L’ISLAMO-COMMUNISME

 

Shmuel Trigano

 

La dernière « incartade » de Melenchon sur les « réseaux d’influence du Likoud » qui auraient fait échouer le leader travailliste Jeremy Corbin, dont l’antisémitisme a défrayé la chronique ces dernière années, rend manifeste ce qui était une évidence pour les observateurs depuis 15 ans et plus : le fait que l’antisémitisme ne se trouvait plus seulement dans les rangs de l’extrême droite mais aussi à l’extrême gauche, je dirai même dans la métastase du communisme défunt. Ce phénomène n’est pas une nouveauté si l’on se souvient que, dès le début du XIX° siècle, les « socialistes utopiques » français furent le vivier de l’antisémitisme, à travers leur haine du « capital », des « gros », des « banquiers », à tel point qu’on pourrait dire que l’antisémitisme est consubstantiel au socialisme. Ce n’est pas Marx et son invraisemblable « Question juive » qui aideront à le démentir. Et Mélenchon est bien dans la lignée de cette inimitié au profil économique quand il taxe le commissaire européen, Moscovici, de « penser en finances internationales, pas en français ».

Ressemblances frappantes

Cette haine du Juif dans tout ce qui s’inspire du « socialo-communisme » s’est confirmée à l’époque stalinienne. Elle ne s’illustra pas seulement dans l’oppression des Juifs, mais aussi dans l’invention de l‘ »antisionisme » une nouvelle déclinaison de l’antisémitisme (procès des blouses blanches) et, surtout, instrument de séduction de la haine islamique qui, dès les années 1950, a structuré l’islam politique dans sa guerre contre Israël et nourri le boycott arabe d’Israël, devenu à notre époque, avec l’aide des ex-staliniens reconvertis en « post-colonialistes » le « BDS » mondial. C’est le bloc communiste qui avait promu déjà la résolution de l’ONU prônant l’équivalence sionisme­-racisme. C’est lui qui a inventé le « peuple palestinien, » par le biais des services secrets roumains de Ceaucescu… La fusion du communisme et de l’islamisme a donc une longue histoire, déjà écrite mais oubliée.

En France, l’islamo-communisme a progressé depuis 20 ans alors que l’establishment médiatico-politique (toujours « de gauche ») s’est entêté à n’expliquer la montée de l’antisémitisme que par l’entremise du Front national et de l’extrême droite, s’interdisant de voir ce qui se passait à l’extrême gauche et dans les milieux islamiques. Aujourd’hui même, il n’y a de la part des grands donneurs de leçons de morale aucune condamnation des propos de Melenchon. Imaginons ce qu’il en aurait été si Marine Le Pen les avait prononcés. C’est une autre preuve que ce courant est bien inscrit dans le milieu des élites, « gauche » oblige!

Deux événement ont influé en France sur son développement. La convergence de l’islam politique sans cadre partisan français au départ et des communistes confrontés à la désaffection des Français à leur égard. Le parti qui se nomme « communiste » comme la « nouvelle gauche » ont cherché, parmi la population immigrée, les électeurs qu’ils n’avaient plus en adoptant les passions de cette population, venues du monde arabo-musulman en guerre contre Israël (et l’Occident!). C’est ainsi que leurs formations politiques ont survécu à leur effondrement consécutif à la chute du communisme et du mur de Berlin.

Ce mariage était un mariage de raison au vu du passé. Depuis le début du nationalisme arabe, l’antijudaïsme islamique s’est cristallisé en anti-sionisme, non parce qu’Israël menait une politique agressive envers le monde arabo-musulman mais parce que son existence même est tenu pour une une rébellion contre le statut discriminatoire de soumission que l’islam impose aux non musulmans, les dhimmis.

Ce que le communisme ou l’extrême gauche ont apporté aux islamistes c’est la justification « politico-morale » dont la gauche s’est toujours attribué la propriété et qui en l’occurrence était tirée de l' »anti-colonialisme », une tactique qui avait permis à  l’URSS stalinienne de séduire le « Tiers monde » au temps de la décolonisation pour le retourner contre le monde libre.

Telles sont les origines de la mutation de l’antisémitisme moderne en antisionisme « post-moderne », une mutation qui n’empêche pas toutes les formes de la haine des Juifs de coexister. Il y aurait notamment beaucoup à dire de la résurgence actuelle, passée inaperçue, du vieil antijudaisme. Toute une littérature en langue française peut déjà  l’illustrer. Il faut cependant ajouter une touche à ce sinistre concert: l’apport de l’inénarrable gauche postmoderniste d’Israël qui croit pouvoir complaire à ses ennemis en se retournant contre son peuple.

Par Shmuel Trigano

Photos journal

9 Commentaires

  1. Très grande justesse d’analyse et quelle tristesse lorsque se démasque une fois encore toute cette haine plus ou moins déguisée des juifs et de leurs magnifiques réalisations. A lire et relire encore!! Ces gens souffrent de réminiscences qui les rendent certes sourds et aveugles mais aussi et surtout très nuisibles et malfaisants….

  2. ACTUELLEMENT ,POUR LES JUIFS,LE DANGER EST BIEN PLUS GRAND VENANT DE LA GAUCHE,EXTREME GAUCHE ET ISLAMISME QUE DE L’EXTREME DROITE .TOUS CES GENS N’AIMENT PAS LES JUIFS ILS NE COMPRENNENT PAS QU’UN AUSSI PETIT PEUPLE PUISSE ENGENDRER AUTANT DE CERVEAUX .

  3. Je n’oublierai jamais ces islamo-gauchiste se réjouirent tout autant que ces muslims après les attentas du 11/9/2001, qui prouve la parfaite analyse de Mr TRIGANO.

  4. Ce MONSIEUR est :
    – Limpide ! Comme d’hab…
    – Courageux ! Comme d’hab…
    – Brillant ! Comme d’hab…
    – Et, cerise sur le gâteau, foncièrement honnête.

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