Avec Pascal Boniface, la « race des Saigneurs »

« L’Etat d’Israël contre les juifs » : rétablir la vérité (I)

En février 2020, le journaliste Sylvain Cypel a publié un livre intitulé « L’Etat d’Israël contre les juifs » dans lequel il se livre à une critique cinglante de l’Etat juif. Pour l’ancien Rédacteur en chef du quotidien « Le Monde », Israël serait, tout simplement, devenu l’ennemi des juifs. Plus précisément, la politique israélienne serait articulée autour du principe de la « guerre préventive », de « l’ethnicité de la citoyenneté », de « la guerre contre le terrorisme », du « mépris du droit international au profit du culte de la force », de « la soumission progressive des israéliens à un Etat sécuritaire où l’abandon, imposé ou volontaire de tout ce qui fait l’Etat de Droit devient la norme ». Ainsi, l’Etat d’Israël n’incarnerait plus les valeurs humanistes voulues par ses fondateurs. Sylvain Cypel fonde alors son propos sur des postulats faux, occulte les réalités régionales, et se contente de souligner des aspects dépréciatifs ou dévalorisant de la société israélienne. Il est donc urgent de rétablir la vérité pour éviter que son ouvrage n’alimente encore la doxa internationale anti-israélienne.

Ce premier article se limitera au commentaire de l’introduction dans laquelle il explique « pourquoi ce livre », et à celui du premier chapitre, « l’imposition de la frayeur » (qu’il défini comme étant la « réalité de l’occupation ») dans lesquels il avance des données faussées, à l’origine de son regard négativé de la société israélienne. Les autres chapitres feront l’objet de commentaires ultérieurement.

Sylvain Cypel débute son propos par l’évocation d’une discussion qu’il a eue avec son père originaire de l’empire tsariste (ancien directeur du quotidien Yiddish « Unzer Wort », notre Parole », jusqu’à sa fermeture à Paris en 1996), concernant les différentes options envisagées dans les années 1920, pour régler le sort des populations juives d’Europe de l’Est discriminées et violentées dans leur pays de résidence. L’auteur présise que parmi elles figurait « le nationalisme juif » et que « le sionisme et entendait ériger un Etat juif en lieu et place de la Palestine… »

C’est bien évidemment faux. L’objectif consistait juste à fonder un foyer juif pour permettre aux juifs de s’autodéterminer sur leur terre historique rebaptisée « Palestine » par les romains. En aucun cas, il ne s’agissait de remplacer un pays par un autre. D’ailleurs, la Palestine n’a jamais constitué une entité étatique spécifique. Le diplômé en relations internationalessociologie et histoire contemporaine, ne saurait, donc, falsifier la réalité géopolitique pour donner un angle faux à sa présentation.

Il poursuit alors son exposé par le souvenir d’un propos qu’aurait eu son père à la fin de la guerre des 6 jours de juin 1967 : « Ne m’avait il pas dit qu’Israël devait rendre tous les territoires palestiniens conquis, et qu’à défaut, il entrerait dans une occupation coloniale qui lui serait fatale ? ». Bien évidemment, son père n’a pas pu parler de « territoires palestiniens conquis » puisque les terres conquises dépendaient de l’Egypte, de la Syrie et de la Jordanie. En rien, elle n’étaient palestiniennes.

Ces postulats, aux antipodes de la réalité historique, lui permettent alors de poser sa démonstration en comparant le sionisme théorique et le sionisme réel qui impliquerait « le négationnisme envers l’expulsion des palestiniens ». Ce propos est encore contestable puisque le départ des arabes de Palestine en 1948 (c’est ainsi qu’ils se nommaient, et non « palestiniens ») s’est inscrit dans l’impossibilité pour les pays arabes d’anéantir le jeune Etat juif.

Cette présentation introductive permet alors à l’auteur d’installer le lecteur dans le principe d’une illégitimité supposée de l’Etat juif en  posant « Israël continue d’occuper un autre peuple et celui-ci d’essayer sans succès de faire avancer ses ambitions nationales ». Il s’agit encore d’informations fausses : Israël n’occupe aucun territoire puisque sa présence en Cisjordanie est le résultat des accords de paix signés avec l’Autorité Palestinienne. Pour sa part, si l’Etat de Palestine n’existe pas, c’est en raison des dissensions entre le Fatah et le Hamas qui s’y opposent : si un responsable palestinien se risquait à déclarer l’indépendance de l’Etat de Palestine sur les terres qu’ils contrôlent (Gaza et zone A et B de Cisjordanie), il reconnaîtraient implicitement Israël, ce qui définitivement inconcevable pour les palestiniens.

Sylvain Cypel entraîne alors le lecteur sur le terrain d’une guerre supposée entre israéliens et palestiniens : « si Israël est trop fort pour perdre, il ne peut gagner. Si les palestiniens ne peuvent l’emporter ils ne peuvent pas non plus perdre ». Il sous entend, alors, une culpabilité d’Israël qui se livrerait à « l’appropriation par tous les moyens possibles de la terre des palestiniens » (bien qu’ils ne disposent d’aucun titre de propriété), à « une politique de dépossession des autochtones et d’une répression d’une violence dont plus personne ne parle »… bien évidemment, il n’y a jamais eu de guerre entre Israël et les palestiniens, juste une nécessité de se protéger de leur terrorisme.

Il évoque alors les outils qu’utiliserait Israël pour asseoir sa domination : « la guerre contre le terrorisme », « la capacité à faire taire toute critique par la menace de se voir taxé d’antisémite », l’adoption « dans les cercles internationaux d’une nouvelle définition de l’antisémitisme qui inclut la critique du sionisme et d’Israël »…

Il pose ainsi, le cadre d’une diabolisation d’Israël, lui permettant de détailler certaines déviances comportementales d’israéliens, tout en occultant les véritables raisons  de ce comportement. Tout d’abord il critique l’emploi par Israël de la force : « ce qui ne s’obtient pas par la force s’obtient en usant de plus de force » laissant entendre qu’Israël abuserait systématiquement de la force pour obtenir ce qu’il veut, bien évidemment, dans « l’irrespect du droit profondément ancré ». Il précise alors qu’en Israël, « le droit international, connaît pas » et que la mentalité est à « dominante coloniale ».

Sylvain Cypel a vécu 12 ans en Israël, et étudié à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il connaît donc parfaitement les problématiques du comportement palestinien : le concept de « palestinien » a été inventé par la Charte de l’Olp, (Organisation de Libération de la Palestine) qui l’a associé à l’obligation de détruire Israël au moyen de l’action terroriste. Lorsque l’Olp (Fatah en arabe) est revenu sur cet engagement, le Hamas a pris la relève, enjoignant chaque palestinien à détruire l’entité sioniste sur un fondement, non plus national, mais religieux. Ainsi, la récente histoire des palestiniens est indiciblement associé à la haine des juifs, et à la nécessité de détruire Israël.

Bien évidemment, tous les palestiniens ne partagent pas ce sentiment. D’ailleurs, bon nombre d’entre eux se rend chaque jour en Israël, pour travailler, de façon paisible. Il n’en demeure pas moins que certains d’entre eux sont manipulés mentalement par les idéologues palestiniens, convaincus de devoir faire le Jihad pour mourir en martyr et ainsi, s’ouvrir les portes du paradis (afin d’y être accueillis par 70 vierges).

Alors effectivement, la base du fonctionnement de la société israélienne, l’éducation des enfants, l’apprentissage dans l’armée, les achats dans les magasins…repose sur une mise en garde contre la folie meurtrière de certains palestiniens. Il est regrettable que Sylvain Cypel ait oublié de le préciser dans son ouvrage alors qu’l en a parfaitement conscience.

Il termine alors son introduction par « la fascination pour Israël des nouveaux dirigeants identitaires ». Il explique alors (en citant l’indien Modi, le brésilien Bolsonaro, l’italien Salvinia ou le hongrois Orban), qu’ils sont fascinés par  cette capacité d’Israël « à mener, depuis des décennies, une politique récusant les droits les plus basiques de toute une population – les palestiniens – sans en subir aucune conséquence politique ». Ils le seraient également par « l’impunité spectaculaire dont jouit Israël », ou encore par « la propension israélienne à qualifier de « terrorisme » quiconque s’oppose à ses désirs », en enfin l’état d’esprit et le « soutien massif apporté à Donald Trump ». En somme, Israël serait un Etat au dessus des lois.

Il indique, toutefois, que certains israéliens seraient opposés à la politique israélienne, « affligés des conséquences de cinquante ans d’occupation » et seraient différents des israéliens, dominés par « le triomphe du tribalisme raciste, l’esprit grégaire, le rejet des immigrés, et le mépris envers toute vision universaliste du monde ».

Une fois encore, la construction de sa démonstration repose sur le concept mensonger d’une « réalité de l’occupation militaire » (de terres palestiniennes) qu’il développe dans son premier chapitre. Il opère alors un glissement d’un Etat « qui ne respecte pas la norme humanitaire internationale », au fonctionnement des israéliens qui seraient dépourvus d’humanité.

Dans le premier chapitre « l’imposition de la frayeur », il tourne en dérision « l’armée la plus morale du monde » en évoquant le cas de palestiniens décédés alors qu’ils ne présentaient apparemment pas de danger particulier. Il résume alors cette présentation «  nous ne sommes plus en période d’affrontement lourds. La seconde intifada s’est terminée par une défaite cinglante des palestinien il y a quinze ans. Il s’agit là de faits survenus en temps d’occupation normale ».

Sur ce point, il oublie de rappeler que les palestiniens grandissent dans une frustration inventée, celle de « l’occupation », dont ils sont nourris quotidiennement. Convaincus de « vivre sous occupation », certains palestiniens se prennent pour des résistants, des héros de la libération comme les français pendant l’occupation nazie. Parallèlement, les israéliens, dès leur plus jeune âge, doivent apprendre à se méfier de ces « terroristes en herbe », et adapter leur conduite à l’éventualité d’une rencontre avec un meurtrier.  Il est regrettable que Sylvain Cypel n’évoque nullement cette difficulté de la vie, pour les israéliens, de devoir coexister avec des personnes convaincus de devoir les éliminer.

Il développe alors un second point, dans ce chapitre, intitulé « l’enseignement du mépris », qu’il débute par l’affirmation : « sur le plan militaire, ce système ne se nourrit pas seulement d’exactions. L’armée mène, vis-à-vis des palestiniens, une politique qu’elle nomme la manifestation de la présence », pour leur donner le « sentiment qu’ils sont en permanence sous contrôle ». Il explique que cet état d’esprit serait à l’origine « d’arrestations bidons », « de contrôles nocturnes », « de fouilles inutiles ». Il y évoque alors la douleur des palestiniens : «  pourquoi le simple passage d’un check point doit devenir délibérément cruel et compliqué ? ». Pourquoi des gens qui veulent juste passer par la porte qui leur est normalement indiquée doivent ils subir une longue suite d’abus laids et déprimants ? ».

Il connaît portant les réponse à  ces questions : à la suite des accords de paix d’Oslo, le territoire de Cisjordanie a été divisé en 3 zones, l’un sous contrôle palestinien (zone A) l’un sous contrôle israélien (zone C) et l’un sous contrôle mixte (zone B). Or, dans les années 90, les palestiniens ont profité de cette confiance des israéliens en la paix pour se livrer à des attentats meurtriers causant la mort de centaine d’israéliens. Israël a du en tirer les leçons. Désormais, si les palestiniens veulent se rendre sur le territoire sous contrôle israélien, ils doivent prouver qu’il n’y a aucune malveillance de leur part, ni aucune intention de commettre un attentat.

Les contrôles rigoureux anticipent un éventuel acte terroriste ou une mauvaise intention palestinienne. Il ne s’agit en rien de suffisance ou de mépris. Juste une manifestation de l’instinct de conservation, pour éviter un danger et préserver la population juive de la folie meurtrière de certains palestiniens. Une fois encore, la mentalité israélienne n’est en rien à blâmer. Les palestiniens ont habitué les israéliens à ce mode de fonctionnement, depuis la rédaction de la Charte Olp (jamais été abrogée) et celle du Hamas, plus que jamais d’actualité.

Sylvain Cypel traite ensuite de « l’épanouissement d’un Klu Klux Klan juif ». Il y explique que « dans sa gestion de l’occupation, l’armée israélienne n’est pas seule. Elle bénéficie du soutien des colons installés en Cisjordanie ». «  Ils entendent s’approprier les terres, cette terre d’Israël donnée par le Seigneur n’appartiennent selon leurs vues qu’aux seuls juifs » dans l’objectif « de conquérir cette terre , idées messianiques en bandoulière et arme à la main ». Il liste alors une série d’événements : « attaque d’une famille palestinienne. Aucune arrestation (14 avril 2019) », « des colons abattent un palestinien qui jetait des pierres sur les voitures » avec emport par l’armée des images (19 avril 2019), « Israël permet aux colons de passer les fêtes de Pâques à l’avant poste mais interdit aux propriétaires palestiniens d’y accéder (28 avril 2019) »… Des réactions juives sont peut être disproportionnées mais s’expliquent par celles, systématiques, des palestiniens. Sylvain Cypel cite alors un avocat chargé de la défense des palestiniens : « nous assistons à « l’épanouissement d’un Ku Klux Klan juif autorisé par le Procureur de l’Etat Avishai Mandelblit qui valide le droit de saisir la terre de Moussa pour la donner à Moché ».

Le dernier point qu’il aborde porte le titre « Israël champion de la guerre au terrorisme ». Il y explique que « le système de contrôle ramène les palestiniens à une identité simple : ils sont collectivement un peuple terroriste »…

Effectivement, Sylvain Cypel sait bien que si les palestiniens renonçaient aux idéologies anti juives qui les structurent, Israël n’aurait pas à se méfier d’eux. C’est le véritable problème auquel l’Etat Israël est confronté. Lorsque ce peuple (appelé palestinien) fabriqué dans l’inhumanité, s’appropriera les principes de tolérance, de coexistence, de respect de l’autre, tout rentrera dans l’ordre. Pour l’heure, l’Etat juif doit juste protéger son peuple. A suivre.

 

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

7 Commentaires

  1. « Ainsi, l’Etat d’Israël n’incarnerait plus les valeurs humanistes voulues par ses fondateurs. », écrit l’auteur.
    Cette seule phrase suffirait à dévaloriser l’ouvrage à mes yeux. Car ces valeurs, que regrette tant l’auteur, sont des valeurs de gauche et d’extrême gauche, des valeurs d’illusion, (vivre en paix avec les arabes, les privilégier au détriment des valeurs juives, cohabiter dans une bonne entente, etc…) des valeurs dans quoi Israël a vécu près de 30 ans depuis sa création et qui ne lui ont jamais apporté plus de sécurité ni de richesse. Pour le reste, l’auteur n’est pas le premier juif à « féloniser » en critiquant Israël plus que n’importe quel arabe. À traiter avec mépris. À ignorer.

  2. un ramassis de connerie, il devrait s’inquiéter plutôt des territoires occupés de la république française où certaines populations agressives et fascistes ont instauré un nouvel ordre

  3. Le fils cypel ,devenu gochiste. Comme beaucoup de jeunes Juifs de ma génération ,fait parti des disparus du peuple Juif .
    Laissons le avec ces agissements . Son pays ,la France ,ne l’ oubliera pas quand il s agira d éliminer les kouffars et autres collabos ,par la majorité de ses habitants arabos musulmans qui appliqueront la charia !
    La France n a pas besoin de 50% de sa population musulmane pour prendre le pays en main ,20 % suffit amplement !

  4. Les chrétiens et les laïcs-hyper-chrétiens (pas forcément chrétiens mais attachés à la charité plutôt qu’à la justice selon la vision chrétienne) sont dans un paradigme qui découle de l’histoire du christianisme, très souvent inconscient et qui habite aussi la gauche laïque, gauche souvent non- ou anti-religions.

    Ainsi: « le christianisme est l’héritier légitime du judaïsme défaillant. Les Juifs n’ont plus aucune légitimité sur Jérusalem. » La politique occidentale concernant Israël découle de cette position souvent inconsciente mais inscrite aux tripes des occidentaux.

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