Les serpents de mer iraniens s’agitent dans le bocal d’Ormuz©

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Le Chef de la Marine de l’IRGC prétend QUE L’IRAN contrôlerait complètement le Golfe Arabique   

On en reste au stade des menaces verbales, aux rodomontades, mais la période entre le 7 août, date de retour des sanctions et le d”élai de leur mise en oeuvre effective, autour du 4 novembre 2018, devient crucial et sujette à l’agitation. Téhéran tentera t-il de mettre en oeuvre ses menaces de fermer le Détroit d’Ormuz? Quelles sont les répliques prévisibles de la part de la “communauté internationale”, à savoir la Vème Flotte américaine basée au Qatar et ses alliés français et sunnites modérés du Golfe contre cette pression? Israël, comme l’a annoncé Binyamin Netanyahu fera t-il partie de cette coalition contre l’Iran? Comment réagiront les Iraniens, dont les minorités déjà chauffées à blanc, comme les Kurdes, Azeris, minorités arabes?

 

Le chef de la marine des IRGC dit que l'Iran contrôle totalement le golfe Persique

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Chasser les forces étrangères non-Musulmanes

Le 27 Août, Alireza Tangsiri, le chef de la marine de la Garde révolutionnaire islamique a annoncé que : l’Iran disposerait du “plein contrôle du golfe” Arabo-Persique et du détroit d’Ormuz, tel que l’a rapporté l’agence d’actualité de Tasnim.

Selon l’agence de presse Tasnim, le nouveau commandant de la Marine du corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré : il n’y a pas de place pour les forces étrangères, comme la marine américaine dans le golfe (Arabo-)Persique, à cause des problèmes “environnementaux que pouvait causer la présence de navires de guerre nucléaires étrangers” dans le golfe (Arabo-)Persique. Il a également déclaré que l’Iran n’était pas hostile envers ses voisins musulmans et qu’il leur tendait «la main de la fraternité». Il croit que le Golfe (Arabo-)Persique est leur domaine (partagé), mais que cela n’exigeait pas la présence d’étrangers comme les États-Unis”.

La proposition semble claire : si des dirigeants sunnites hautains ne se réfugiaient pas derrière la présence de la Vème flotte américaine dans le Golfe, tout irait pour le mieux dans le meilleur des Golfes possible. Il serait contrôlé entièrement par l’Iran et protégerait ses vassaux sunnites (en lieu et place des Kouffars U.S et Occidentaux)… 

L’ayatollah Khamenei a, dès 2016, souligné que la sécurité de la région du golfe Persique dépendait à elle seule des pays de la région et a rejeté toute revendication américaine de recherche de sécurité dans la région. “La sécurité dans le golfe Persique concerne les pays de la région qui ont des intérêts communs, et non les États-Unis. Ainsi, la sécurité de la région du golfe Persique devrait être assurée par les pays de cette région », a déclaré le leader.

N‘entre donc pas dans le calcul iranien l’idée simple et légitime que, s’il existe des producteurs de pétrole, le moindre, dans l’échange, veut aussi qu’on assure l’acheminement de ces matières premières brutes ou raffinées. Qu’en tout cas, la sécurité et le transport influent grandement sur la variabilité des tarifs. Cette sécurité est donc assurée pour des raisons de libre marché et le client doit, au final, être aussi roi que le producteur (de pétrole). 

Nomination de Tangsiri

Le 23 Août, l’ayatollah Khamenei a nommé le contre-amiral Tangsiri en tant que commandant de la Marine du CGRI. Selon le Guide Suprême, la décision concernant cette nomination a été prise suivant la suggestion du commandant du CGR et eu égard à «l’engagement, à la compétence et aux expériences précieuses du nouveau commandant». Tangsiri succède au contre-amiral Ali Fadavi. Fadavi a été félicité par l’ayatollah pour ses efforts sincères à ce poste. Dans un décret séparé du Guide, le contre-amiral Fadavi a été nommé commandant adjoint du CGRI pour la coordination.

Le 31 juillet, le commandant en chef de la marine iranienne, le contre-amiral Hossein Khanzadi, a annoncé que la marine iranienne assure la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. “La fonction des détroits dépend fortement de leur ouverture ; les sanctions affectent fortement cette fonction”, a-t-il déclaré, cité par l’agence de presse Tasnim. “Cependant, le détroit d’Ormuz reste ouvert aux intérêts de l’Iran et la communauté internationale devrait respecter ses obligations envers la République islamique”, a déclaré le commandant.

Grandes manœuvres d’intimidation

En août 2018, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) organisait des exercices militaires massifs dans le golfe (Arabo-)Persique, considérés comme une démonstration de force faite aux États-Unis. Le CGRI a également déclaré qu’ils étaient prêts à perturber les expéditions de pétrole d’autres pays par le détroit si les exportations de l’Iran étaient entravées.

Menaces de clôture du Golfe

Spoutnik, la Voix de son Maître, a cité le Haut Conseiller iranien pour les affaires internationales, Ali Akbar Velayati, qui a déclaré au forum de discussion de Valdai à Moscou  : si l’Iran n’est pas autorisé à exporter son pétrole via le détroit, aucun autre Etat du Moyen-Orient ne pourrait le faire.

Tel que rapporté par l’agence de presse Tasnim, l’ayatollah Khamenei a également appelé à renforcer la présence des forces navales iraniennes dans les eaux internationales et à renforcer la puissance de la marine pour assurer l’équilibre des forces.

Les autorités iraniennes ont menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, coupant ainsi 20% des expéditions de pétrole en représailles aux sanctions américaines. Les sanctions américaines qui doivent être imposées à l’ Iran après le retrait américain de l’accord nucléaire, ce 8 mai, ont incité l’Iran à chercher à protéger ses intérêts et ont lourdement pesé sur l’accroissement des tensions entre Washington et Téhéran.

Des échéances d’escalade à moins de 3 mois

Le 6 Août, le premier lot de sanctions américaines a été imposé. Le deuxième lot doit arriver en novembre (le 4) et vise le secteur énergétique iranien et les exportations de pétrole. Par conséquent, l’Iran a menacé de riposter en bloquant le détroit d’Ormuz.

Téhéran a, plusieurs fois, menacé de fermer le détroit d’Ormuz, mais n’a jamais été jusqu’à mettre concrètement en application ces menaces. Tel que rapporté par Reuters, Washington maintient une flotte dans le Golfe qui protège les routes de transport de pétrole. Il y a fort à parier qu’aux premières escarmouches, les vedette-ultra -rapides à vocation suicide de l’Iran pourraient occasionner des dégâts dans les coques de navires, mais que les répliques ne se feraient pas attendre. Avec, vraisemblablement le rassemblement d’une Armada occidentalo-arabo-israélienne, susceptible de porter des coups meurtriers dans la “toile d’araignée” du régime iranien. Celui-ci se maintient encore, malgré de graves troubles intérieurs et de gros risques extérieurs…

Marc Brzustowski avec agences et sources.

3 COMMENTS

  1. Il est bien le le contre-amiral Tangsiri. Lui protège l’environnement en tirant sur les pétroliers. J’aimerais bien qu’il m’explique…

  2. L’Iran n’a rien compris : personne ne l’empêchera de vendre son petrole mais personne n’achètera son pétrole , n’aura pas de clients .

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