Martha Hoffnung Cohn, espionne chez les nazis

La résistante Marthe Cohn en Vendée, en octobre, pour une série de conférences : Lignes de défense

Marthe Cohn, née Marthe Hoffnung le 13 avril 1920 à Metz, est une résistante française. De confession juive, elle servit d’agent de renseignement pour la France en Allemagne, peu de temps avant la capitulation du Troisième Reich. Elle relate son expérience dans une autobiographie.

Marthe Hoffnung naît le 13 avril 1920, à Metz, après le retour en novembre 1918 de l’ Alsace et de la Moselle à la France, après sa germanisation forcée effectuée depuis le traité de Frankfort sur le Main de mai 1871 et où les Allemands avaient obtenu, après la défaite de la France à la fin de la guerre franco-prussienne de 1870/1871, que l’Alsace et la Moselle soit séparée de la France, devant ainsi des terres de l’Empire allemand, officiellement créé et proclamé à Versailles le 18 janvier 1871.

Sa famille est juive orthodoxe. Ils sont sept enfants. Elle découvre l’antisémitisme à l’âge de six ans, devant la synagogue de Metz1. En septembre 1939, conformément à l’ordre d’évacuation des civils, elle se réfugie, comme de nombreux mosellans, à Poitiers dans la Vienne. Après l’Occupation de la France en juin 1940, et l’annexion à nouveau de l’annexion de l’Alsace et de la Moselle au Troisième Reich en juillet 1940, elle décide de rester dans la Vienne.

Après l’arrestation de sa sœur Stéphanie, par la Gestapo, le 17 juin 1942, Marthe organise la fuite de sa famille, de Poitiers vers la Zone libre. Là, elle peut vivre grâce à de faux papiers, confectionnés avant son départ. Son fiancé, Jacques Delaunay, un étudiant rencontré à Poitiers, activement engagé dans la Résistance intérieure française, est fusillé le 6 octobre 1943 à la forteresse du Mont-Valérien, à Suresnes. En novembre 1943, Marthe Cohn termine les études qu’elle a commencées en octobre 1941 à Poitiers, à l’école d’infirmières de la Croix-Rouge française, à Marseille. Elle tente alors, en vain, de rejoindre la Résistance.

Après la Libération de Paris, en septembre 1944, Marthe s’enrôle dans l’armée française, où elle souhaite apporter ses compétences d’infirmière. Elle est affectée au service médical du 151e régiment d’infanterie. Découvrant qu’elle parle parfaitement allemand, langue qu’elle utilisait pour communiquer avec ses parents, son supérieur, le colonel Fabien, lui propose d’intégrer les services de renseignement de la 1re armée française. Marthe Hoffnung, 24 ans, est alors rattachée au bureau « renseignement » des Commandos d’Afrique. Après quatorze tentatives infructueuses d’infiltration en Alsace, région annexée comme la Moselle, elle pénètre en Allemagne via la Suisse, le 11 avril 1945.

Active en territoire ennemi, elle collecte alors de précieuses informations, qui facilitent grandement l’avancée des troupes françaises. Elle avertit notamment ses supérieurs de l’abandon de la ligne Siegfried, dans la région de Fribourg-en-Brisgau, et signale une importante embuscade de la Wehrmacht, en Forêt-Noire. Pour ces actes, Marthe Hoffnung obtient la Croix de guerre en 1945. Pour les mêmes faits, elle obtiendra en 1999, la Médaille militaire, et sera faite Chevalier de la Légion d’honneur en 20044, avant d’obtenir la Médaille de reconnaissance de la Nation, en 2006.

En 1958, Marthe Hoffnung épouse le médecin-commandant Lloyd Cohn, médecin de l’U.S Army. Elle vit actuellement à Los Angeles en Californie, aux États-Unis5.

Avec l’aide de la journaliste britannique Wendy Holden, Marthe Cohn a retracé son histoire dans un livre publié en 2002, Derrière les lignes ennemies6,7,8.

Nicola Alice-Hens a tiré de la vie de Marthe Hoffnung un film documentaire, Chichinette : ma vie d’espionne, sorti en France dans les salles de cinéma le 30 octobre 2019.

https://www.youtube.com/watch?v=kRLBiWhn02w

Le 11 mai 2021

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