Sur le cours Pierre-Puget (6e), dès 6 h 35, Benoît Leleux, 35 ans, faisait sa première victime. Un coup porté à l’arrière de la tête. Sans gravité réelle, mais un coup pour blesser. Deux autres suivront.

Il s’était levé tôt. Non pas pour quelque mission d’importance. Ni pour quelque acte de bravoure. Benoît Leleux, 35 ans, s’est mis à marcher tel un automate. « Dans un état d’excitation importante », précisera le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux. Sans proférer le moindre mot anti-français, ni propos islamiste.

L’homme marchait en quête de desseins inavouables. Là, sur le cours Pierre-Puget (6e), dès 6 h 35, il faisait sa première victime. Un coup porté à l’arrière de la tête. Sans gravité réelle, mais un coup pour blesser. Il s’est ensuite rendu, d’un même pas, à l’angle de la Canebière et de la place Charles-de-Gaulle (1er). À 6 h 50, il pointait la carotide de sa deuxième victime, puis disparaissait dans les rues de Marseille. Cinq minutes plus tard, il s’en prenait place Jean-Jaurès, à la Plaine (6e), à une troisième personne, blessée d’un coup de couteau porté dans le dos, au niveau de l’omoplate, lui occasionnant une plaie d’1,5 centimètre.

Un homme déjà connu des services de police

L’agresseur présumé a finalement été maîtrisé et arrêté par la police municipale. Mais lors de son interpellation, l’homme, qui refusait de lâcher son couteau, a dû être neutralisé à l’aide d’un taser. Les trois victimes, toutes de sexe masculin, qui ne sont que légèrement blessées, ont été prises en charge et ont pu recevoir des soins à l’hôpital.

Les deux premières sont âgées de 22 ans, la troisième de 55 ans. Au vu de son état, « le mis en cause a été hospitalisé d’office », a précisé le procureur de la République Xavier Tarabeux.

Les médecins, qui l’ont en effet examiné dès après son interpellation, ont considéré que son état de santé était incompatible avec la garde à vue. Il a été placé en service de psychiatrie à l’hôpital de la Conception. L’auteur présumé est né en 1982 à Paris. Il était déjà connu des services de police, mais uniquement pour des délits de droit commun. Ainsi a-t-il été condamné depuis 1999 pour « dégradations, port d’arme, vol avec effraction et vol à l’étalage ».

La thèse d’un acte terroriste a été totalement écartée par le parquet, comme lundi matin, quand un premier individu, souffrant de troubles psychiatriques, avait tué une femme de 42 ans et en avait blessé grièvement une autre, en fonçant en camionnette sur deux abribus distincts à Marseille. Cette affaire survient alors que deux autres attaques au couteau ont eu lieu vendredi en Belgique et au Royaume-Uni. À Bruxelles, un homme a agressé des soldats avant d’être abattu. Une attaque qualifiée de « terroriste » par le parquet. À Londres, un homme armé d’un sabre a été arrêté après avoir blessé des policiers et crié « Allah Akbar » devant le palais de Buckingham.

Denis TROSSERO

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