La Fuite organisée et cynique annonçant la libération de Jonathan Pollard

 

Ces dernières semaines n’ont fait que confirmer une manière de faire, déjà bien repérée, sur la façon dont l’Administration Obama lance ses batailles politiques. Il n’y a pas de pirouette à bon marché ni de déclaration plus cynique que la Maison Blanche n’emploie pour faire progresser son agenda. C’est la seule façon d’interpréter la fuite bizarre dont le Wall Street Journal a bénéficié vendredi dernier, où « des responsables de l’Administration » ont fait savoir que Jonathan Pollard, l’espion condamné, serait libéré vers la fin de cette année, dans le but d’aider à atténuer les difficultés dans relations entre les Etats-Unis et Israël, à la suite de l’accord nucléaire avec l’Iran.

D’autres responsables,  dont le Procureur Général, s’exprimant devant un micro, plutôt qu’hors antenne ont rapidement démenti ce projet. Pollard bénéficiera d’une audience de libération conditionnelle sur parole en novembre prochain, comme il est d’usage, au bout de 30 ans de prison. Pourtant, il n’y a encore aucune garantie que l’espion, qui vient de passer 30 ans en prison jusqu’à présent, sera effectivement libéré. Mais, quoi qu’il en soi, la tentative d’injecter cette question fortement chargée d’émotion dans le débat déjà inflammatoire concernant l’Iran, est un stratagème profondément cynique, qui a clairement pour but de désamorcer la colère provoquée par les efforts produits par l’Administration pour défendre mordicus son accord nucléaire, en isolant Israël et ses défenseurs. Quoi qu’on puisse penser des mérites de ce dossier de clémence envers Pollard – et en effet, on ne peut que s’en réjouir – cette question n’a aucun rapport avec la discussion en cours concernant l’Iran et devrait être traitée comme telle par ceux qui cherchent à résister aux tentatives de l’administration pour réduire ses détracteurs au silence.

L’Affaire Pollard a constitué une épine dans le pied des relations américano-israéliennes depuis son arrestation en 1985. Comme je l’ai expliqué en détail dans mon  article de mars 2011 dans COMMENTARY au sujet de l’affaire Pollard, alors qu’il était emprisonné depuis déjà 25 ans, c’est une histoire tragique, où la mauvaise conduite (vis-à-vis des USA) de l’ancien analyste de la Marine américaine et de ses officiers-traitants israéliens a provoqué des dégâts énormes, à la fois, au sein de cette Alliance et à la position de nombreux Juifs Américains loyaux qui travaillent au sein de l’appareil de la Défense américaine qui, depuis, travaillent d’arrache-pied, en dépit des accusations mensongères et continuelles de double-allégeance.

 

Certes, le délit de Pollard contre l’Etat était grave, mais il s’agit aussi d’un cas sans précédent, alors qu’aucun autre espion d’un pays ami n’a jamais subi de condamnation à vie, d’une ampleur telle que la sienne. Ceux qui l’ont érigé au rang de héros ont, sans doute, bien plus nui à sa cause qu’ils ne lui ont rendu service, de même, sans doute que les pourparlers lancés par Israël pour le faire libérer n’ont réussi qu’à agacer et endurcir les positions de la communauté américaine des renseignements, la poussant à s’opposer un peu plus fermement à sa libération. En effet, Pollard aurait dû être libérer il y a longtemps si les gens qui lui sont proches et lui-même avaient cessé de défendre sa conduite indéfendable, pour s’en tenir à une posture plus raisonnable et éviter que sa condamnation ne devienne démesurément dure. Mais même si on entend moins qu’il est considéré comme un Martyr, ces derniers temps, il est loin d’être improbable que les services de renseignements américains continuent d’intervenir négativement dans ce procès en vue d’une libération sur parole, de la même façon qu’ils l’ont fait auparavant.

Mais, tout comme les partisans de Pollard qui prétendent connaître, de façon improbable, la nature exacte des renseignements qu’il a offert illégalement pour les envoyer en Israël, de la même façon, ses adversaires continuent d’exagérer l’impact de son travail d’espionnage. Ce qu’il a fait n’était pas bien, mais il n’y a aucune raison de croire que son entreprise a eu un tel impact qu’elle expliquerait à elle seule les désastres qui se sont abattus sur les renseignements américains à l’époque. Si on avait su à l’époque de sa condamnation que la véritable de source des problèmes rencontrés par ces services provenaient d’un duo d’espions-doubles russes ( Aldrich Ames à la CIA et Robert Hanssen au FBI), il aurait été bien plus épineux pour le gouvernement ou le juge dans ce dossier (qui a rejeté un plaidoyer en vue d’une négociation, où Pollard épargnait au gouvernement les problèmes posés par un procès) de pouvoir justifier d’une condamnation aussi draconienne.

Mais, indépendamment des raisons et des torts liés à cette épreuve prolongée durant 30 ans, le fait d’impliquer Pollard dans les questions concernant l’Iran serait une faute considérable, tant du point de vue des Etats-Unis que de la sécurité israélienne.

Tout comme les efforts passés des Etats-Unis ont utilisé l’éventuelle libération de Pollard comme une carotte pour pousser Israël à faire des concessions territoriales envers les Palestiniens ( telle que l’initiative morte-née de l’accord de Wye Plantation en 1998, qui a été sabordée par le chiffon rouge des menaces de démission en masse de hauts-responsables de la sécurité américaine, autour de George Tenet, le patron de la CIA), le sort de l’espion n’a aucune pertinence pour justifier les tentatives d’apaisement de l’Iran.

Alors que de nombreux Israéliens pensent avec justesse que le sort de Pollard est de la responsabilité de leur gouvernement et qu’ils cherchent à le voir libérer après un emprisonnement aussi prolongé, y parvenir ne compense en rien les graves préjudices provoqués par un accord avec l’Iran, qui renforcent et enrichissent considérablement ce pays hégémonique, et qui auront certainement des effets préjudiciables à long terme contre la sécurité tant d’Israël que des Etats-Unis.

Soulever la perspective de sa libération n’est simplement qu’une tentative supplémentaire de convaincre les partisans d’Israël qu’ils feraient bien d’acquiescer à l’adoption d’une posture de détente par Obama avec ce régime islamiste qui n’en demeure pas moins le parrain international du terrorisme autant qu’il consacre tous ses efforts à la destruction d’Israël.

Alors qu’il existe d’excellentes raisons de mettre un terme définitif à l’emprisonnement de Pollard, puisqu’il a déjà accompli une peine bien plus longue que quiconque reconnu coupable d’un délit identique, son sort n’a pas plus sa place dans les débats à propos de l’accord nucléaire avec l’Iran, qu’il n’en a dans toutes les questions concernant les négociations avec les Palestiniens. Ces fuites organisées dans la presse à propos de la possible libération de Jonathan Pollard ne peuvent qu’être dédaignées comme n’étant rien de plus qu’une tactique en sous-main employée par l’Administration, qui préfère répliquer aux arguments fondés de ses opposants à sa politique iranienne par des campagnes de diffamation les traitant de « va-t’en-guerre », plutôt que d’avoir à défendre les hypothétiques « avantages » procurés par cet accord.

@tobincommentary07.27.2015 – 1:30 PM

commentarymagazine.com

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2 Commentaires
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oxomars


Prenons patience et attendons la fin du mandat de l’administration Barack Obama qui restera dans l’histoire des USA comme le premier président de couleur mais dont les exploits ne seront pas retenus en mémoire car trop médiocres.

Même si Jonathan Pollard est exagérément emprisonné et que les USA abusent de la situation, nous ne pouvons rien exiger car en tort. Notre tour viendra où ces écervelés reconnaîtront leurs torts envers Israël.

Laurence

Il faut libérer J Pollard POINT !.