Le site de Durupinar à Dogubayazit, dans l'est de la Turquie, le 22 octobre 2026.

 Nous sommes tous dans le même bateau

Le site de Durupinar, en Turquie orientale, continue de susciter l’intérêt scientifique et religieux avec la reprise des travaux de forage menés par Noah’s Ark Scans (NAS). Cette formation en forme de bateau, longtemps analysée en surface, fait désormais l’objet d’une étude invasive autorisée par le gouvernement turc en mai 2026. Sous la direction du professeur Cenker Atila de l’université de Sivas Cumhuriyet, l’équipe internationale a réalisé douze forages à l’intérieur et quatre à l’extérieur du site, atteignant jusqu’à 20 mètres de profondeur sans rencontrer de roche solide, ce qui pourrait contredire l’hypothèse d’une formation géologique naturelle.

Les analyses préliminaires de ces échantillons, envoyés à plusieurs universités, dont Bar-Ilan en Israël, sont attendues pour le printemps prochain. Par ailleurs, des scans radar utilisant le système BakhtarRadar ont révélé des structures linéaires, des intersections angulaires, des couches et des vides potentiels sous la formation. Ces éléments pourraient correspondre à des corridors et compartiments internes, évoquant la description biblique de l’Arche. Cependant, les chercheurs restent prudents, évoquant la possibilité que certains vides soient d’origine géologique.

L’équipe, composée de chercheurs juifs, chrétiens et musulmans, met en avant l’importance symbolique de cette collaboration interconfessionnelle autour d’un récit commun. Andrew Jones, responsable de NAS, souligne que cette recherche pourrait rassembler des personnes de différentes croyances autour d’une histoire partagée, renforçant ainsi un sentiment d’unité.

Le projet a cependant rencontré des résistances locales. Peu après le début des travaux en juillet, le gouverneur local a temporairement suspendu les fouilles suite à des appels téléphoniques exprimant des inquiétudes quant à la présence d’étrangers près de la frontière turco-iranienne. Après vérification, les travaux ont repris normalement sous le permis initial.

Les critiques scientifiques restent focalisées sur des explications naturelles de la formation, telles que l’érosion ou des phénomènes géologiques, qui supposeraient la présence de roche solide sous le site, ce que les forages récents n’ont pas confirmé. Les prochaines étapes envisagent des méthodes d’imagerie supplémentaires, notamment la sismique, la magnétométrie, la microgravité, voire l’imagerie par muons, technique utilisée pour détecter des vides dans les pyramides d’Égypte.

Si les résultats des analyses et des nouvelles explorations s’avèrent concluants, une excavation pourrait être envisagée, bien que la fragilité potentielle de l’objet, s’il s’agit bien de l’Arche, impose une approche très prudente. Pour les chercheurs impliqués, cette investigation dépasse la simple curiosité archéologique : elle pourrait profondément modifier notre compréhension de l’histoire humaine.

En attendant, l’équipe prévoit de reprendre les travaux sur le terrain en 2027, notamment pour récupérer un foret cassé lors d’un forage, et poursuivre les études radar. Le site de Durupinar reste ainsi au cœur d’un débat mêlant science, foi et patrimoine, avec l’espoir de percer un mystère vieux de plusieurs millénaires.

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