Yossi Cohen, the next head of the Mossad is seen in a committee meeting at the Israeli parliament during a discussion on a controversial natural gas deal which was recently approved by the Israeli government. December 08, 2015. Photo by Yonatan Sindel/Flash90 *** Local Caption *** ???? ? ????? ???? ??????? ?? ???? ??? ???? ??? ????

Le Mossad et le Service de renseignement israélien s’opposent sur l’Iran

mis en ligne le 17.12.2020

Le clivage Netanyahou-Gantz interfère sur des points très sensibles de la politique sécuritaire d’Israël.

Au point où l’arrivée aux affaires de Biden participe à une perte d’influence de Netanyahou qui perd un allié de poids en la personne du Président américain Donald Trump avec qui il était totalement en phase.

Gantz assez proche du service des renseignements militaires israélien serait favorable avec des négociations avec l’Iran.

Du coup ces clivages politiques entraînent dans leurs sillages les maîtres-espions israéliens, même sur la question cruciale de l’Iran.

Selon nos informations, la posture à adopter à l’égard de l’Iran est à l’origine de tensions croissantes entre le Mossad et le service de renseignement militaire israélien, Aman, alors que tous deux scrutent avec attention l’arrivée prochaine de Joe Biden à Washington.

Conscient de l’inclination de la prochaine administration américaine pour la négociation avec la République islamique, le maître-espion d’Aman, Tamir Hayman, préconise un soutien à cette politique, voire une participation aux potentiels pourparlers avec l’Iran aux côtés des puissances occidentales.

Ainsi conseillé par son département d’analyse, dirigé jusqu’à récemment par Dror Shalom, Tamir Hayman fait grincer des dents au Mossad, partisan du maintien d’une ligne dure face à l’Iran, toujours perçu comme une menace existentielle (voir ci-dessous).

Le patron du service extérieur israélien, Yossi Cohen, très proche du premier ministre Benjamin Netanyahou, a vu son mandat prolongé de six mois jusqu’en juin 2021, date à laquelle il sera remplacé par son adjoint, un certain « D ».

Celui-ci, issu du département des opérations du Mossad, restera probablement enclin à suivre la ligne de l’actuel maître-espion de Tel Aviv, en dépit de tout assouplissement envisagé à l’égard de Téhéran par la future administration américaine.

Ces dissensions interviennent alors que la récente visite de Benjamin Netanyahou en Arabie saoudite, gardée secrète mais rapidement éventée, a déjà soulevé les foudres de l’armée israélienne dirigée par Aviv Kochavi, chef des renseignements militaires de 2010 à 2014.

D’autant plus que Yossi Cohen, putatif successeur de Netanyahou, était du voyage. Non content d’attiser les tensions entre ses services de renseignement, le premier ministre joue son avenir politique, alors que son rival du parti Bleu et Blanc, Benny Gantz, menace de dissoudre le parlement et de déclencher encore des élections, envisagées en mars 2021 .

Ex-chef d’état-major des armées, Benny Gantz entraîne ainsi dans son sillage Aman et l’ensemble de l’establishment militaire, traditionnellement partisan d’une ligne plus modérée à l’égard de l’Iran, et les personnalités phares qui en sont issues – Gabi Ashkenazi, ministre des affaires étrangères, ou encore Gadi Eizenkot, dont l’entrée en politique est attendue après l’annonce officielle des élections.

focus
L’Iran, priorité sécuritaire persistante d’Israël
Si le service de renseignement militaire se montre moins vindicatif à l’égard de l’Iran que son homologue des services extérieurs, il n’en demeure pas moins proactif dans la lutte contre la menace prioritaire de l’Etat hébreu. Et ce, en fournissant notamment aux Forces de défense d’Israël (FDI) ses renseignements quant à des positions iraniennes en Syrie, où l’armée de l’air israélienne mène régulièrement des opérations de ciblage. Si bien que le chef d’état-major des armées, Aviv Kochavi, a annoncé pour la première fois le 10 décembre le recul des activités iraniennes au pays du Levant.

De même, Aman continue de mobiliser sa célèbre Unité 8200, la NSA israélienne, afin de mettre en place des opérations clandestines cyber contre Téhéran, à l’image du virus Stuxnet employé en 2010 contre les systèmes informatiques iraniens. Ainsi mobilisé, le service de renseignement militaire intervient en complémentarité des actions clandestines menées par le Mossad en Iran, comme l’assassinat du scientifique iranien Mohsen Fakrizadeh, le 27 novembre, imputé à l’Etat hébreu (IOL n°866).

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