Médaille d’or pour les nobles valeurs du sport

Freddy Eytan

Le sport représente le visage d’une nation. Telle que la musique, il réussit à franchir les frontières, à briser la méfiance, les préjugés et les préjudices. Il est utilisé aussi comme un outil efficace pour la consolidation de la paix et le règlement des conflits.

Avant l’ère chrétienne, Jérusalem possédait un gymnase. Hérode, roi de Judée, fit construire un premier stade et envoya une délégation aux Jeux de l’Antiquité. Les Juifs excellèrent d’abord dans les sports de combat. Les premiers Jeux Olympiques modernes, disputés à Athènes, en 1896, confirmèrent les aptitudes des Juifs aux exercices physiques. Au 18ième siècle, Daniel Mendoza fut le meilleur lutteur de l’époque.

Pourtant, en 1935, lors de la « journée allemande », au Madison Square de New York, Charles H. Scherrill, un antisémite notoire, déclarait : « il n’y a jamais eu de grand athlète juif dans l’Histoire ». L’année suivante, les Jeux olympiques avaient eu lieu à Berlin…Max Baer mettra K.O, l’aryen Max Schmelling, à qui Hitler avait télégraphié juste avant le combat : « Souvenez-vous que vous devez absolument gagner ce soir ». La recommandation du Führer resta sans effet…Plus tard, Max Baer, envoya 11 fois au tapis le géant italien Primo Carnera…

Charlie Chaplin disait que l’obstination est le chemin de la réussite. C’est sans doute valable dans tous les domaines particulièrement pour les sportifs. Pour arriver à la finale, gagner et réussir une compétition, il faut non seulement avoir la foi et la détermination, mais aussi appliquer une discipline de fer.

Le succès s’acquiert seulement par des efforts constants d’exercice quotidien et surtout par une politique nationale suivie et un budget convenable pour chaque sportif.

Malheureusement, durant de nombreuses années, le sport individuel était en Israël bien négligé par le gouvernement, seuls les athlètes ayant des « parents riches » avaient pu poursuivre une belle carrière.

C’est bien triste qu’une nation forte militairement et capable d’accomplir des miracles se trouvait à la queue des pays du monde dans le domaine du sport collectif ou individuel. Nous étions généralement absents des grands événements mondiaux tels que dans les derniers matchs de l’Euro ou de la Coupe du monde. Quant à certains succès en basketball, la majorité des joueurs ne sont que des professionnels venant de l’étranger.

Depuis la vague d’immigration en provenance des anciennes républiques soviétiques, le changement est considérable dans le monde sportif.

En 2019, le Président Rivlin a nommé un conseiller spécial pour donner, depuis l’école, un second souffle au sport. Le but est d’éduquer les sportifs, Juifs et Arabes, à la fraternité, à la tolérance, au fairplay, et à la solidarité entre les joueurs dans chaque équipe. Le nouveau président Herzog poursuit dans ce sens pour renforcer les valeurs nobles du sport.

Depuis, les budgets augmentent et les médailles sont beaucoup plus nombreuses. Les Jeux Olympiques de Tokyo furent une réussite extraordinaire, nous devrons d’ores et déjà nous préparer pour obtenir de nouvelles médailles aux Jeux de Paris prévus en juillet 2024.

Ici, les compétions sportives et surtout les Jeux Olympiques représentent une sorte de sismographe qui mesure les mouvements d’humeur, et les états d’âme de notre société et de notre classe politique. Certes, tous les pays du monde sont passionnés de compétitions sportives, mais chez nous cela va jusqu’à l’extrême et sur tous les plans.

Notre cas est unique car nous sommes toujours assoiffés de récompenses, de pouvoir l’emporter sur nos adversaires, de vaincre nos ennemis. Non pas par vengeance, mais pour prouver que nous sommes assez forts pour pouvoir combattre et gagner.

Durant plus de deux mille ans nous n’avons pas eu ce noble privilège de gagner naturellement des matchs et des médailles, comme toute nation indépendante.

Dans ce contexte, la grande famille israélienne suit toujours avec enthousiasme et passion les activités de ses sportifs. Nous changeons rapidement d’humeur et passons sans transition et cyniquement de la tristesse à la joie, et vice-versa. C’est ainsi que nous vivons depuis la création de notre Etat. Les jours de souvenir et de recueillement sont toujours suivis par des moments mémorables d’allégresse et d’ambiance euphorisante, tel le Jour du Yom Ahatsmaout.

Israël a participé pour la première fois à Helsinki aux Jeux Olympiques de 1952, mais le massacre de nos 11 athlètes à Munich en 1972 a renforcé cette attitude ambivalente face au monde entier. Le rappel tardif à Tokyo de la meurtrière attaque a eu enfin un grand retentissement.

Ainsi, quand Linoy Ashram, ou Artium Dolgofiat remportent des médailles d’or et l’hymne national Hatikvah est diffusé sur toutes les chaines de télévision à travers le monde, c’est tout le peuple israélien et les communautés juives de la diaspora qui applaudissent avec passion et fierté…

Des pages entières sont consacrées dans la presse et des nombreuses émissions sont diffusées qualifiant les athlètes : « héros nationaux ». Toute la classe politique se précipite aussi pour féliciter en évoquant un « événement historique. »

Enfin et en conclusion, nous conseillons de ne jamais se contenter de paroles et des félicitations d’un jour, et surtout éviter toute récupération politique éphémère.

C’est bien toute l’année que nous devrions encourager et soutenir nos sportifs. Ils représentent le beau visage de la nation israélienne.

Par le 09/8/21 jcpa-lecape.org

 

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