UNRWA : l’incarnation du relativisme moral

 

L’Assemblée Générale de l’ONU, l’UNESCO, le Conseil des Droits de l’homme de l’ONU (UNHRC) et le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-Moon font fréquemment de la discrimination contre Israël par l’emploi du relativisme moral[1]. Ce dernier peut être succinctement défini comme une vision du monde où “Il n’existe pas de moralité universelle valide, sinon des moralités plurielles, chacun ayant simplement une validité locale[2]”.

L’existence même de l’Agence pour l’Aide et le Travail des Nations Unies (UNRWA) est, en soi, une expression du relativisme moral. Cette agence de l’ONU a été instituée en 1949 afin de fournir des services aux 750.000 réfugiés palestiniens déplacés. Deux ans plus tard, le Bureau du Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU (UNHCR) était créé pour “protéger les réfugiés et résoudre les problèmes des réfugiés à travers le monde[3]”. Il aurait dû tomber sous le sens commun d’incorporer l’UNRWA au sein de ce nouvel organisme, qui veille sur tous les réfugiés à travers le monde[4]. La survie de l’UNRWA plus de six décennies plus tard, alors que l’UNHCR gère de bien plus grands nombres de réfugiés venus de tous les autres pays, constitue ainsi une expression extrême de relativisme moral.

Il existe bien des aspects significatifs supplémentaires à cette question. Pour toute autre catégorie de réfugiés dans le monde, comme c’est stipule par la convention de l’ONU de 1951 sur le Statut des Réfugiés, ce statut s’applique personnellement à  chaque réfugié et ne peut être transmis aux générations suivantes. Il n’y a que le statut de réfugié palestinien qui peut être transmis de génération en génération. Du fait de ce privilège, on estime le nombre de ces soi-disant “réfugiés palestiniens” à 5 millions actuellement à travers le monde[5].[6].

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Si, en revanche, on se fonde sur la définition de l’UNHCR, le nombre réel de réfugiés palestiniens ne dépasse guère 30.000 à 50.000 personnes, au plus 1% des statistiques qui sont actuellement présentées par l’UNRWA. Par conséquent, le budget 2014 de l’UNRWA, qui s’élève à 1, 4 milliard de dollars, budget finance par les contributions volontaires des membres de l’ONU, devrait être réduit de plus de 95%, si cette organisation n’était requise que pour soutenir de véritables réfugiés. Pourtant, une autre exception injustifiée de la définition de réfugié par l’UNHCR concerne 30% de ces prétendus “réfugiés palestiniens” vivant en Jordanie et qui sont nés après 1997. Bien qu’ils bénéficient de la pleine citoyenneté jordanienne, ces jeunes sont toujours éligibles au statut de “réfugié[7]”.

Les descendants de réfugiés de conflits bien plus catastrophiques ne perçoivent aucun bénéfice de la part des Nations Unies. Par exemple,le conflit incessant en République Démocratique du Congo, selon une estimation de l’UNHCR en 2014, a élevé le nombre de réfugiés, demandeurs d’asile et personnes déplacées de l’intérieur à plus de 7 millions. Les enfants de ces réfugiés n’ont pas été considérés comme valant la peine de bénéficier du statut dont jouissent les lointains descendants de réfugiés palestiniens[8].

Des efforts conséquents ont été accomplis pour tenter de “justifier” la poursuite de l’existence de l’UNRWA. Dans une interview avec l’agence de presse officielle palestinienne Ma’an, le porte-parole de l’UNRWA a défendu l’existence nécessaire de l’agence en tant qu’entité distincte qui ne doit absolument pas être absorbée par l’UNHCR, en declarant que c’est dû à l’absence de “conclusion négociée du conflit palestino-israélien”. Il a ajouté qu’il n’y a qu’à cette condition que les pouvoirs de l’UNRWA pourraient être transférés à l’UNHCR[9].

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Education « humaniste » par les éducateurs du Hamas dans les écoles de l’UNRWA

Cependant, par le passé, l’UNHCR a travaillé pour assister de nombreux réfugiés dans des conflits prolongés, dont beaucoup où on relève des bilans bien plus élevés que le conflit palestino-israélien dans le décompte des morts, don’t ceux d’Afghanistan, d’Irak, de Syrie, de République Démocratique du Congo, de Myanmar et de Somalie[10]. Les statistiques du nombre de réfugiés survivants déplacés au cours de ces conflits et bien d’autres en cours surpassent et de loin, aussi bien les quelques 30.000 à 50.000 réfugiés palestiniens authentiques que leurs descendants, ces réfugiés “artificiels” qui disposent autant du statut de réfugiés de l’UNRWA et qui viennent gonfler les chiffres de façon aussi démesurée.

En décembre 2014, Bassem Eid, président du Groupe palestinien d’Observation des Droits de l’Homme, a publié un éditorial dans le Jerusalem Post, intitulé : “Les Palestiniens qui ont un peu de fierté doivent mener la lute pour reformer l’UNRWA”. Eid y plaidait pour la fin des conditions “temporaires” dans les camps de réinstallation de l’UNRWA, en mettant l’accent sur la réinstallation effective des réfugiés, plutôt que de maintenir le but irréaliste du “droit au retour”. Eid proposait ces réformes en déclarant : “Je le dis en tant que Palestinien loyal. Je le dis parce que je me préoccupe de l’avenir de mon peuple[11]”.

La défense de l’existence superflue de l’UNRWA est fréquemment accompagnée de diffamation à l’encontre d’Israël, sa symétrique logique, dans l’esprit de ses opposants. En réponse à la suggestion d’Eid, Gunness a fait usage de son compte Twitter personnel pour appeler au boycott contre… le Jerusalem Post[12].

C’était encore un nouvel aspect du relativisme moral de l’UNRWA. En tant que porte-parole de l’UNRWA, Gunness a été interviewé par l’agence de presse Ma’an[13]. A la grande différence du Jerusalem Post, Ma’an engrange un palmarès très documenté de nombreux mensonges graves publiés. En 2013, à la suite du Jour International du Souvenir de la Shoah, Ma’an a publié un article déclarant que la Shoah est un mythe[14]. Un article de Ma’an en 2012 déclarait que les Juifs “sont à la racine de tous les conflits dans le monde”, maudits par Allah et qu’ils sont “des parias dans tous les coins de la planète[15]”. Pourtant Gunness s’est bien gardé d’appeler au boycott de Ma’an ou de tout autre organe de presse dans le monde, excepté le Jerusalem Post.

Des employés de l’UNRWA ont aussi été pris la main dans le sac à propager la haine antisémite. En octobre 2015, le groupe d’observation UN Watch a soumis un rapport au Secrétaire-Général Ban Ki-Moon, au président de l’UNRWA Pierre Krähenbühl et à l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Samantha Power (don’t le gouvernement finance l’UNRWA à hauteur de 400 millions de $ par an). Ce rapport concernait des employés de l’UNRWA qui abusaient publiquement de leur position officielle pour faire de l’incitation à la violence. Un de ces employés de l’UNRWA écrivait sur sa page Facebook personnelle et d’autres messages vidéos “Poignardez les chiens Sionistes”, ou par des messages et images glorifiant les terroristes et appelant à une “troisième Intifada”.

Mohammed Assaf, un lauréat de l’Idole Arabe de Gaza et “Jeune ambassadeur de l’UNRWA”, peut-être le représentant le mieux connu du public après Gunness en personne, a posté des photos à la gloire des “martyrs” tués pour avoir poignardé des civils israéliens. Il a même diffusé une vidéo musicale encourageant le terrorisme, qui met en exergue le slogan : “Résistez jusqu’à ce que vous vainquiez l’agresseur[16]”.

En réponse au rapport d’UN Watch, l’UNRWA a publié un communiqué, enterré profondément à l’intérieur d’une transcription de l’ONU, condamnant l’activité de ses employés sur les réseaux sociaux. Cependant, aucune déclaration officielle n’a été publiée et même dans cette transcription générale, l’UNRWA dément la validité de certaines de ces accusations d’activité antisémite et d’incitation à la violence et à la haine de la part de ses employés. Gunness a démenti les faits sur son compte Twitter et a lancé, pour faire bonne mesure, une série d’attaques contre l’existence même d’UN Watch[17],[18].

Le porte-parole adjoint du Secrétaire Général, Farhan Haq, a expliqué que les contrevenants qui se trouvaient être des employés de l’UNRWA ont été recadrés par des suspensions de poste et des pertes de salaires. Cependant, aucune présentation d’excuses formelles de la part de l’UNRWA à cause des activités de ses employés, ou de la part du Gunness pour ses attaques infondées contre UN Watch, n’est à venir[19].

En conclusion : l’UNRWA, dans toutes ses activités et son existence même, se trouve dans le peloton de tête de la corruption des valeurs morales de l’ONU.

Par Manfred Gerstenfeld et Jamie Berk

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.Jamie Berk est chercheur travaillant à l’obtention d’un Master en Sciences Politiques à l’Université Hébraïque de Jérusalem. 

Adaptation : Marc Brzustowski.

[1] Manfred Gerstenfeld and Jamie Berk, “The UN Human Rights Council and Moral Relativism,” Israel National News, 31 July 2015. See also: Manfred Gerstenfeld and Jamie Berk, “UNESCO’s Use of Moral Relativism to Foster Anti-Israel Bias,” Israel National News, 18 August 2015; Manfred Gerstenfeld and Jamie Berk, “An Exercise in Extreme Moral Relativism: The UNHRC Gaza Reports,” Israel National News, 4 September 2015; Manfred Gerstenfeld and Jamie Berk, “How Ban Ki-moon undermines the UN’s universal values,” The Jerusalem Post, 20 September 2015, Manfred Gerstenfeld and Jamie Berk, “Moral Relativism in the UN General Assembly,” Israel National News, 20 October 2015.

[2] James Velleman, Foundations for Moral Relativism, (Open Book Publishers, 2013) 1.

[3] “About Us,” UNHCR,.

[4] “Whither UNRWA,” The Jerusalem Post, 13 August 2014.

[5] “Who We Are,” UNRWA.

[6] Dore Gold, Tower of Babble, (New York: Crown Forum, 2005), 38.

[7] Ibid.

[8] “2015 UNHCR country operations profile – Democratic Republic of the Congo,” UNHCR, 2015.

[9] “Exploding the myths: UNRWA, UNHRC, and the Palestinian Refugees,” Ma’an News Agency, 27 June 2011.

[10] Barry N. Stein, “Refugee Repatriation, Return, and Refoulement During Conflict,” USAID, 1997.

[11] Bassem Eid, “Proud Palestinians must lead the fight to reform UNRWA,” The Jerusalem Post, 1 December 2014.

[12]  “UNRWA vs the ‘Post’”, The Jerusalem Post, 12 July 2015.

[13] “Exploding the myths: UNRWA, UNHRC, and the Palestinian Refugees,” Ma’an News Agency, 27 June 2011.

[14] “Blood Libels & BDS- NGO Monitor’s Report to the 2013 Global Forum on Anti-Semitism,” NGO Monitor, 27 May 2013.

[15] Itamar Marcus and Nan Jacques Zilberdik, “Venomous Antisemitism published by Palestinian Ma’an News Agency,” Palestinian Media Watch, 30 January 2013.

[16] “Report: UN Officials Inciting Murder of Jews, Call to “Stab Zionist Dogs,” UN Watch, 19 October 2015.

[17]  Gunness twittered; “Appeal 2 journalists: please don’t turn @UNWatch baseless allegation about anti-Semitism into a “he said she said” story. It is a non story.”

[18] “UNRWA suspends employees after UN Watch exposed incitement to anti-Semitic violence,” UN Watch, 22 October 2015.

[19] “UN ‘very regrettably’ admits employees suspended after UN Watch report exposing incitement to anti-Semitic violence,” UN Watch, 22 October 2015.

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