syriens.

ypg

 

Les sources des renseignements militaires de Debkafile révèlent en exclusivité, lundi 14 novembre, qu’une demi-douzaine de longs convois de camions transportant des armes américaines, précipitamment rassemblés par les quartiers-généraux américains à Bagdad, ont traversé la frontière au cours des trois derniers jours, en route pour être livrés aux milices kurdes syriennes du  PYD-YPG et aux Forces Démocratriques Syriennes kurdo-arabe en marche vers Raqqa. Ces livraisons sont ordonnées expressément par le Président Barack Obama, dans un revirement radical quant à son refus depuis cinq ans de livrer de l’armement américain aux combattants kurdes de Syrie, et encore moins des m anti-aériens et anti-tanks.

D’autres convois d’armement sont organisés et prêts à partir pour la même destination.

Qu’est-ce qui a pu provoquer ce changement d’avis brusque et tardif concernant l’armement des combattants kurdes? Nos sources soulignent six sortes de motivations :

1. Se mettre en travers de l’accord pour la Syrie que le Président élu Donald Trump est en train d’élaborer avec les Présidents Vladimir Poutine et Tayyip Erdogan. Obama a choisi la Syrie comme le premier théâtre d’opérations où tenter de court-circuiter la politique étrangère et sécuritaire suivie jusqu’à présent par le Président entrant.

2. Les sources de Debkafile à Moscou et Ankara révèlent que l’accord qui prend forme entre Trump et les dirigeants russe et turc pourrait impliquer que l’armée turque, couverte par le soutien aérien russe, monte une offensive pour reprendre Raqqa des mains de Daesh. Pendant ce temps, les Russes et les Iraniens pourraient liquider la bataille en cours pour vaincre les rebelles syriens qui maintiennent encore leurs positions dans l’Est d’Alep.

3. La date-limite qu’ils se sont fixée pour la conqupete de Raqqa se situe à la mi-janvier 2017, juste à temps pour l’investiture de Donald Trump en tant que Président et bien avant la défaite définitive de Daesh à Mossoul en Irak. L’équipe stratégique de Donald Trump estime que le Plan d’Obama pour reprendre Mossoul s’oriente vers un fiasco, parce que l’e irakienne, après quatre semaines de combats, est toujours retenue par la résistance de Daesh qui l’empêche de réaliser une percée dans la ville (NDLR : de 3 millions d’habitants-civils).

Trump espère donc prendre Obama de vitesse dans la guerre contre Daesh en permettant la conquête turque de Raqqa, avant même qyue lui-même entre au Bureau Ovale. Obama, conscient de ces stratagèmes, a décidé de mettre des bâtons dans les roues de son successeur.

4. Le Président élu a disposé des officiers américains à la retraite dans les provinces kurdes en Syrie et en Irak, qui jouent le rôle d’émissaires en vue de rapports en temps réels sur place.

5. Dotés d’un armement américain, les Kurdes de la milice de l’YPG – dont les effectifs se chiffrent à 45.000 hommes de troupes, sont bien capables de surpasser un rôle quelconque de l’armée turque dans la conquête de Raqqa – et cela si jamais Erdogan décide de disperser une partie des forces armées qu’il a déployé en Syrie et en Turque au bénéfice de l’opération anti-Daesh. [Cela, on ne le saura qu’à partir du tournant qui se joue en ce moment à Al Bab, ancien fief de Daesh : soit Erdogan choisit de renforcer les rebelles d’Alep et de contrarier Assad, l’Iran et Poutine, soit de foncer sur Raqqa, pour se confronter à Daesh comme aux YPG kurdes. A priori, ce calcul semble plus rapide à faire en s’attaquant aux Kurdes, plutôt qu’aux Russo-Irano-Syriens].

Erdogan pourrait bien être dissuadé d’adopter cette mesure (sur Raqqa) s’il réalise que l’armée kurde, dont le niveau d’équipement s’est substantiellement amélioré,  tient fermement dans le Nord de la Syrie, juste à la frontière  turque.

6. Nos sources militaires n’excluent pas la possibilité que la Turquie et la Russie, dont les avions-espions suivent à la trace les convois d’armes en direction des Kurdes, décident de les bombarder avant qu’ils n’atteignent leurs destinataires. L’équipe Trump de conseillers stratégiques est, sans aucun doute, en cours de consultations trépidantes à ce propos avec Moscou et Ankara.

DEBKAfile Reportage  Exclusif 14 Novembre 2016, 8:19 AM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

PS : il reste à déterminer si Poutine, Erdogan et demain, le 3ème Larron Trump, se sont entendus sur le sacrifice de l’entité kurde dans le nord de la Syrie, au profit des ambitions régionales néo-ottomanes d’Ankara et la signature d’une paix répartissant les influences : Alep à Assad, le Nord de la Syrie aux Turcs contre les Kurdes et un couloir iranien à travers le Kurdistan encore autonome.

Ou si, au contraire, Assad est plus enclin à tolérer cette fédération autonome kurde de Rojava, pour faire barrage à l’invasion turque, probablement jusqu’à Alep, à partir d’Al Bab (et sans doute jusqu’à Raqqa).  En campagne, en juillet 2016, Trump s’était déclaré être un « grand fan » des forces kurdes. Quand on lui a répliqué qu’Erdogan et ses Turcs n’étaient pas du tout de « grands fans » des Kurdes, il a répondu que ce serait « idéal » si on pouvait rassembler Kurdes et Turcs dans une même alliance contre Daesh.

Ce qui se passe sur le terrain est une véritable course de vitesse pour être le premier à conserver des atouts (Al Bab, Manbij, Raqqa…) pour les redistributions d’après-conflit… La plus improbable d’entre toutes reste l’union entre Turcs et Kurdes… Dans ce cas, c’est moins Obama, en tant que tel qui mettrait des « bâtons dans les roues » de l’entente Trump-Erdogan- via Poutine, mais le principe de réalité (ou realpolitik). 

Il lui faudra donc trancher dans un sens ou l’autre, le moment venu. C’est une source de conflit futur, tout comme la triangulaire : Kurdistan-Turquie-Iran… 

Nous ne sommes pas dans la tête des « stratèges » de l’équipe Trump, mais celui-ci ferait un très mauvais calcul en terme de popularité, en favorisant la paix des empires dictateurs contre les peuples, à commencer par le sacrifice des meilleurs alliés kurdes de l’Occident contre Daesh, au profit d’Erdogan. Il ne peut y avoir de « solution facile » à ce conflit syrien et certainement pas par ce type de manœuvres au détriment des aspirations légitimes du peuple kurde. 

A cette heure, Trump n’est pas réellement en position de prendre des « décisions », mais seulement des options pour l’avenir. Les Kurdes ( Peshmergas d’Irak comme YPG de Syrie°- restent la meilleure que l’Occident ait trouvé sur le terrain. Souhaitons qu’il saura s’en souvenir sans donner dans les choix populistes bon marché : Erdogan ou le chaos! Alors qu’il a du temps devant lui, on a du mal à envisager qu’il céderait à ce genre de facilités avant même d’entrer en fonction… 

La rédaction de JForum, retirera d'office tout commentaire antisémite, raciste, diffamatoire ou injurieux, ou qui contrevient à la morale juive.

S’abonner
Notification pour
guest

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

0 Commentaires
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire