Les rebelles de Dera’a ont ordre d’arrêter de combattre Assad et de liquider Al Nusra 
Le Centre des Opérations Militaires (MOC) basé à Amman a ordonné aux factions du Front Sud de se focaliser contre les djihadistes du Front Al Nusra

Nous avions déjà signalé ce changement de cap hachémite la semaine passée.

Yarmouk Army. (YouTube/Lens of Yarmouk)
L’Armée de Yarmouk  a pris part la semaine dernière aux combats contre les forces du régime à Sheikh al-Maskeen. (YouTube/Lens of Yarmouk)

BEYROUTH – Le Centre des Opérations Militaires (MOC) basé à Amman qui aide à coordonner les opérations rebelles dans le Sud de la Syrie a ordonné aux factions de l’Armée Syrienne Libre d’arrêter d’attaquer les forces du régime et de concentrer plutôt leurs efforts contre le Front Al Nusra, selon un quotidien libanais.

Al-Akhbar a rapporté que le MOC a informé les commandants de plusieurs groupes combattants de la coalition du Front du Sud – comprenant les Brigades Omari, les Brigades de la Jeunesse de la Sunna, l’Armée du Yarmouk – de cette nouvelle stratégie, lors d’une réunion le 8 janvier à Amman.

« Le but de cette rencontre était d’informer les groupes armées de la nouvelle direction prise par le MOC, des prévisions pour la période à venir et du type de soutien que les soutiens étrangers fourniront aux combattants grâce à la salle des opérations », ont déclaré certaines sources à ce journal favorable à Damas, dans un article publié mercredi matin.

Ces sources ont ajouté que les groupes liés à l’ALS ont écouté les responsables des renseignements Jordaniens, américains et britanniques leur dire « de stopper les opérations contre l’armée syrienne et éviter les batailles périphériques », en référence aux cycles intermittents de combats entre les rebelles et les groupes appartenant à Daesh dans le Sud de la Syrie.

Au lieu de cela, les factions du Front du Sud présentes à la réunion d’Amman – ainsi que leurs alliés de l’Armée des Tribus Libres soutenue par la Jordanie – ont reçu instruction de concentrer les combats à la fois contre le Front al Nusra et du Mouvement Islamique de Muthana, qui est proche des groupes appartenant à Al Qaïda.

« La décision de liquider les djihadistes dans le Sud a été prise », affirme ces sources du journal.

La rencontre d’Amman, telle qu’elle est décrite par  Al-Akbhar, aurait servi de dernier souffle aux efforts incessants du Front du Sud dans son combat contre les forces du régime, dans la Province de Dera’a.

La coalition liée à l’ALS a remporté une série de victoires stupéfiantes contre les troupes du gouvernement au printemps 2015, cependant sa campagne s’est tassée à l’été après l’échec de l’offensive de la « Tempête du Sud » visant à s’emparer de la capitale de la province, Dera’a.

Des reportages ont commencé à faire surface en septembre, disant que le MOC avait réduit l’échelle de son appui à la coalition, alors que les rebelles ont commencé à se plaindre du manque d’assistance dès que leurs victoires se sont taries.

Le MOC promet un renouvèlement de l’aide pour de nouvelles missions 

Al-Akhbar affirme que les puissances étrangères opérant au sein du MOC ont promis aux rebelles de renouveler leur assistance en échange de leur accord de changer d’orientation et de lancer une campagne majeure contre Al Nusra.

« Chaque faction qui se joint à cette campagne recevra cinq tanks avec une formation complète pour leurs équipages, ainsi que d’autres incitations liées aux salaires et à l’armement », prétendent ces sources au quotidien favorable au Hezbollah.

Tous les dirigeants rebelles présents à la rencontre d’Amman ont donné leur accord au nouveau plan du MOC, à l’exception du chef de la Brigade des Jeunes de la Sunnah, qui a finit par donner son consentement à la suite de garanties supplémentaires de soutien.

Selon Al-Akhbar, on a aussi promis aux rebelles un entraînement dans les bases mises à disposition par les Etats-Unis, qui seront dirigées par des experts militaires britanniques, jordaniens et d’autres Etats occidentaux. 

Le rapprochement Russo-Jordanien

Ces décisions présumées du MOC interviennent dans le cadre des « relations chaleureuses » entre Amman et Moscou, à la suite de l’intervention aérienne de la Russie, pour le compte du régime de Bachar al Assad.

Le 23 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a annoncé à Vienne que son pays et Amman étaient d’accord pour coordonner leurs actions militaires en Syrie, grâce à une « mécanisme spécial de travail », dont le centre serait basé dans la capitale jordanienne.

Un mois plus tard, le Roi  Abdullah II de Jordanie a rencontré le Président russe Vladimir Poutine à Moscou, au cours d’une visite où il a dit que « la seule façon de trouver une solution politique en Syrie sera grâce au rôle important que jouent la Russie et Poutine ». 

La Jordanie a aussi été chargée en novembre, par Washington et Moscou, de formuler une liste des groupes terroristes au sein de ce pays déchiré par la guerre qui devrait être pris pour cibles par accord mutuel concernant les frappes aériennes des puissances rivales intervenant actuellement dans le conflit.

Une source rebelle anonyme au sein du Front du Sud de l’ALS a déclaré à l’Alaraby Aljadeed  que la coordination entre elles n’était pas de bon augure pour les rebelles de la province de Dera’a. 

« Le Front Sud rebelle est conscient que les autorités jordaniennes sont en contact avec la Russie et, éventuellement, avec le régime Assad afin de coordonner et régler certaines questions. Mais l’instrauration effective de ces contrats peut signaler le début d’une nouvelle phase, qui pourrait avoir des conséquences négatives », a dit cette source au journal basé à Londres.

Autre signe indiquant que la Jordanie est en train de changer de posture à 180° concernant le cours des combats à Dera’a, le Chef du Bureau de la Sécurité Intérieure Nationale Syrienne, Ali Mamlouk se serait récemment rendu en visiste à Amman pour débattre de la question de la région des frontières.

Al-Quds al-Arabi a révélé en novembre que Mamlouk avait rencontré des responsables de haut-rang à Amman aucours de son séjour « important et secret » afin de discuter de questions sécuritaires potentielles. 

En revanche, le journal n’entre pas dans les détails concxernant les champs spécifiques évoqués par l’homme-clé du régime Assad, tout en affirmant qu’ils sont gouvernés « par la nécessité » au Sud Syrien.

 

Le nouveau rédacteur en chef du bureau de NOW en anglais Albin Szakola (@AlbinSzakola) a rédigé ce reportage. Ullin Hope a traduit le matériel de la source arabophone.

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